Articles avec le tag ‘Bac de philo’

Réviser le Bac de Philo : des podcasts utiles

Lundi 6 juin 2011

Nous vous présenterons en série quelques podcasts de France Culture pour les révisions du Bac de Philo 2011. Le premier concerne l’Art.

Le podcast de France Culture est disponible ici.
Il reprend un plan et une bibliographie conseillés :

Introduction
a) L’art, au sens de « création artistique »
b) La création artistique n’est pas sans finalité
c) Quelle est la singularité de l’art ? A quoi sert-il spécifiquement ?

I) L’art sert la beauté
a) En son acception générale, l’art désigne l’ « action réglée »
b) De là la nécessité, d’après Kant, de nous distraire de nos inclinations naturelles comme de nos représentations habituelles pour apprécier une chose quant à sa beauté.
c) L’art est l’expression de la beauté.
d) Dire que l’art est recherche du beau n’est pas dire à quoi il sert en tant que recherche du beau. Pourquoi recherchons-nous la beauté par l’expression artistique ?

II) L’art comme alternative à l’Intellect
a) Si nous recherchons la beauté par l’art, c’est que nous échouons à la rencontrer et l’apprécier par d’autres vecteurs.
b) Nietzsche voit dans l’art un antidote à l’intelligence rationnelle.
c) L’art sert à éprouver le réel autrement que par le prisme de l’intelligence rationnelle.
d) Si l’art est transfiguration et si, par ailleurs, tout est transfiguration, on ne peut dire que l’art serve ; car il n’y a pas de fin plus haute que lui, plus ultime (tout est art).

III) L’art, expérience d’une déprise essentielle
a) L’art constitue une parenthèse dans l’ordinaire.
b) Au chapitre III de son œuvre Le rire, Bergson voit dans l’expérience artistique l’occasion d’un retour aux choses mêmes.
c) C’est parce qu’il ne sert pas que l’art nous sert le plus.

Bibliographie conseillée :
- Aristote, Ethique à Nicomaque, VI, 4, 1140a. Vrin, 1990, page 283.
- Bergson, Le rire, Chapitre III, Le comique de caractère. Henri Bergson, Œuvres, P.U.F 1959, pages 460 et 461.
- Char, Sous la verrière (En vue de Georges Braque). Pléiade, Œuvres complètes, 1983, page 674 à 676.
- Gadamer, Vérité et méthode, Première partie : Dégagement de la question de la vérité, l’expérience de l’art ; II L’ontologie de l’œuvre d’art et sa signification herméneutique, b) La transmutation en œuvre. Seuil, 1996, pages 132 et 133 pour les considérations relatives à l’ « imitation ».
- Heidegger, L’origine de l’œuvre d’art, in Chemins qui ne mènent nulle part. Tel Gallimard, 1962 (sur la distinction outil/œuvre, voir tout particulièrement la subdivision : La chose et l’œuvre).
- Kant, Critique de la faculté de juger, Analytique du Beau, §7 et §16. Vrin, 1993, pages 74 et 75 pour la référence au §7 ; pages 96 et 97 pour la référence au §16.
- Nietzsche, Le gai savoir, Livre II, §107. Bouquins, Œuvres, 1993, pages 119 et 120. et La naissance de la tragédie, §12. Folio Essais, 1977, page 80.
- Valéry, Introduction à la méthode chez Léonard de Vinci, Léonard et les philosophes (1929). Gallimard, 1957, page 108 à 110.

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Vendredi 3 juin 2011

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Corrigé type de dissertation : Le Travail

Lundi 30 mai 2011

Nous publions aujourd’hui un corrigé gratuit pour votre préparation du Bac de Philo 2011 : Le Travail, par notre professeur Damien Theillier.

