Archive pour la catégorie ‘Extraits’

Tout comprendre sur Aristote

Samedi 3 avril 2010

Aujourd’hui je vous présente encore un autre extrait complet du Cours de Philosophie : Aristote. C’est aussi une fiche auteur, et nous avons ajouté à l’extrait précédent sa théorie de la connaissance. Comme d’habitude, vous retrouvez la Vidéo de Philo qui vous aide à comprendre aisément le cours de philo. Tout comprendre, tout savoir, tout retenir sur Aristote pour le bac de philo ? C’est ici, et facilement. Cours de Philosophie.fr, le cours de philo qui va sauver votre bac !

Retrouvez cet extrait dans sa page originale : Aristote

Aristote

Epoque : Grèce Antique, les Anciens
Qui ? Aristote fut élève de Platon. Il sera le précepteur du futur Alexandre le Grand. Puis il ouvre à Athènes sa propre école de philosophie.
Philosophie : Il réfute la théorie des idées de Platon, en affirmant que le sens est dans le réel, et non extérieur. Il élabore une théorie politique prônant la République, démocratie non corrompue, comme meilleur régime.
Bibliographie principale : Métaphysique, Ethique à Nicomaque, Politique, Constitution d’Athènes
En rapport : Platon


Vous pouvez télécharger cet extrait au format pdf ici : Aristote.

Aristote et le monde

Vidéos du Cours de Philosophie


Aristote est un disciple de Platon. Il va réfuter deux des plus grands aspects de la pensée de ce dernier en établissant sa propre doctrine.
● Aristote rejette complètement le dualisme de Platon. Pour lui, il n’a y a qu’un seul monde, le monde sensible, qui est aussi intelligible. Selon Aristote, l’idée, l’essence de chaque chose se trouve dans la chose même. Il y a ainsi dans tout être deux éléments inséparables : sa matière (son expression concrète et particulière), et sa forme (son essence, son idée). Il y a cette chaise, particulière, mais son existence abrite aussi l’idée de chaise, idée qui peut être definie de façon universelle.

De sorte que l’homme, voyant chaque chose dans le monde sensible, serait capable d’en extraire l’essence. Les idées ne proviendraient donc pas d’un autre monde dans lequel on a deja vécu, mais de notre capacité de conceptualiser les choses que nous voyons. Il dit ainsi « Rien n’est dans l’intelligence qui ne provienne des sens. » Rien n’est inné, toutes les idéees s’acquièrent à partir du moment où nous rencontrons leur expression concrète, matérielle.
Dès lors, la seule chose innée est cette capacité de conceptualisation, qui nous différencie aussi des animaux. La première fois qu’un homme voit une chaise, il retient ses caractéristiques matérielles et formelles. En comparant différentes chaises entre elles, il finit par concevoir l’essence d’une chaise et saura reconnaître à présent toute chaise qu’il verrait.

Vidéos du Cours de Philosophie


Aristote refuse donc le rationalisme de Platon. Il se situe entre les sophistes et Platon. Les sophistes ont raison de dire que toute notre connaissance vient de la sensation, mais Platon a aussi raison de dire que la sensation ne suffit pas à constituer la science. Entre l’empirisme des sophistes pour lequel connaître c’est sentir et le rationalisme de Platon pour lequel connaître c’est contempler le monde intelligible en se détournant du sensible, Aristote affirme que connaitre c’est concevoir l’intelligible dans le sensible.
Cette absence de dualisme s’applique aussi chez Aristote à la dialéctique âme/corps. Pour lui, il n’y a pas de séparation à faire, nous sommes notre corps. La matière est informée ou animée par l’âme et, inversement, l’âme ne peut rien sans son corps.

Aristote et la politique

Vidéos du Cours de Philosophie


● Aristote et la Politique

Concernant sa doctrine politique, Aristote réfute aussi Platon quant à l’incapacité du peuple. Il pense que la multitude, combinée aux sages, peut parvenir à distinguer le bien commun et agir en vue de lui. Contrairement à Platon, il ne pense pas que l’accumulation d’opinions différentes mène nécessairement à la tyrannie de l’opinion commune et ignorante, et donc à la guerre néfaste entre intérêts particuliers. Il pense qu’uni, le peuple s’élève et peut devenir plus intelligent, moins borné et ignorant que ne le croit Platon.

