Réflexion et action : la philosophie face à l’engagement dans son monde contemporain. Le journaliste met Sartre face à ses engagements politiques : sont-ils logiques ? Un philosophe, « un vrai », doit-il participer à l’action ?
Nous vous présentons aujourd’hui deux vidéos de Philosophie : une entrevue de Jean-Paul Sartre, interviewé par Claude Lanzmann, rédacteur de la revue « les temps modernes » et par Madeleine Gobeil, professeure de l’université Carleton, sur la chaine de télévision Radio-Canada, 1967.
Ces pistes de réflexion sont excellentes pour comprendre ce qu’est la philosophie, comment elle est perçue par la société, et la dérive des dernières décennies, avec ces éditorialistes que l’on nomme « philosophes » (ex, BHL). A l’inverse, un penseur peut-il affirmer des idées sans les confronter à la réalité ? Et s’il les confronte, ne peut-il pas alors, faire autrement que s’engager selon sa philosophie ? « C’est quand vous vous mêler de politique, que vous perdez votre temps » – Claude Lanzmann à Sartre.
Comment penser la frontière entre l’action et la réflexion ? La place du philosophe dans la société ? Socrate lui-même, n’était-il pas déjà engagé ?
La réponse de Sartre est amusante et intéressante : il ne répond pas par rapport à lui, comme c’est demandé, mais décale le sujet en donnant une définition intellectualiste de l’intellectuel, teintée d’une clé de lecture marxiste : l’intellectuel est forcément engagé, puisque c’est cela-même qui le définit comme intellectuel et non comme simple scientifique.
La deuxième partie de la réponse de Sartre complète cette vision : la différence entre l’intellectuel et le politique, c’est l’intensité de l’engagement et son champ.