Sujets apparentés :
Est-ce un devoir de travailler ?
Une société sans travail est-elle souhaitable ?
Le travail peut-il rendre libre ?
Peut-on opposer le loisir au travail ?
Les hommes peuvent-ils se passer de travailler ?
L’activité artistique est-elle un travail ?
Le travail n’est-il qu’un moyen de subsistance ?
Doit-on faire du travail une valeur ?
Peut-on attendre du progrès technique qu’il nous libère du travail ?
Le travail n’est-il qu’une lutte avec la nature ?
Que gagnons-nous à travailler ?
Le travail peut-il être aimé pour lui-même ?


A) Le travail comme aliénation (la conception antique)
Le mot travail dans son sens ancien (labor) évoque la douleur, la torture. Dans la Bible il est associé à une forme de malédiction (« Tu travailleras à la sueur de ton front »). Chez les Anciens, il est perçu comme une contrainte matérielle qui n’apporte rien sinon l’asservissement à la nature, à la nécessité biologique. Il faut donc s’en affranchir pour être libre, en participant à la cité politique. Les esclaves permettent cet affranchissement des contraintes matérielles. On est libre lorsque :
– on s’affranchi de la contrainte matérielle pour se consacrer aux activités de l’esprit.
– on participe à égalité dans le gouvernement politique de la cité.
Les grecs opposent le travail à la skholé, le loisir ou le « temps libre ». C’est aussi la racine du mot “école”, en latin schola. Le loisir ici n’est pas le divertissement mais l’activité de l’esprit.


B) Le travail comme libération (la conception moderne)
Dans la modernité, le rapport de l’homme au travail change. Être libre ce n’est plus se libérer du travail et participer à la politique, mais c’est pouvoir travailler pour s’épanouir dans la vie privée. Le travail permet l’accès à l’indépendance et à la réussite de l’individu. Dans une perspective religieuse, il est aussi un moyen de salut, de rédemption. Le travail devient donc un moyen personnel de réussite dans la sphère privée. Avec l’abolition des privilèges et la naissance du marché, le travail et l’échange unissent les hommes dans un même destin.

Adam Smith est un penseur du marché, mais c’est d’abord un philosophe qui réfléchit aux questions morales. Il observe que l’amour de soi, convenablement orienté, est raisonnable car il stimule l’effort, le travail, l’échange et la coopération sociale, parfois mieux que la vertu elle-même. Mais il va plus loin et il considère que le désir de produire, d’échanger et d’acquérir, loin d’être mauvais par essence, sont conformes à la nature humaine. En effet, l’un des fondements du lien social, selon Smith, est l’intérêt. La division du travail et les échanges établissent des liens de dépendance, de complémentarité mais aussi de compétition en vue de la prospérité. Cette sphère économique constitue ce qu’on appelle la société civile ou le marché, un espace de liberté dans lequel chaque homme est invité à réaliser ses projets.

Le travail, pour Marx, est l’acte proprement humain, celui par lequel se réalise l’essence même de l’homme, à savoir la liberté. C’est pourquoi la libération du travail a aussi pour signification de rendre l’homme à sa dignité et à son humanité.
Pour Marx et conformément au matérialisme historique, il existe une aliénation économique à la racine de l’aliénation politique. Dans l’aliénation économique, fruit du capitalisme (défini comme la propriété privée des instruments de production), l’ouvrier est obligé de vendre sa force de travail comme une marchandise. Il est donc aliéné, c’est-à-dire séparé de lui-même car son travail lui devient quelque chose d’étranger qu’il accomplit par force, pour survivre.
La révolution politique est donc pour Marx une illusion tant qu’elle ne s’accompagne pas d’une révolution économique et sociale capable de libérer l’homme de la servitude capitaliste et de réaliser ainsi l’unité entre le travailleur et le citoyen, entre la société et l’État, la sphère privée et la sphère publique.