Toutefois, il admet que ceci ne soit pas encore réellement le cas pour Athènes. Cela l’amène à présenter sa classification des régimes selon deux critères : le nombre de personnes qui participent au gouvernement, et le caractère corrompu ou non du régime. Une république au sens large est ainsi un régime qui n’est pas corrompu (agit en vue du bien commun), quel que soit le nombre de gouvernants. Elle s’oppose au despotisme (agit en vue des intérêts particuliers, corrompu). Une république au sens strict est une démocratie (gouvernement de tous) qui agit en vue du bien commun.

On obtient alors le tableau suivant, très connu et souvent repris :

Classification politique d'Aristote


La question en politique qui continue à se poser est celle qui se pose durant toute la pré-modernité : Quel est le meilleur régime ? Comment y parvenir ?

Pour Aristote, le meilleur régime est celui en haut à droite : le gouvernement de tous en vue du bien commun (non corrompu); la République au sens strict.

Il pense que dans la ligne du bas, entre despotismes, tous se valent. Toutefois, les deux moyens les plus proches pour atteindre la République, sont soit l’aristocratie, soit la démocratie. Ainsi, la question qui se pose est, une fois dans un de ces deux régimes, comment passer à la République ?
Il faudrait un élément qui soudainement fédère le peuple, l’unisse, le rendant bon, ce qui le ferait alors agir en vue du bien commun.

Wikio

Tout savoir sur le Stoïcisme facilement

Dimanche 21 mars 2010

Aujourd’hui je vous présente notre dernier extrait du Cours de Philosophie : le Stoïcisme. Comme d’habitude, vous retrouvez la Vidéo de Philo qui vous aide à comprendre aisément le cours de philo. Tout comprendre, tout savoir, tout retenir sur le Stoïcisme pour le bac de philo ? C’est ici, et facilement.

Retrouvez cet extrait dans sa page originale : Le Stoïcisme


Nous vous présentons notre chapitre du Cours de Philosophie sur le Stoïcisme, qui fait partie des philosophies de la Sagesse, chapitre lui même inclus dans le II. Les Anciens. Le cours sur le Stoïcisme vient après celui sur Socrate, Les Sceptiques, Epicure. La suite du cours de philo est La Politique chez les Anciens, après avoir vu leur philosophie de la Sagesse.

Vous retrouverez tout d’abord la vidéo correspondante, et en dessous l’extrait complet du manuel imprimé du Cours de Philosophie. Vous pouvez télécharger cet extrait au format pdf ici : Stoïcisme.

Vidéos du Cours de Philosophie


Les stoïciens : suivre la nature

Le stoïcisme est la doctrine la plus en accord avec le concept de cosmos. Pour les stoïciens, il est primordial d’essayer de vivre en harmonie avec l’univers, avec la Nature; et pour cela, il faut faire une distinction fondamentale entre choses extérieures et choses intérieures. Tout ce que l’homme ne domine pas, tout le monde extérieur auquel il ne peut rien, il doit le prendre comme tel et non comme il voudrait qu’il soit. L’homme doit accepter l’univers tel qu’il est et se contenter de régler ce qui dépend de lui.

Une telle doctrine est issue d’un constat simple : il ne sert à rien de se lamenter de ce que l’on ne peut pas changer. Autrement dit, le malheur ne peut venir que de l’âme et le mal ne peut être que moral (ce sont bien des disciples de Socrate). Ainsi, cesser d’être malheureux pour des choses auxquelles on ne peut rien changer signifie atteindre l’ataraxie.

Il faut savoir distinguer ce qui ne dépend pas de soi, sur lequel il ne faut donc surtout pas s’attarder, et ce qui dépend de soi, sur lequel on peut travailler. L’homme doit accepter l’univers tel qu’il est, sa place en son sein, et ensuite agir le mieux possible. C’est à la fois une philosophie du destin (tout ce qui arrive à l’extérieur devait nécessairement arriver) et une philosophie de la liberté intérieure (je peux modifier mes propres jugements, mes comportements).

