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Montesquieu : écrivain, philosophe et moraliste

 

Voici une biographie de Montesquieu, accompagnée d’une présentation de son oeuvre.

Biographie de Montesquieu

De son véritable nom Charles-Louis de Secondat, Montesquieu voit le jour à La Brède le 18 janvier 1689. Le baron de la Brède et de Montesquieu – tel est son titre complet – est issu d’une famille de magistrats appartenant à la bonne noblesse. Les parents du futur philosophe et moraliste ont une perception du monde probablement différente de celle de leurs contemporains, pour le moins sur certains points. Alors que la coutume veut que le parrain du nouveau né soit quelqu’un d’influent – afin que le filleul puisse plus tard bénéficier de son soutien – les parents de Montesquieu décident de choisir à leur fils un mendiant. Ils estiment que cela l’aidera à ne jamais oublier que les pauvres sont également des êtres humains comme lui.

Son parcours académique est, quant à lui, plus conforme à son époque. Il effectuera des études au Collège de Juilly, puis à celui d’Harcourt à Paris avant de commencer à étudier le droit. En 1714, à la fin de ses études, il occupe les fonctions de conseiller au parlement de Bordeaux. Un an après son entrée en fonction, il se marie. Le 30 avril, il prend pour femme Jeanne de Lartigue. C’est une union qui n’aurait pas dû avoir lieu, car son épouse est protestante. Or, la pratique du protestantisme est officiellement prohibée dans le royaume depuis l’Edit de Nantes. Il n’empêche toutefois que non seulement le mariage se tiendra, mais qu’en plus, Montesquieu, grâce à celui-ci, obtiendra une dot des plus intéressantes. Un an après son mariage, il perd son oncle et le décès de celui-ci lui permet non seulement d’entrer en possession d’un véritable pactole, mais également d’accéder à des charges plus importantes. Il devient président à mortier du parlement. Ce sera aussi après la mort de son oncle qu’il deviendra baron de Montesquieu.

Le nouveau président n’est pour autant pas « épris » par ces fonctions. Il n’hésite d’ailleurs pas à s’en éloigner quand il le peut pour s’intéresser au monde qui l’entoure. Il convient de mentionner que c’est une époque qui connaît des bouleversements d’envergure. L’Angleterre vit depuis quelques décennies à peine la monarchie constitutionnelle, quant à la France, elle perd en 1715, l’un des plus grands rois de son histoire, Louis XIV. Ses successeurs qui n’ont pas sa trempe ne pourront plus redonner au pays ses lettres de noblesse. La situation du royaume est d’autant plus critique que le défunt monarque laisse à ses héritiers un pays considérablement affaibli. Montesquieu sera particulièrement sensible à tous ces changements.

Il se passionne pour les sciences en général et pour prendre conscience de l’étendue de sa curiosité, il suffit de dire qu’il rédigea trois œuvres dans trois domaines scientifiques totalement différents. Il s’agit de La cause de la pesanteur des corps, Les causes de l’écho et Les glandes rénales. Durant cette période, Montesquieu passionné par la littérature est aussi le bienvenu dans de nombreux salons, notamment celui de la duchesse de Maine. Malgré l’éducation très religieuse qu’il a reçue, Montesquieu est bien loin d’être un croyant modèle. Ses critiques cinglantes et satiriques de la foi chrétienne sont assez nombreuses. Il publie sa première œuvre littéraire en Hollande en 1711. Il y décrie de manière assez violente la foi chrétienne en démontrant que les philosophes de la Grèce antique ne méritent certainement pas d’être en enfer pour avoir été païens. Cinq ans plus tard, il dénonce la religion comme étant un objet de pression des plus riches sur les pauvres. Il estime dans Dissertation sur la politique des Romains que de tous les temps, les seigneurs ont eu recours à la religion pour dominer les plus faibles.

En 1721, il publie l’une de ses œuvres les plus célèbres, Les lettres persanes. Il y raille avec beaucoup de gout et de finesse la société française de l’époque. Le livre connaît un succès immédiat. En 1726, il se débarrasse de sa charge au parlement et commence dès l’année suivant un périple à travers l’Europe. C’est également durant ses multiples séjours à l’étranger qu’il sera initié à la franc-maçonnerie. En 1734, il rédige Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. En 1748, il publie la plus célèbre de ses œuvres : De l’esprit des lois. Interdite par l’église catholique, elle sera néanmoins applaudie dans toute l’Europe. Montesquieu meurt le 10 février 1755.

Le philosophe et son œuvre

Les œuvres de Montesquieu connaissent un succès sans précédent pour plusieurs raisons. Premièrement, les esprits de ses contemporains sont déjà assez murs pour ne pas condamner en bloc ses propos. L’Europe vit des bouleversements dont les répercussions sont importantes. Mais plus que tout, Montesquieu parle de liberté, de droit, d’égalité. Il n’est pas le premier philosophe qui en fait état et qui soulève cette question, mais il est immanquablement l’un des premiers à le faire, avec une bonne dose d’ironie que ses contemporains apprécient particulièrement.
De quoi parle la philosophie de Montesquieu ? Elle traite essentiellement de la liberté, de l’autonomie de l’être humain. L’homme ne doit être enfermé ni par d’autres hommes, ni par les lois. Contrairement à beaucoup d’autres philosophes avant lui, il insiste sur le fait que la loi, le droit naturel a toujours existé et n’est aucunement une invention des sociétés ou des hommes. Un groupe de personnes qui vivent ensemble, le fait déjà sous la direction d’un droit qui n’a pas besoin d’être rédigé pour être effectif.

C’est la raison pour laquelle il pense que dire du droit qu’il n’a commencé à exister que lorsqu’il fut rédigé par l’homme revient au même que de dire des rayons d’un cercle qu’ils n’ont été égaux que lorsque les hommes sont parvenus enfin à dessiner le premier cercle. Le droit naturel étant donc antérieur à ce qu’il qualifie de droit positif – ensemble de lois régissant la vie en communauté – il est important que la dignité humaine s’appuie uniquement sur des bases rationnelles et non sur les désirs de chacun.

Montesquieu est aussi très connu pour sa classification des pouvoirs dans L’esprit des lois : pouvoir législatif, exécutif et judiciaire. C’est le premier (avec Locke) a théorisé la séparation des pouvoirs, qui servira de base à la philosophie politique moderne et à la démocratie.

 

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