C) La valeur du travail en question
Hannah Arendt, dans La condition de l’homme moderne, parle d’une crise du sens du travail. En effet, l’époque moderne tend à niveler toutes les activités : « Dans cette société qui est égalitaire, car c’est ainsi que le travail fait vivre ensemble les hommes, il ne reste plus de classe, plus d’aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l’homme. Même les présidents et les rois, les premiers ministres voient dans leurs fonctions des emplois nécessaires à la vie de la société, et parmi les intellectuels, il ne reste que quelques solitaires pour considérer ce qu’ils font comme des œuvres et non comme des moyens de gagner leur vie. »
Arendt distingue ici le travail salarié, dicté par la nécessité économique, et l’œuvre, activité de création par laquelle l’homme participe à l’élaboration d’un monde commun. Une œuvre porte la marque personnelle de celui qui l’a créée et par elle, le créateur lui-même se personnalise. Le drame de la modernité est d’avoir « changé l’œuvre en travail ».
De même, dans Le gai savoir, § 42, Nietzsche défend le travail créateur, celui qui n’est pas finalisé par le salaire mais par le plaisir. Il écrit :
« Se trouver un travail pour avoir un salaire […]. Or, il y a des hommes rares qui préfèrent périr plutôt que de travailler sans plaisir […]. De cette espèce d’hommes rares font partie les artistes et les contemplatifs, mais aussi ces oisifs qui passent leur vie à la chasse ou bien aux intrigues d’amour et aux aventures. Tous cherchent le travail et la peine lorsqu’ils sont mêlés de plaisir, et le travail le plus difficile et le plus dur, s’il le faut. Sinon, ils sont décidés à paresser, quand bien même cette paresse signifierait misère, déshonneur, péril pour la santé et pour la vie. Ils ne craignent pas tant l’ennui que le travail sans plaisir : il leur faut même beaucoup d’ennui pour que leur travaille réussisse. Pour le penseur et pour l’esprit inventif, l’ennui est ce calme plat de l’âme qui précède la course heureuse et les vents joyeux ; il leur faut le supporter, en attendre les effets à part eux : – voilà précisément ce que les natures inférieures n’arrivent absolument pas à obtenir d’elles-mêmes ! Chasser l’ennui à tout prix est aussi vulgaire que travailler sans plaisir. »
La joie créatrice est alors le signe d’un travail accompli, capable de rendre à l’homme toute sa dignité.

Damien Theillier

Programme officiel de Philosophie – Séries Générales

Jeudi 26 mai 2011

Découvrez ce qu’on attend de vous : retrouvez dans la section Bac de Philo 2011 le programme officiel des séries générales

Le texte du Programme de Philosophie en Séries Générales
La section Bac de Philo 2011

Demain, vous aurez un peu plus d’infos pratiques : les dates du Bac 2011.
Ensuite, nous continuerons la publication quotidienne de nouveaux corrigés et conseils gratuits le Bac de Philo ! Restez informés !

Programme officiel de Philosophie – Séries Technologiques

Jeudi 26 mai 2011

Découvrez ce qu’on attend de vous : retrouvez dans la section Bac de Philo 2011 le programme officiel des séries technologiques

Le texte du Programme de Philosophie en Séries Technologiques
La section Bac de Philo 2011

Corrigé type de dissertation : La Démocratie

Mercredi 25 mai 2011

Nous publions aujourd’hui un corrigé gratuit pour votre préparation du Bac de Philo 2011 : La Démocratie, par notre professeur Damien Theillier.

Sujets apparentés :

Peut-on critiquer la démocratie ?

L’usage de la parole doit-il être soumis à des règles ?

En quoi la démocratie est-elle toujours à conquérir ?

La philosophie a-t-elle pour condition la démocratie ?



1° La démocratie, régime de la parole

Les sophistes, qui enseignaient la rhétorique, l’art de bien parler, sont les inventeurs de la démocratie. En effet, la démocratie est le régime de la parole où la vérité dépend moins d’une connaissance de la réalité que d’une capacité à convaincre, à imposer ses opinions par l’art du discours. Il n’y a que des opinions et la meilleure opinion n’est pas la plus vraie mais la plus convaincante. Celui qui détient l’art de convaincre, détient aussi le pouvoir.