Une première citation explique très bien un tel état d’esprit : « Ce ne sont pas les événements qui attristent les hommes, mais les jugements qu’ils portent sur eux. » – Epictète. Si un parent meurt, c’est ainsi, je ne peux rien y faire, il ne sert donc à rien de m’en attrister, car cela ne changera rien. Je dois prendre cela comme relevant du cosmos, je n’y peux rien et ne dois donc pas m’en attrister. Ce n’est pas l’événement en lui même qui peut m’apporter le malheur, mais le jugement que je porte sur cette mort.
En revanche, tant qu’il n’est que malade et qu’il n’est pas encore mort, je dois tout faire pour le soigner et le sauver, car cela dépend de moi.

Ainsi, cette sagesse se décline en trois éléments :
-savoir distinguer ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi
-savoir être indifférent aux événements extérieurs auxquels on ne peut rien changer
-savoir agir au mieux dans le domaine de ce qui dépend de soi

Une excellente illustration de la doctrine est la métaphore du jeu de cartes.
La vie est comme un jeu de cartes : on ne décide pas des cartes que l’on reçoit, cela ne dépend pas de soi mais du hasard, de l’ordre universel de la nature. En revanche, une fois les cartes en main, il faut faire le mieux possible avec ces cartes là; notre devoir est de donner le meilleur possible avec cette combinaison de cartes. De même pour les stoïciens, une loi immuable gouverne le monde (les dieux ou la Nature). Il dépend de nous de suivre ou non cette loi et de jouer bien ou mal le rôle qu’elle nous attribue. Mais il ne dépend pas de nous de la changer.

Le premier grand stoïcien fut Zénon. Il y eut ensuite Epictète et Marc-Aurèle, des romains. Le premier était esclave, et pris ceci comme ne dépendant pas de lui mais de la Nature, et ne s’en révolta pas. Cependant, il fut affranchi et put s’adonner plus largement à la philosophie. On retient de lui le Manuel. Marc-Aurèle fut empereur romain malgré lui, il eut préféré que son frère le soit et que lui puisse se concentrer sur la philosophie. Mais il prit aussi ceci comme ne dépendant pas de lui et, faisant de son mieux, il fut un grand empereur. Il écrivit les Pensées pour moi-même.

Voici un extrait du Manuel d’Epictète qui résume ce nous disions :
« Parmi les choses, les unes dépendent de nous, les autres n’en dépendent pas. Celles qui dépendent de nous, ce sont l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion: en un mot tout ce qui est notre œuvre. Celles qui ne dépendent pas de nous, ce sont le corps, les biens, la réputation, les dignités: en un mot tout ce qui n’est pas notre œuvre. Les choses qui dépendent de nous sont par nature libres; nul ne peut les empêcher, rien ne peut les entraver; mais celles qui ne dépendent pas de nous sont impuissantes, esclaves, sujettes à empêchement, étrangères à nous. Souviens-toi donc que, si tu crois libres ces choses qui, de par leur nature, sont serviles, et propres à toi celles qui sont étrangères, tu seras entravé, affligé, troublé, tu accuseras dieux et hommes. Mais si tu crois tien cela seul qui est tien, et étranger ce qui en effet t’est étranger, nul ne te forcera jamais à faire une chose, nul ne t’en empêchera; tu ne te plaindras de personne, tu n’accuseras personne; tu ne feras pas involontairement une seule action; personne ne te nuira, et d’ennemi, tu n’en auras point, car tu ne souffriras rien de nuisible. »

Éclairage :
Vouloir que ce qui ne dépend pas de nous en dépende, c’est être esclave de ses fantasmes et c’est se condamner à la frustration, au malheur. Au contraire, l’homme qui vit détaché du monde extérieur est libre, il s’affranchit de ses propres désirs illusoires et il peut vivre en paix. Epictète disait encore : « Aucun mal ne peut t’arriver par la faute d’autrui. » Si tu souffres, c’est de ta faute, c’est parce que tu es encore esclave de tes opinions, de tes illusions.

De même, voici une citation encore plus complète de Marc-Aurèle qui synthétise l’essence de la doctrine stoïcienne :
« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. »
Et en voici deux autres de lui qui sont aussi explicites :
« Il ne faut pas en vouloir aux événements. »
« La nature rend chacun de nous capable de supporter ce qui lui arrive. »

Wikio

La Philosophie : extrait complet du Cours de Philosophie

Mercredi 17 mars 2010

Retrouvez l’intégralité du cours sur la définition de la philosophie, présent en page Philosophie.


