Aristote est un philosophe grec, né à Stagire en 38 av. J.-C. Il était fils d’un médecin et d’une sage-femme. Son père mourut alors qu’il n’avait que 11 ans, puis ce fut sa mère. Orphelin, c’est son beau-frère, Proxène d’Atarnée, qui l’élèvera.
Aristote poursuit ses études, mais sa soif de connaissances l’oblige à aller à Athènes où tous les illustres philosophes enseignent. A son arrivée, il suit les cours de l’école d’Isocrate. Mais cet enseignement ne lui convient pas et il quitte Isocrate pour aller à l’Académie de Platon. Il deviendra son disciple en 367 av. J.-C. Aristote est un élève brillant. Platon le surnommait « le lecteur » ou « l’intelligence ». Platon lui donna la charge de l’enseignement de la rhétorique. Ce cours permettait aux élèves de suivre également des cours magistraux. Durant cette période, il écrit de nombreux ouvrages et dialogues.
Il enseigna 20 ans à l’Académie. Aristote s’oppose quelquefois à Platon et le critique parfois ouvertement, notamment au sujet de la théorie des Idées. A la mort de celui-ci, c’est Speusippe (neveu de Platon) qui va diriger l’Académie. Aristote, qui ne l’apprécie guère, quitte Athènes. Ce départ est aussi sans doute dû aux sentiments anti-macédoniens de plus en plus forts chez les Athéniens.
Aristote alla d’abord à Atarnée rejoindre un cercle platonicien. Puis, peut être dû à une froideur avec Hermias d’Atarnée, il partit à Assos, où il ouvrit une école de philosophie sur les mêmes principes que l’Académie. Il y poursuivit ses recherches sur la biologie et la faune marine. En 344 av. J.-C., il passa par Mytilène. Il ouvrit sa deuxième école pour deux ans. En 343 av. J.-C., le roi Philippe II de Macédoine, l’appela pour devenir le précepteur du futur Alexandre Le Grand, alors âgé de 13 ans. Durant deux ou trois ans, il lui enseigna les lettres et peut-être la politique. En 341 av. J.-C., il épousa Phytias, nièce adoptive d’Hermias d’Atarnée, qui lui donna une fille prénommée Pithias. La seconde partie de ses œuvres sera écrite à Assos, Mièza et Mitylène entre 345 et 335 av. J.-C. Il écrivit notamment la suite de la Métaphysique et la Physique III, IV, V et VI, la Rhétorique et bien d’autres. Il se serait occupé de la reconstruction de Stagire et de sa législation. Philippe II de Macédoine l’avait détruite en 349 av. J.-C.
En 335 av. J.-C., alors âgé de 49 ans, il revient à Athènes. Pour la deuxième fois, la direction de l’Académie sera donnée à un autre que lui. Ce sera son ami Xénocrate qui la dirigera. Aristote décida alors de fonder sa troisième école : le Lycée, appelé ainsi en fonction de son voisinage avec le sanctuaire dédié à Apollon Lycien. Nous n’avons pas la certitude, mais l’école « péripatéticienne » serait née. Ce nom vient du grec « péripatéin » qui veut dire « se promener », le Lycée d’Aristote étant sur un lieu de promenade où les philosophes avaient l’habitude de bavarder en marchant. La bibliothèque et le musée du Lycée étaient financés par Alexandre le Grand. Aristote dispensait deux cours, l’un nommé « acroamatique », essentiellement pour les disciples avancés et l’autre nommé « exotérique ».
En 338 av. J.-C., Aristote devint veuf et prit Herpyllis comme deuxième femme. Celle-ci lui donna un fils prénommé Nicomaque. L’ouvrage d’Aristote « Ethique à Nicomaque » fut dédié à son fils qui mourut jeune. De 335 à 323 av. J.-C., Aristote écrivit sa troisième et dernière production. Les Petits traités d’histoire naturelle, l’Ethique à Eudème, par exemple, virent le jour durant cette période.
En 327 av. J.-C., les relations s’envenimèrent entre Aristote et Alexandre le Grand. En effet, celui-ci fit mettre à mort le neveu d’Aristote, Callisthène d’Olynthe. A la mort d’Alexandre le Grand en 323 av. J.-C., Aristote quitta Athènes avec son épouse Herpylliset, sa fille Pithias, car il était menacé par le parti anti-macédonien. De plus, une accusation fut portée contre lui par Eurymédon parce qu’Aristote composa un Hymne à Hermias d’Atarnée. Les hymnes étaient censés être réservés au culte des dieux.
En 322 av. J.-C., Aristote mourut à l’âge de 62 ans, dans la ville de sa mère, Chalcis. Une maladie de l’estomac, dont il souffrait depuis longtemps, aurait causé sa mort. Le corps d’Aristote fut ramené dans sa ville de naissance, Stagire. Le Lycée sera dirigé par Théophraste, meilleur ami d’Aristote, jusqu’en 529 après J.-C., date à laquelle Justinien 1er mit fin à ce qu’il appelait la philosophie « païenne ». Certains biographes attribuèrent un défaut à Aristote. Il semblerait qu’il eût tendance à bégayer. Physiquement, ils le décrivent trapu, petit, avec des petits yeux enfoncés. Il ne portait pas de barbe, ce qui était très rare pour l’époque.
Aristote, bien que disciple de Platon, va s’opposer à de nombreux aspects de la pensée de celui-ci. D’abord, il réfute le dualisme de son maître. Pour lui, le monde sensible est le seul monde qui est intelligible. Il n’y a pas deux mondes séparés comme chez Platon, mais un seul, qui comprend à la fois le matériel et son sens (le sensible et l’intelligible). Les idées ne sont pas séparées des objets : elles sont contenues en eux. D’après lui, deux éléments ne peuvent être séparés, la matière et la forme, qui coexistent dans tout être. La matière, c’est la chose dans son existence concrète mais aussi particulière, tandis que la forme représente l’idée de cette chose, son essence. Ainsi d’après lui, l’essence de chaque chose se trouve dans la chose même.
De la même manière, Aristote rejette le dualisme âme/corps. A nouveau, selon lui, les deux ne peuvent pas être séparés. Il y a une interdépendance stricte entre les deux : le corps (matière) ne peut pas exister sans l’âme qui l’informe ou l’anime et à son tour, l’âme ne peut exister et rien entreprendre sans son corps.
Aristote s’est aussi distancié de Platon en philosophie politique : il pense que le peuple, uni et éduqué, peut être apte à gouverner.
On peut retenir ainsi de sa pensée, cette idée : en écrivant l’Ethique à Nicomaque, Aristote affirme que la vertu est « un juste milieu entre deux extrêmes, l’un par défaut et l’autre par excès ».