C’est pourquoi les sophistes enseignent la rhétorique. La rhétorique a un rôle clé pour rendre plus vraisemblable une opinion par rapport à une autre. Il ne s’agit pas de démontrer qu’une chose est vraie en elle-même mais seulement qu’elle paraît vraie.

Platon aborde ce thème de la rhétorique dans le Gorgias, dialogue qui porte le nom d’un célèbre rhéteur, écrit vers 385 avant J.-C. Selon Gorgias la rhétorique est l’art suprême, rien ne lui résiste : « il n’y a rien dont l’orateur ne puisse parler, en public, avec une plus grande force de persuasion que celle de n’importe quel spécialiste. Ah ! Si grande est la puissance de cet art rhétorique ! » Celui qui détient les clés du discours, détient les clés du pouvoir. Ainsi les lois ne sont que des conventions qui reflètent l’opinion du plus grand nombre. L’opinion la plus répandue devient la norme. La démocratie est donc le régime de la parole, où la vérité dépend moins d’une connaissance de la réalité que d’une capacité à convaincre, à imposer ses opinions par l’art du discours.


2° La démocratie : tyrannie de l’opinion (la conception antique)

Dans le Gorgias, Platon attaque les sophistes, qualifiés de démagogues ou de flatteurs mais il attaque aussi, de façon plus voilée, la démocratie. Pour lui, ce régime politique favorise l’apparition des sophistes parce qu’il est fondé sur le règne de l’opinion. La démocratie est la traduction politique du « relativisme » des sophistes (la connaissance est relative aux opinions subjectives de chacun).

De plus, pour Platon, la multitude ne peut pas bien gouverner, car elle ne peut voir avec discernement le bien commun, et ne cherche que son intérêt individuel. Il faut donc éviter tout fonctionnement démocratique. La démocratie n’est que la tyrannie du peuple, qui est ignorant et animal. C’est donc la tyrannie des opinions et des désirs. Platon pense que le peuple confond l’opinion la plus répandue avec la meilleure opinion. Non seulement il est manipulé par des démagogues, mais en plus il est esclave de ses désirs.


3° La démocratie : un moyen et non une fin (la conception moderne)

Tocqueville a essayé de rendre compte et d’analyser les immenses mutations sociales qui s’opèrent à son époque : émergence de l’individualisme, de la démocratie, nouvelles tensions insolubles entre liberté et égalité…

Tocqueville juge que la modernité est caractérisée par une tension fondamentale entre les deux passions politiques humaines : l’égalité et la liberté. La démocratie est d’abord une dynamique sociale d’égalisation des conditions. Ces revendications d’égalité, d’abolition des privilèges et des ordres, de participation égale à la vie politique amènent les révolutions et les premières tentatives de démocratie. « Dans les démocraties, les serviteurs ne sont pas seulement égaux entre eux ; on peut dire qu’ils sont, en quelque sorte, les égaux de leurs maîtres. »

Toutefois, Tocqueville constate que ce processus d’égalisation s’accompagne logiquement de la dissolution des influences sociales, des liens de dépendance et atomise le lien social, menaçant ainsi l’exercice même de la liberté et de la responsabilité politique du citoyen. En effet, l’égalisation s’accompagne d’une fragilité plus grande des individus qui deviennent isolés et séparé les uns des autres. Pour éviter l’anarchie et protéger leurs biens, ils s’en remettent à un pouvoir unique et central auquel ils délèguent tous leurs droits. Il faut donc, selon Tocqueville, remédier à ce problème en développant les associations civiles et la « démocratie locale » pour entretenir des contre-pouvoirs et par là même lutter à la fois contre l’individualisme narcissique et l’étatisme, tous deux liberticides.

Mais il faut surtout comprendre que l’égalité n’est qu’un moyen en vue de la liberté et non une fin en soi. Si les hommes sont égaux, c’est parce qu’ils sont tous capables de vivre et de penser par eux-mêmes, sans être soumis à la tutelle d’un État.