La Philosophie

Nous vous présentons ici le tout premier chapitre du Cours de Philosophie : Qu’est-ce que la Philosophie ? La réponse à cette question constitue souvent le meilleur moyen d’introduire la philosophie à un élève.

Les vidéos sont divisées en trois parties. Vous retrouverez tout d’abord la vidéo correspondante, et en dessous l’extrait complet du manuel imprimé du Cours de Philosophie. Vous pouvez télécharger la totalité de cet extrait au format pdf ici : La Philosophie.

Vidéos du Cours de Philosophie


● La grande question : Qu’est-ce que la Philosophie ?

Comment définir une telle notion ?

Tout d’abord, ce qu’elle n’est pas : la philosophie n’est ni une science, ni un art. Le mot philosophie vient du grec : amour de la sagesse. La sophia désignait en Grèce une habileté d’abord manuelle puis intellectuelle, avec un caractère d’excellence. En latin, sagesse se dit sapientia qui vient de sapere c’est-à-dire avoir du goût, donc plus largement être connaisseur, bien juger en tout domaine. On rejoint ainsi l’idée grecque de sagesse : un savoir supérieur à la moyenne.

Ensuite, quel est son outil, son moyen, son expression ?

La pensée. Philosopher c’est penser; ce n’est pas réfléchir.

A quoi sert-elle ?

Elle ne sert strictement à rien, au sens propre. La philosophie ne produit rien, elle n’a aucune conséquence concrète directe, et en ce sens elle est parfaitement inutile. Cependant, elle est la pensée au fondement de toute action, et ainsi, elle est au fondement de toute utilité.

En effet : la philosophie est la matière de la pensée qui pose toutes les questions fondamentales et essaye d’y répondre. Elle tente de répondre à tous les questionnements primordiaux, ceux qui viennent avant l’action :

* au niveau individuel, comme : quel est le sens de la vie, quel sens y donner, qu’est-ce que le bonheur, comment y parvenir, qu’est-ce que la réalité, le temps, la mort, l’existence de Dieu …

* au niveau de la société : qu’est-ce que la justice, le droit, l’égalité entre les hommes, la liberté, comment doit-on chercher à réaliser ces idéaux, …

Ainsi, derrière chaque institution sociale (telle que la justice et les droits de l’homme), ou derrière chaque choix de vie, il y a des décisions. Pourquoi telle loi et pas telle autre ? Pourquoi considérer que tous les hommes sont égaux ? La justice sociale, au nom de quoi ? Pourquoi la discrimination positive ? Ou encore, pourquoi s’orienter vers tel bonheur ou tel autre ? Pourquoi appréhender la vie et la réalité de telle manière, par tel choix de vie, et pas un autre ? Derrière chacune de ces décisions, il y a des savoirs, des réflexions, des questions et des tentatives de réponses. Tout cela, c’est la philosophie.

Ainsi :

La philosophie est la sagesse. Ce sont toutes les questions fondamentales, au fondement de toute vie individuelle et en société, qui sont posées et auxquelles on tente de trouver la meilleure réponse : la plus intelligente, la plus juste, ou la plus belle, … Cet ensemble de philosophie est donc la sagesse. Elle s’accompagne de réponses concrètes pour la société ou pour l’individu, en ce sens, la sagesse est un savoir-vivre.

Philosopher, c’est penser. C’est sans cesse se poser ces questions, et donc tout remettre en cause. Même au-delà de toute limite du politiquement correct et du communément admis. C’est se demander si les droits de l’homme ont un sens, si la justice humaine peut exister, si l’homme est exploité par l’homme… Philosopher c’est d’abord s’étonner de ce que sont les choses, puis c’est penser à partir de l’expérience et de la raison humaine.

Avec de telles définitions, on obtient deux nouveaux éléments qui en découlent :

Chaque courant de philosophie, chaque philosophie de chaque auteur se pose des questions qui peuvent se ressembler mais n’apporte pas les mêmes réponses. Autrement dit, la sagesse n’est pas la même selon chaque courant de philosophie. La meilleure réponse recherchée peut l’être selon l’intelligence, la beauté, l’efficacité, la morale,… et donc différer grandement selon les philosophes. Il y a donc de nombreuses philosophies, de nombreuses sagesses, et de nombreux savoir-vivre.

