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Augustin : le philosophe converti

 

Voici la biographie commentée de Saint Augustin, et les éléments majeurs de sa pensée et ses oeuvres.

La vie d’Augustin d’Hippone

Augustin d’Hippone, appelé également Saint Augustin, est né le 13 novembre 354 à Thagaste, municipe d’Afrique. Saint Augustin est à la fois un philosophe et un théologien chrétien, évêque  catholique d’Hippone et écrivain romain d’origine berbère. Son père, Patricius, citoyen romain païen, était un modeste notable. Sa mère, Sainte Monique, une chrétienne d’origine berbère, transmit sa foi à ses enfants et à son mari à la fin de sa vie. Navigius était son frère. Il avait également une sœur, qui deviendra la préposée du monastère d’Hippone. Patricius, son père, avait de grandes ambitions pour ses fils, et bien que de condition modeste, économisait pour l’éducation de ceux-ci. Augustin souhaitait devenir avocat, étape pour le haut fonctionnariat.

À l’âge de 15 ans, il étudie à Madaure. Dans ses Confessions (livre I), il blâmera le fait que les cours qu’il y suivit étaient basés sur la mémoire et l’éloquence. Par manque d’argent, il dut retourner à l’âge de 16 ans dans sa famille. Il commet des petits délits avec des compagnons peu fréquentables. C’est à cette époque que se situe le célèbre « vol des poires », larcin qu’il commit   par désir de transgression et non par besoin.

À presque 17 ans, il reprit ses études à Carthage, son père ayant pu économiser assez d’argent. Il y régnait un climat de sensualité exacerbée, les plaisirs de l’amour ainsi que le théâtre étaient à l’honneur, raconta Augustin.

Il rencontra la femme avec qui il va rester 14 ans et qui lui donna un fils, Adéquat. Celui-ci sera son interlocuteur dans le dialogue Du maitre. On ne connait pas grand-chose sur la concubine d’Augustin. On peut facilement imaginer qu’elle était chrétienne. En effet, le nom de leur fils signifiait « Don de Dieu ». À Carthage, il fait la connaissance de missionnaires manichéens. Le manichéisme correspond à ses attentes Ajouter Une phrase pour dire ce qu’est le manicheisme. Bien que ce soit une société illégale et agissant en groupe fermé, il la rejoint. Elle lui permet d’évacuer ses remords pour ses mauvaises actions, en pensant que ce ne sont pas des faits commis par l’homme lui-même.

Augustin voulant susciter de nouvelles vocations pour ce culte, n’hésite pas à organiser des débats, ridiculisant les chrétiens, à Carthage. Sa mère refusera alors de le voir pendant un certain temps. Augustin décide alors de s’orienter vers l’enseignement de la rhétorique. La lecture de l’Hortensius de Ciceron (œuvre aujourd’hui perdue), va avoir un rôle important dans sa vie. Elle va susciter en lui un violent désir de sagesse. Il va également lire les Écritures. Il estime leur style fort grossier comparé à celui des auteurs latins.

En 375, il repart s’établir à Thagaste où il va enseigner la grammaire. Suite à une victoire dans un concours de poésie, il devient proche de Vindicius, proconsul de Carthage. Celui-ci apprend la passion pour l’astrologie d’Augustin. Il réussit à l’en détourner en le convainquant que certaines prédictions ne tiennent pas du hasard.

De Bono et Apto, écrit en 380, sera la première œuvre qu’il écrit. C’est à cette époque qu’il commence à douter du manichéisme, considérant sa doctrine comme très simpliste. Il fait la connaissance de Faustus, évêque manichéen. Celui-ci reconnait son incompétence vis-à-vis de l’astronomie. S’apercevant de l’imposture de Faustus, Augustin quitte Carthage pour se rendre à Rome. Il devient professeur de rhétorique et proche des académiciens qui trouvent que la vérité n’est pas connaissable.

En tant que protégé du sénateur Symmaque, il est envoyé par ce dernier à Milan en 384. A l’époque, les poètes, les philosophes, principalement platoniciens, qu’il y connait avaient un rôle important dans la société milanaise. À Milan, il rencontre l’évêque chrétien de la ville, Ambroise de Milan.  Augustin renonce au manichéisme, influencé par les propos d’Ambroise. En 386, Augustin se convertit au christianisme. Il a 32 ans et est tourmenté par le problème du mal. Dans les Confessions, il reconnait que c’est une religion qu’il a tété avec le lait maternel.

Après sa découverte des épîtres de Saint Paul, il voit le christianisme et le judaïsme différemment. Il quitte l’enseignement pour devenir moine. Il fut baptisé par Ambroise dans la nuit du 24 au 25 avril 387. Augustin rentre à Thagaste en aout 387. Sa mère, qui l’accompagnait, tombe malade pendant le trajet et meurt après 9 jours de maladie. Après son décès, Augustin choisit de rentrer à Rome. Il y restera un an avant de retourner en Afrique en 388. Il vivra près de Thagaste en s’entourant d’amis et de disciples. Il transforme la maison familiale en monastère en 391 en s’inspirant du Jardin d’Epicure.

À cette époque, les évêques étaient élus par les fidèles et bien qu’Augustin ne désire pas cette fonction, il fut nommé évêque d’Hippone. Saint Augustin mourut le 28 août 430 à Hippone. Saint Augustin a laissé un fort héritage spirituel. A partir du XIIe siècle, des congrégations ont été créées. Il en existe encore de nombreuses aujourd’hui. Les chanoines de Saint Augustin ont été fondés sous le patronage spirituel de l’évêque.

Les œuvres de Saint Augustin

La philosophie d’Augustin est la plus influente sur la pensée chrétienne après celle de Thomas d’Aquin. Il est considéré comme l’un des Pères de l’Eglise. Le Moyen Âge a été imprégné par l’augustinisme. Ses Confessions sont un trésor littéraire mais aussi philosophique. Il y raconte comment il a été sauvé grâce à sa conversion à la religion chrétienne. La Cité de Dieu est un ouvrage de philosophie théorique. C’est une réponse aux critiques faites par les païens.

Il oppose symboliquement la cité terrestre et la cité céleste pour défendre la religion chrétienne. La cité terrestre est selon Augustin, le monde tel qu’il est, fondé sur l’amour de soi et issu du mal (le péché originel). La cité céleste est moins bien définie. Elle est présente sur la terre mais en étant en exil. Tandis que la cité de Dieu représente le pouvoir spirituel, la cité des hommes est constituée du pouvoir temporel. Les deux cités sont donc à la fois distinctes et mélangées. Le pouvoir spirituel, incarné par le Pape, coexiste avec le pouvoir temporel et local dont les représentants sont les Princes. Selon une citation d’Augustin, « Deux amours ont donc fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l’amour de Dieu, jusqu’au mépris de soi, la cité céleste. »

Quelques œuvres de Saint Augustin :

De Bono et Apto (380)

De l’ordre

De la Trinité

Confessions

Les Lettres

Le Traité de la vie bienheureuse

La cité de Dieu

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