Le grand message de Tocqueville, c’est que la majorité n’a pas le droit de tout faire. Lorsqu’on prétend que, dans une démocratie, tout ce qui est légal est juste, la démocratie dégénère en démagogie, en tyrannie de la majorité. Autrement dit, la démocratie doit être au service de la liberté et la règle majoritaire doit être limitée par la règle du respect absolu des droits fondamentaux : droit à la vie, droit de propriété, liberté de parole, liberté religieuse, liberté d’entreprendre.

Damien Theillier

Bac de Philo 2011

Mardi 24 mai 2011

Cours de Philosophie.fr publie une section spéciale Bac de Philo 2011 !

A partir d’aujourd’hui, nous l’augmenterons chaque jour jusqu’au Bac d’un élément : conseil, méthode, notion, info pratique, corrigé, etc.

Au programme, une mission : regrouper tous les contenus pour vous aider au mieux dans vos révisions du BAC.

Aujourd’hui, retrouvez-y en exclusivité le lancement de notre Application iPhone Bac de Philo 2011 !

La section Bac de Philo 2011.

L’explication de texte philosophique au bac

Vendredi 22 avril 2011

Comment réussir un commentaire de texte de philo au Bac ?

L’explication de texte philosophique au bac en 4 points

Par Damien Theillier

Expliquer ce n’est pas répéter le texte, c’est le clarifier, c’est passer de l’implicite à l’explicite, c’est identifier les difficultés du texte pour les résoudre.


1° Introduction
Il s’agit, dans l’introduction, de présenter le texte. Comme toujours en philosophie, vous devez commencer par énoncer la question philosophique qui commande le texte. Mais l’opération principale consiste à donner la thèse, c’est-à-dire l’idée essentielle du texte ou la réponse de l’auteur à la question. Il faut donc résumer le texte en une ou deux phrases, en donner la « substance ». L’introduction doit aussi comporter le plan du texte.

Conseil : Pour le plan, donnez le numéro des lignes et un titre pour chaque partie. En introduction, ne vous livrez en aucun cas à des considérations générales sur l’auteur ou l’époque. Entrez immédiatement dans le vif du sujet, il faut surtout éviter les formules génériques telles « de tous temps les hommes… » notamment pour l’accroche.


2° Première partie : Analyse
Dans la première partie du devoir, il est demandé de faire une analyse linéaire qui consiste à dégager le sens du texte, la signification des concepts-clé et l’argumentation de l’auteur.

Conseil : Ne vous contentez pas de répéter le texte avec des mots différents. Pour éviter la paraphrase, il faut faire l’hypothèse d’un sens caché au-delà du sens apparent et se donner pour mission de le dévoiler.


3° Seconde partie : Intérêt philosophique et débat.
Dans la seconde partie, il s’agit de discuter de la thèse du texte pour en dégager l’intérêt. Vous devez alors engager un débat afin de justifier sa pertinence ou de la nuancer, en la confrontant à d’autres réponses possibles.

Exemples : Un texte de Rousseau sur la comparaison du langage humain et du langage animal engage des débats très actuels entre philosophes et scientifiques. Pensez aux études de Karl Von Frisch sur le langage des abeilles, pensez aux expériences des Gardner pour apprendre le langage des sourds-muets à la guenon Washoe. Enfin, rappelez-vous aussi que Rousseau a eu des précurseurs sur cette question : Aristote, Descartes…

Concernant la seconde partie d’une explication de texte, il faut toujours avoir en vue d’éclairer le texte par une discussion autour de sa thèse. L’erreur la plus fréquente, c’est de réciter son cours ou de copier des généralités sur le thème du texte. On peut faire des comparaisons avec d’autres auteurs mais il faut toujours les raccrocher au texte.


4° Conclusion
Il s’agit de faire un bilan critique de l’explication et de l’intérêt en insistant sur ce que l’auteur nous a aidé à comprendre.