Toutefois, tous les philosophes utilisent le même outil : la pensée. En cela, la philosophie et les réponses cherchées sont fondées en raison. C’est la raison humaine qui guide la pensée, et qui lui permet de questionner et de bâtir des théories. C’est d’ailleurs souvent la raison que l’on prend comme caractère distinctif de l’homme par rapport à l’animal : l’homme est un animal doué de raison.


Pascal et la conscience

Vidéos du Cours de Philosophie


Nous allons pouvoir développer cette idée à partir de l’étude succincte de notre premier texte d’auteur :
Extrait de Pascal, Pensées (1670).

« La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.
C’est donc être misérable que de se connaître misérable; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable.
Pensée fait la grandeur de l’homme.
L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale.
Roseau pensant. Ce n’est point de l’espace que je dois chercher ma dignité, mais c’est du règlement de ma pensée. Je n’aurai pas davantage en possédant des terres: par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends.
 »

● Tout d’abord : qui est Pascal ?
Blaise Pascal est un grand penseur français du XVIIe siècle. C’est tout d’abord un grand mathématicien qui a participé à de nombreuses inventions. C’est ensuite un penseur qui a vécu des moments « mystiques » de révélation. Il a donc développé une foi puissante, qui a mûri d’autant ses réflexions.
Il voulait rédiger un recueil de ses réflexions sur la foi chrétienne, qui avait vocation à s’appeler Apologie de la religion chrétienne. Toutefois, il est mort avant d’avoir pu l’achever et celui-ci a été imprimé à titre posthume en 1670. Comme ce sont des fragments désordonnés, chaque édition tente de les rassembler selon une logique, et le nom communément admis de l’ouvrage sont les Pensées de Pascal.

● Que veut-il nous dire dans cet extrait ?
En quoi cet extrait est-il intéressant ? Cet extrait tente d’apporter une réponse à la question fondamentale sans cesse posée en philosophie : qu’est-ce qui distingue l’homme du reste du monde ? Comment expliquer que l’homme soit à part ?

« La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable ». L’homme n’est rien. Mais contrairement au reste de la nature (l’arbre ou l’animal), il sait qu’il n’est rien. En cela, il domine tout le reste de la nature, car il en a conscience. Ainsi, ce que veut dire Pascal, c’est que l’homme par la conscience, et plus précisément la conscience de sa condition misérable, est supérieur au reste de la nature. Puisqu’il a conscience de sa petitesse, il domine l’ensemble de l’univers.

Ceci est développé dans la métaphore du roseau pensant : l’homme est le plus faible des animaux, il n’a pas de pelage pour résister au froid, il n’a pas de crocs acérés, il ne sait ni voler ni respirer sous l’eau… mais il pense. En cela, il domine le reste de l’univers : « quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. » Si l’homme meurt dans un tremblement de terre, il est plus fort que l’univers qui le tue, car il a conscience de mourir; alors que l’univers ne sait même qu’il est en train de tuer un homme.

De telle sorte que la différence fondamentale entre l’homme et le reste de la nature est la pensée. L’homme est doué de pensée et de la conscience de soi-même, et en cela il domine l’univers. Il en tire toute sa supériorité, sa noblesse et sa dignité.
« Je n’aurai pas davantage en possédant des terres: par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends ». Le dernier paragraphe en tire une conséquence pratique : l’homme ne peut pas rivaliser avec l’univers dans l’ordre du matériel. Acheter un grand domaine ne l’élève pas, l’homme ne reste qu’un point de l’univers, quelques soient le nombre d’hectares qu’il possède. Il est ainsi compris [inclus dans] l’univers en tant que simple point; mais par sa pensée il comprend [il a conscience de] l’univers; et donc le domine en retour.


