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Epicure : plaisir et vertu

 

Nous vous présentons une brève biographie de la vie d’Epicure, philosophe Grec de l’Antiquité. En seconde partie, vous trouverez une synthèse sommaire de sa pensée. Un approfondissement est disponible dans nos ouvrages.

La vie d’Épicure

Épicure est né en 341 av. J.-C.dans l’île de Samos. Philosophe grec, il est issu d’une famille modeste. Son père, Néoclès, était maître d’école et sa mère, Chérestrate, était magicienne. Durant son adolescence, il étudie la philosophie platonicienne.

A l’âge de 18 ans, il vint à Athènes pour effectuer son service militaire (l’ephelbla). A cette même époque, Xénocrate enseigne à l’Académie et Aristote au Lycée. Alexandre le Grand mourut. Le nouveau roi de Macédoine est Perdiccas.

Épicure va rejoindre sa famille à Colophon, au nord de Samos, en 323av. J.-C., où il resta 2 ans. Il rejoint ensuite Mytilène et commence à enseigner. Il fait la connaissance d’Hermarque qui est son futur successeur. Mais sa philosophie provoque de l’hostilité et il rejoint assez rapidement Lampsaque. Il y restera de 310 à 306 av. J.-C.

Agé de 35 ans, il s’établit à Athènes en 306 av. J.-C. Athènes avait été libérée par Démétrios Poliorcète en 307 av. J.-C. Après son installation dans la cité, Épicure s’acheta un jardin où il reçut ses élèves (hommes et femmes) et où il vécut jusqu’à sa mort. L’école philosophique créée par Épicure et dont le siège était son jardin à Athènes fut connue sous le nom de Le Jardin.   Durant cette période, il écrivit la plupart de son œuvre et de ses lettres. 300 œuvres auraient été écrites, ce qui fait de lui un de ceux qui, à cette époque, ont le plus écrit.

Hérodote, Pythoclès, Hermarque, Métrodore et bien d’autres furent les disciples d’Épicure. Il aurait eu des rapports homosexuels avec eux. Il mourut en 270av. J.-C., probablement de calculs rénaux selon Hermarque. Celui-ci écrivit dans ses lettres que la maladie d’Épicure dura 14 jours.

Dans son Jardin, Épicure mena une vie simple. Il était végétalien et s’accordait un morceau de fromage de temps en temps. Il buvait un verre de vin, mais préférait l’eau selon Dioclès. A cause d’accusations comme quoi le Jardin était un lieu de débauche, l’image d’Épicure fut celle d’un impie et d’un débauché. Mais de telles accusations étaient courantes à cette époque. Certains philosophes avaient pour habitude de calomnier leurs adversaires.

Il prit la décision de philosopher à un très jeune âge (14 ans d’après Diogène Laërce). Après la lecture de Théogonie, il aurait posé des questions sur l’origine du chaos primordial au maître qui lui enseignait les œuvres d’Hésiode. Il ne fut pas satisfait des réponses de celui-ci et c’est de là que naquit son désir de philosopher seul. Bien qu’il voulût être autodidacte, il étudia la philosophie avec des maîtres d’écoles platonicienne et atomiste.

Épicure voulait que son nom soit immortel. Il légua le Jardin en faisant en sorte que sa philosophie continue d’y être enseignée et il exigea que chaque mois soit célébrée une fête en son honneur. Après avoir fait des résumés de ses œuvres,  il demanda à ses disciples de les apprendre par cœur.

Malgré cet orgueil, Épicure semble être un ami fidèle, bienveillant. Naturellement sympathique, sa vertu fut remarquée par la pitié qu’il eut envers ses parents et par la façon dont il traitait ses esclaves. Sénèque, qui était un stoïcien, affirmait que le morale d’Épicure est aussi saine que droite pour qui cherche à l’approfondir et qu’elle a été décriée sans l’avoir mérité.

Épicure eut de nombreux disciples et sa doctrine jouit d’un grand succès. En effet, à la différence d’autres doctrines philosophiques, qui étaient très peu diffusées, l’épicurisme devint très populaire, il gagna Rome et l’Italie toute entière. Épicure a souvent été associé à Jésus. Les deux hommes, aux yeux du peuple, faisaient figure de sauveurs. En effet, Lucrèce chantait comme des dons divins les consolations amenées par Épicure. Certains philosophes comme Nietzsche voient en cette pensée un christianisme païen.

Malgré le nombre important d’œuvres écrites par Épicure, il ne reste que trois lettres écrites par lui (Lettre à Hérodote, Lettre à Ménécée, Lettre à Pythoclès) et plusieurs maximes. Elles furent découvertes, pour la plus grande partie, à la fin du XIXe siècle. En 1752,  des fragments du De la nature furent trouvés à Herculanum.

A sa mort, Épicure laissa une lettre adressée à Idoménée de Lampsague et un testament.

La sagesse épicurienne : le plaisir amène le bonheur

Épicure va établir une nouvelle méthode pour aboutir au bonheur (ataraxie). Selon Épicure, les désirs et les plaisirs jouent un rôle de premier rang dans la vie de l’homme. Mais pas n’importe lesquels. Ils n’ont pas tous la même valeur. Il y a ceux qui apportent la souffrance ou la douleur et ceux qui, au contraire, apportent la paix de l’âme. Les plaisirs instables sont exclus car pour être bon, un plaisir doit être stable.

A cette époque-là, le débat sur le désir était partagé. Ainsi, on véhiculait deux visions différentes : pour certains, le désir était quelque chose de bon et naturel, tandis que d’autres le considéraient comme néfaste pour l’homme. Épicure change le sens du débat, car pour lui, tous les désirs ne sont pas bons. Il y a des désirs qui sont vraiment bons menant au bonheur (l’amitié, se nourrir, se loger) et d’autres à éviter car mènent au malheur(l’argent, les honneurs, le pouvoir).

D’après Épicure, les hommes ne vivent pas en harmonie avec eux-mêmes. Ils ne savent pas faire la différence entre les bons et les mauvais plaisirs. C’est le principe de sa philosophie : apprendre à discerner les vrais des faux plaisirs.

La vie de l’homme doit donc se situer entre l’ascétisme, c’est-à-dire on doit exclure tout ce qui est inutile, et la jouissance des bons plaisirs avec l’amitié et la philosophie comme base. La prudence est selon lui, la vertu majeure pour atteindre le bonheur. C’est ce qui dirige l’homme dans la recherche des bons et mauvais plaisirs.

Épicure est un hédoniste socratique. Disciple de Socrate, car pour lui, la vertu morale et le plaisir ne sont pas de notions s’excluant et n’ayant aucun rapport entre elles, et hédoniste car le plaisir amène le bonheur. Mais à l’opposé de la pensée de Socrate, pour Épicure, la vertu n’est pas une fin. C’est simplement un moyen pour atteindre l’ataraxie.

Quelques citations d’Épicure :

«  Parmi les choses dont la sagesse se munit en vue du bonheur, de beaucoup la plus importante est la possession de l’amitié.»

«  Il faut choisir les vertus pour le plaisir et non pour elles-mêmes. »

«  Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse. »

«  Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien »

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