Voici de façon plus détaillée le plan exact ce qu’il faut faire :

1° Introduction:
a) Donner le projet de l’auteur. S’agit-il de définir, de distinguer, de démontrer, de réfuter, de répondre, de décrire, …
b) Donner le thème du texte.
c) Formuler la question explicite ou implicite à laquelle le texte répond.
d) Donner la réponse : Quel est la thèse de l’auteur ?
e) Plan linéaire du texte

2° Première partie, explication
Vous devez dans cette première partie :
a) expliquer le sens philosophique des concepts utilisés par l’auteur en fonction du contexte. Un concept prend sens par rapport à d’autres concepts présents dans le texte
b) suivre la logique interne du texte, en vous posant la question de savoir pourquoi, comment, dans quelles mesures et en vue de quoi l’auteur passe-t-il de telle idée à telle autre.
c) analyser chaque idée en vous posant la question de savoir pourquoi, comment et en vue de quoi cette illustration, cette allusion, cette répétition, cette référence, ce commentaire, cet exemple, cet article défini, cette majuscule, ce point d’exclamation …

3° Seconde partie, intérêt philosophique en référence à la problématique
Vous devez dans cette seconde partie débattre de l’intérêt philosophique du texte :
a) Rappeler la problématique
b) Justifier la thèse (soyez l’avocat de l’auteur)
c) pousser à l’extrême cette thèse afin d’en montrer les limites ou les paradoxes
d) mettre en perspective critique la thèse de l’auteur dans la tradition philosophique
e) discuter les présupposés

4° Conclusion
Rappeler brièvement la thèse du texte et montrer ce que ce texte nous a permis de d’apprendre en termes de problématique, d’arguments, de concepts. Insister sur l’originalité de l’auteur, sa pertinence et son actualité (même si c’est un auteur très ancien).

Grille de correction du professeur :

Le correcteur va vérifier dans votre copie que :
Le problème et la thèse sont dégagés
La progression logique de la pensée est bien montrée
La paraphrase est limitée au strict nécessaire (amorce d’une explication)
L’enjeu philosophique du texte (sa portée) est dégagé
Les concepts importants sont définis
Les connaissances sont utilisées sans être récitées
Le texte est cité.

Bon courage !

La philosophie dès la seconde ?

Vendredi 19 novembre 2010

Luc Chatel a annoncé ce matin, à la journée mondiale de la philosophie (organisée par l’UNESCO), que quelques lycées pourraient tester à partir de Septembre 2011 l’enseignement de la philosophie dès la seconde.
Pour ou contre ?
Va-t-on brader la philo ou plutôt en améliorer nettement l’enseignement ?

D’une part, nombreux peuvent s’attendre à une amélioration de l’enseignement de la philosophie, tout simplement car le programme de terminale en philo est une « claque » importante, il est très dense, et assez « soudain » : c’est une matière qui ne ressemble à aucune autre. L’aborder dès la seconde, puis en première, pour entrer en terminale sereinement et affronter le bac de philo en toute confiance serait alors une bonne issue. Ceci serait d’autant plus valable pour la filière L, où la philo représente un programme très large et un coefficient 7 au Bac.

D’autre part, nous avons à craindre l’application d’une telle mesure. Sur le principe, peut-être rien ne s’opposerait à l’apprentissage de la philo dès la seconde – sauf éventuellement la maturité des élèves, qui n’est pas celle de terminale -; dans la pratique, il ne faut pas une blague comme une Education Civique pseudo-sous-un-angle-philosophique… le changement serait ridicule pour ne pas dire nul. Non, aborder la philo, il faut le faire réellement et je dirais presque « de front ». Commencer par l’histoire de la philo ne serait pas mauvais, par exemple…

Augustin

10 jours avant le Bac !

Lundi 7 juin 2010

« Plus que 10 jours avant la première épreuve du bac, et non la moindre : l’épreuve de philosophie ! La question que vous vous posez est la suivante : quel va être l’impact de mes dernières révisions sur mes résultats ? » ….

