Voici une biographie synthétisée de Marc-Aurèle, et les traits principaux de sa pensée.
L’empereur-philosophe est incontestablement l’un des monarques les plus respectés de son temps et ceci malgré le fait que les historiens modernes aient quelquefois tendance à remettre en cause toutes les louanges qui lui sont adressées.
Le futur empereur voit le jour le 26 avril 121 à Rome et rien à la naissance ne le prédispose à monter sur le trône. Il a beau être issu de la famille régnante, les liens de parenté sont assez éloignés. À la mort de son père, il est adopté par son grand-père, puis à la mort de ce dernier, par l’empereur Hadrien, qui voit en lui toutes les qualités requises pour devenir son successeur. L’éducation du futur empereur sera assez traditionnelle et conforme à celle en vigueur dans son milieu. Par ailleurs, toute sa vie fut programmée par son père adoptif.
En 145, il épouse Annia Faustina, encore appelée Faustina, une jeune fille qui n’est personne d’autre que sa cousine germaine. Le couple eut 14 enfants, mais les contemporains auront surtout retenu de cette union les multiples frasques extraconjugales de l’épouse du futur empereur. Bien que la présence permanente de celle-ci auprès de son époux, notamment sur les champs de bataille, lui attire les bonnes grâces des soldats, ses aventures extraconjugales étaient si nombreuses que bon nombre des amis de Marc-Aurèle lui conseillèrent de s’en débarrasser. Il ne le fit jamais et ne se remaria même pas après sa mort.
Dès 138, il est déjà appelé a monter sur le trône, mais il est encore très jeune et lui attribue un régent. En 140, il est enfin associé au trône en tant qu’empereur, mais il ne prendra véritablement les rênes du pays qu’en 161. Il décide de régner avec Lucius Verus en signe de reconnaissance.
La tâche de l’empereur est d’autant plus ardue que Lucius Verus, avec lequel il est censé dirige le pays, n’est pas vraiment attentif aux problèmes environnants. Paresseux, colérique et parfait ivrogne, il a mieux à faire que de s’occuper des problèmes de l’État. Or, l’empire dont hérite Marc-Aurèle est particulièrement difficile à diriger, car il est quasiment en guerre avec tout le monde. Ceci oblige l’empereur à faire preuve de fermeté et parfois de cruauté. Il a beau souhaiter la paix, le climat ambiant lui impose de diriger son empire sur le champ de bataille. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux faits pitoyables comme une très grande répression, plus particulièrement celle des chrétiens, soient observés. Cependant, chaque fois que cela est possible, l’empereur non seulement s’attelle à maintenir la paix, mais n’hésite pas à se lancer dans des reformes. L’empire lui doit, par exemple, de nombreuses et très profondes reformes effectuées dans le domaine législatif.
Après avoir eu à combattre des ennemis hors de l’empire, il doit en 175 les affronter parmi les siens. Suite à une fausse rumeur le déclarant mort, un de ses généraux se hâte de se proclamer nouvel empereur. Fort heureusement pour Marc-Aurèle, les soldats lui restent fidèles et l’usurpateur est très rapidement mis hors d’état de nuire. Le calme ne sera cependant que de courte durée. L’empire étant à nouveau attaqué de l’extérieur, Marc-Aurèle sera dans la nécessité de combattre à nouveau les assaillants. Il n’aura pas la possibilité de voir la fin de cette guerre, la seconde guerre germanique. Elle s’achèvera un an après sa mort, intervenue en 180.
Tant les contemporains de Marc-Aurèle lui furent reconnaissants pour s’être battu autant que possible pour l’empire, tant ceux-ci et la postérité gardèrent un souvenir assez amer de son héritier. En effet, contrairement à ses prédécesseurs, Marc-Aurèle n’avait pas choisi le plus digne. Il avait décidé de confier l’empire à son fils, Commode. Celui-ci s’avéra être le pire des empereurs qui eut jamais gouverné Rome. Il fut d’ailleurs assassiné une dizaine d’années après sa prise de pouvoir.
Les historiens contemporains lui reprochent d’avoir fait usage de la philosophie pour échapper aux dures réalités qu’il devait affronter. Il est évident que la philosophie faisait office de jardin secret dans lequel, il pouvait se réfugier. Cependant, comme le disait si bien Hérodien, « de tous les princes qui ont pris la qualité de philosophe, lui seul l’a méritée ».
En lisant l’œuvre de ce philosophe, la première chose qui semble évidente est qu’il s’agit plus d’un journal où il couche l’histoire de sa vie ou plus la vision qu’il a de la situation qu’il vit et celle qu’il a du monde. Le titre de l’œuvre semble d’ailleurs appuyer cette hypothèse : Pensées pour moi-même. Marc-Aurèle a une vision stoïcienne et de ce fait, on retrouve dans sa philosophie les grandes lignes de cette pensée. Il s’agit essentiellement de la quête du bonheur par le biais de la sagesse morale. À l’instar de tous les adeptes du stoïcisme, Marc-Aurèle perçoit également l’accession au bonheur comme se faisant grâce à la vertu et à la sagesse.
Il estime que le bonheur ne pouvant être acquis que par l’équilibre entre les forces environnantes et les désirs de la personne, il est important que l’être humain accorde ses envies aux forces du monde. Cette perception, qui de prime abord peut paraître assez optimiste, pourrait être considérée comme plutôt pessimiste.
Il est en effet important de voir que l’homme, tant dans la pensée de Marc-Aurèle que dans celle du stoïcisme en général, n’a pas la possibilité de prendre intégralement sa destinée en mains et pour cause, il ne peut que suivre ou plutôt subir son destin. La seule chose qu’il doit apprendre à faire, c’est de rationaliser ses volontés et désirs afin que celles-ci coïncident avec les forces qui l’entourent. Ce n’est pas toujours évident, mais Marc-Aurèle s’imposait lui-même assez strictement le respect de son mode de pensée. Notamment, il essaya autant que possible de diriger l’empire romain en accord avec sa vision du monde. C’est aussi pour cette raison qu’il est parvenu à laisser son nom dans l’histoire de la philosophie.
Voici quelques citations de Marc-Aurèle :
« Celui qui aime la gloire met son propre bonheur dans les émotions d’un autre. Celui qui aime le plaisir met son bonheur dans ses propres penchants. Mais l’homme intelligent le place dans sa propre conduite. »
« Creuse au-dedans de toi. Au-dedans de toi est la source du bien et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours. »
« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. »