● La pluralité des réponses

Vidéos du Cours de Philosophie


Ce qui nous importait dans l’étude de l’extrait était son apport à la définition de la philosophie. En effet, on ne peut définir la philosophie comme le fait de penser, sans déterminer plus précisément ce qu’est la pensée. En cela, Pascal nous a donné un premier aperçu de ce en quoi consiste la pensée (la conscience, l’appréhension du réel) ; et nous a donné aussi une première illustration d’une des questions les plus débattues en philosophie : la frontière entre l’homme et l’animal.

Car dire que l’homme est animal doué de raison pose d’autres problèmes. A partir de quand un bébé est un homme ? Lors de la fécondation ? A x ou y semaines de grossesses ? A 7 ans, c’est à dire l’âge de raison ? Si un homme se définit par la raison, les handicapés mentaux sont ils des hommes ?
Comme il nous semble à tous évident que les handicapés et que les enfants de moins de 7 ans sont des humains, la définition possède nécessairement des limites.

C’est pour cela qu’Aristote distingue l’homme de l’animal par le langage et la capacité politique .Ce qui nous intéresse ici, c’est l’illustration de la pluralité des réponses : chaque question admet plusieurs réponses, et chaque philosophie en apporte de nouvelles.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de vérité, mais que toute vérité est issue d’un dialogue, d’une confrontation d’idées, d’hypothèses et d’arguments. Ceci est capital en philosophie, car aucune philosophie ne dispose d’un privilège ou d’une autorité a priori. Par exemple, la philosophie de Sartre n’est pas supérieure à celle de Platon parce qu’elle serait plus récente.

Ce qui est sûr, c’est que tout le monde fait de la philosophie, consciemment ou pas. La raison en est que l’homme est par nature un animal qui raisonne, qui se pose des questions et qui cherche des réponses.
Dire, par exemple, que l’homme n’est qu’un mécanisme et que l’esprit n’existe pas, c’est faire de la philosophie et postuler un matérialisme absolu. Dire qu’on ne peut rien connaître de l’homme et du sens de son existence, c’est aussi faire de la philosophie en postulant un scepticisme agnostique. Et ne pas faire de philosophie, remarquait Pascal, c’est encore faire de la philosophie.

Aussi la philosophie est-elle au cœur de toute activité humaine car toute intelligence aspire au vrai. Si je vous annonce que tout ce que je vous dis est faux, vous protesterez, non pour le bac mais pour vous-même. Le faux est une sorte de viol de l’intelligence.

Le philosophe Karl Jaspers disait : « L’homme ne peut se passer de faire de la philosophie. Aussi est-elle présente partout et toujours (…) La seule question qui se pose est de savoir si elle consciente ou non, bonne ou mauvaise. » (Karl Jaspers, Introduction à la philosophie)
En effet, le risque d’une philosophie non consciente d’elle-même c’est que non seulement elle n’évolue pas par manque de confrontation avec la réalité, mais c’est aussi qu’elle parasite nos actes à cause des préjugés et idées confuses, voir fausses. C’est pourquoi il y a une responsabilité à exercer vis-à-vis de notre intelligence car l’ignorance et l’erreur peuvent tuer l’intelligence, c’est-à-dire la marquer et l’orienter de telle manière qu’elle ne puisse plus reconnaître la vérité.


La philosophie château
Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que la philosophie est comme un château sans cesse en ruines. Chaque nouveau philosophe qui veut établir une nouvelle philosophie, en remettant tout en question, doit à la fois tenir compte des philosophies du passé et s’en affranchir, pour établir une nouvelle pensée. En philosophie, chaque nouvel arrivant met en question le château précédent et reconstruit sur des ruines. Tous les présupposés sont remis en question, chaque nouveau courant de philosophie commence par détruire avant de reconstruire. Mais parfois, certains châteaux résistent au temps et, après des siècles voire des millénaires, continuent à abriter des trésors derrière leurs murs.

Soulignant ce caractère inachevé de la philosophie, Kant s’interrogeait : « Comment la philosophie se pourrait-elle, à proprement parler, apprendre ? En philosophie, chaque penseur bâtit son œuvre pour ainsi dire sur les ruines d’une autre; mais jamais aucune n’est parvenue à devenir inébranlable en toutes ses parties. De là vient qu’on ne peut apprendre à fond la philosophie, puisqu’elle n’existe pas encore. »

Y a-t-il donc une vérité ? Et comment faire de la philosophie d’une façon méthodique étant donné que les systèmes de pensée, qui ont chacun une certaine cohérence interne, se contredisent la plupart du temps ? La philosophie n’est-elle pas l’expression de la subjectivité et du conditionnement culturel de celui qui s’y applique ? Au fond cette vérité que l’intelligence recherche est-elle seulement accessible ?