Un article sympathique sur le blog Mention Très Bien : Que faire dix jours avant le bac ?
L’avis est simple : réviser ses fiches, et surtout les chapitres les plus importants.

Cela déclenche un fort débat entre ceux qui font des fiches et ceux qui n’en font pas… Pour notre part, une seule recommandation : délivrez vous de la philo aujourd’hui, en téléchargeant maintenant notre Cours de Philosophie, regardant une heure du Dvd de philo chaque jour sans prendre de notes et en mangeant du pop-corn, relire rapidement quinze minutes le cours correspondant dans le Manuel, et aller à l’épreuve l’esprit léger… la bonne note est dans la poche.

Le Web Pédagogique

Mercredi 2 juin 2010

Le Web Pédagogique

Il y a quelques jours, Cours de Philosophie a lancé un partenariat pour le bac 2010 avec Le Web Pédagogique : nous leur fournissons quelques billets inédits pour réviser le bac de philo 2010 ; et ils distribuent notre cours pour le bac de philo sur la boutique de leur site web !

Les billets déjà parus : la démocratie, le travail, la vérité.

Nous vous recommandons hautement ce site, immense portail de milliers de professeurs, tous à votre disposition par des articles, des blogs, des quizz, pour vous aider dans votre travail.
Les études sont faites pour devenir de plus en plus ludiques, multimédia, et le lien professeur-élève doit être progressivement rénové : nous saluons Le Web Pédagogique dans cette démarche.
Le site est complet, ergonomique, et les contenus sont de qualité. Bonne visite !


Tous les conseils pour réussir facilement au Bac de Philo

Mercredi 12 mai 2010
Damien Theillier vous présente ici tous les conseils généraux pour réussir facilement au Bac de Philo.

Ils sont le fruit de sa longue expérience de professeur de philo en terminale, et de corrections de copies.
Lisez-les attentivement, comprenez-les, intégrez-les et reproduisez-les le jour du bac de philo, vous avez déjà gagné plusieurs points à votre copie de philosophie !


L’esprit général de l’épreuve

La philosophie en terminale peut se définir en référence à Socrate comme « art du questionnement« . Il ne faut jamais oublier que la sagesse commence avec cette fameuse formule de Socrate dans l’Apologie : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien. » Cela signifie que l’élève devient philosophe lorsqu’il commence à s’interroger, à s’étonner des choses les plus banales et les plus évidentes. Merleau-Ponty résume la méthode socratique en une phrase : « Ce qui fait le philosophe, c’est le mouvement qui reconduit sans cesse du savoir à l’ignorance, de l’ignorance au savoir. » En clair, toute réponse doit provenir d’une question préalable mais toute réponse doit aussi donner lieu à de nouvelles questions et ainsi de suite…

Les sujets du bac et la notation

1) Les sujets

Ce n’est pas un scoop, chaque année les sujets les plus souvent proposés concernent les thèmes suivants : la liberté, l’Etat, et la justice. Cela ne doit pas vous inciter à faire des impasses car tous les thèmes du programme sont reliés entre eux. Ainsi, on ne peut traiter de l’Etat sans parler du droit, de la justice, de la violence, des échanges ou de l’histoire. De même, on ne peut parler de la liberté sans aborder la question des passions, d’autrui, de la raison, du travail et de la technique, etc.

Cependant, il est possible d’esquisser schématiquement un plan-type pour chacun de ces thèmes. Il faudra veiller à l’adapter en fonction du sujet.

a) La liberté
- opinion commune : la liberté comme absence de contrainte (liberté-indépendance)
- critique de cette opinion : La vie biologique et la vie sociale exigent des lois. (liberté-indépendance = licence)
- sens philosophique de la liberté : l’obéissance à une loi reconnue comme raisonnable (liberté-autonomie)

b) L’Etat
- libéralisme : seul un « Etat-minimal » permet l’épanouissement des libertés individuelles
- socialisme : seul un « Etat-maximal » permet de réduire les inégalités
- Réconcilier liberté et justice suppose un « Etat-modéré », compromis entre la contrainte du pouvoir et l’exercice de la responsabilité individuelle.

c) La justice
- la justice comme convention sociale arbitraire (le droit positif)
- la justice comme loi morale universelle (le droit naturel)
- Il est impératif de référer tout droit positif au droit naturel pour éviter l’arbitraire et le despotisme.