On peut distinguer au moins trois niveaux de conditionnement :
- Les traits culturels propres à l’individu (caractère, goûts, expériences personnelles)
- Les traits particuliers propres à un groupe (le génie grec, allemand ou français, intelligence spéculative ou pratique)
- Et enfin les caractéristiques générales, c’est-à-dire partagées par tous les hommes (l’intelligence, la nature humaine, le langage…)

Mais le fait que ces conditionnements existent ne doit pas nous faire oublier l’existence d’un donné naturel, le réel, supérieur aux autres conditionnements parce que valable pour tout homme. Il est en quelque sorte la condition de tout conditionnement.

Il y a donc en philosophie un critère d’objectivité de la connaissance qui est le réel, c’est-à-dire l’être même des choses, ce qu’elles sont en elles-mêmes et indépendamment de nous. C’est vers cette objectivité que l’intelligence doit tendre. Alors pourquoi ces contradictions au sein même de la philosophie ?
Précisément parce que les limites qu’imposent ces conditionnements individuels ou particuliers de même que les limites de l’expérience sensible ne permettent pas toujours à l’intelligence de saisir adéquatement son objet. Bien que la démarche de la philosophie soit rigoureuse il n’est pas donné à tout le monde d’aller jusqu’au bout de cette démarche.


Notre démarche pour vous faire réussir
C’est pour cela que nous pensons que l’apprentissage de la philosophie doit se faire de manière historique. Il faut commencer par étudier les premiers mouvements avant de comprendre pourquoi ils ont été soit conservés, soit dépassés, et ce qu’ont changé et apporté les nouveaux courants.
Notre but est donc de mettre en perspective les grandes lignes de la philosophie, des Grecs à aujourd’hui. Le programme de Terminale est structuré en notions. Au lieu de traiter notion par notion sans donner aucune vue d’ensemble à l’élève, nous allons traiter par mouvements historiques de la pensée philosophique. Dans chaque partie, les notions seront analysées selon le paradigme étudié.
Ainsi, à la fin du cours, l’élève sera en mesure pour chaque notion de comprendre, connaître, saisir, son évolution au cours de la pensée philosophique. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra analyser avec pertinence des extraits d’auteurs, et répondre avec cohérence à des questions de dissertation.
Nous pourrons alors terminer le cours avec un récapitulatif des pensées sur chaque notion, des Anciens gréco-romains aux penseurs modernes.

Wikio

Extrait : la Philosophie, p.1

Jeudi 11 mars 2010

Regardez la vidéo de l’extrait du Cours de Philosophie : Qu’est-ce que la Philosophie ?

Nous avons choisi de vous présenter le tout premier cours de la méthode: Qu’est-ce que la Philosophie ? La réponse à cette question constitue souvent le meilleur moyen d’introduire la philosophie à un élève. C’est un extrait du Cours de Philosophie : il faut donc prendre le temps de l’écouter attentivement pour en profiter et comprendre les particularités et les avantages fondamentaux de notre méthode.


Retrouvez l’intégralité de l’extrait du Cours de Philosophie : La Philosophie

Vidéos du Cours de Philosophie

Extrait : Aristote

Mercredi 10 mars 2010

Regardez la vidéo de l’extrait du Cours de Philosophie sur Aristote et la Politique !

Nous vous présentons ici le dernier chapitre de la partie II- Les Anciens du Cours de Philosophie. La partie traite de la philosophie politique des Anciens philosophe Grecs, en développant tout d’abord une description de la philosophie politique de la Cité grecque, puis la philosophie politique de Platon, puis celle d’Aristote.
Les chapitres sur Platon et Aristote comprennent aussi leur philosophie de la compréhension du réel, nous ne vous donnons ici que la seconde sous-partie, Aristote et la politique.


Retrouvez l’intégralité de l’extrait du Cours de Philosophie : Aristote et la politique

Vidéos du Cours de Philosophie