2) Les notes

Nous proposons ici une grille de notation sur la base des consignes données par les inspecteurs

a) La dissertation
- de 0 à 5 : Hors-sujet résultant d’une absence de lecture précise de l’énoncé du sujet. Absence de questionnement philosophique
- de 6 à 9 : Problématisation et éléments d’argumentation mais manque de cohérence dans la pensée.
- de 10 à 13 : Démarche progressive et raisonnée, travail d’analyse des notions. Références précises à des textes philosophiques.
- éléments de survalorisation : culture philosophique bien intégrée et maîtrisée. Maturité dans la réflexion personnelle.

b) L’explication de texte
- de 0 à 5 : Hors-texte, contre-sens grave.
- de 6 à 9 : Compréhension correcte du texte et repérage des articulations mais tendance à la paraphrase.
- de 10 à 13 : Analyse philosophique des concepts et exposé correct des enjeux.
- éléments de survalorisation : culture philosophique, capacité de resituer le texte dans la « tradition philosophique » et dans une réflexion personnelle pertinente.

Ce qui a le don d’énerver le correcteur

- Les platitudes et accumulations de banalités
- Les discours militants et moralisateurs
- Les pots-pourris de citations
- Les références philosophiques allusives
- Les corrigés de bac appris par cœur et recrachés

Corrigé gratuit dissertation de philo : Science et Vérité

Mardi 11 mai 2010

Voici un corrigé de philosophie gratuit, écrit par notre professeur Damien Theillier.

Ce n’est pas exactement le format d’une dissertation de philo : les idées principales sont énumérées, les titres des parties sont apparents, mais c’est tout le corps, la chair de la dissertation idéale sur ce sujet. Ce corrigé gratuit de philo vient avec les remarques d’Augustin Celier, pour clarifier certains passages complexes de la dissertation de philo dans une approche élève à élève.



N’y a-t-il de vérité qu’en science ?


Sujets apparentés
- Les sciences satisfont-elles notre désir de vérité ?
- Ne doit-on tenir pour vrai que ce qui est scientifiquement prouvé ?

Problématique
L’analyse du sujet doit nous conduire à repérer d’emblée quelques orientations.
- D’abord la question présuppose qu’il y a une vérité en science. Quelle est sa nature ? Le concept de vérité indique traditionnellement un rapport de conformité entre la pensée et la réalité. Or la science recherche une connaissance rationnelle et objective de cette réalité. Elle prend donc comme critère de vérité la vérification expérimentale et utilise pour cela la mesure mathématique, source de rationalité.

Autrement dit, si la science prétend à une vérité, c’est une vérité établie au travers de la vérification face à l’expérience, en utilisant les mathématiques. Cette vérité scientifique est censée correspondre à la réalité.

- Ensuite, le “ne…que” suggère l’hypothèse d’une vérité autre que scientifique contre la prétention de la science à détenir seule la vérité. On peut penser par exemple à la philosophie, à la morale ou à la religion. Mais peut-on accéder à une quelconque certitude ou objectivité dans ces domaines ? Y a-t-il une vérité de l’intuition ou de l’affectivité ? La difficulté sera ici de faire droit à des vérités non-scientifiques sans pour autant renoncer à l’idéal de rationalité qui constitue l’idée de vérité.

Seule la science peut-elle donner la vérité ? Le problème, c’est que la sortie de la rationalité n’est pas possible en philosophie : une vérité non-scientifique doit rester rationnelle

- Nous sommes donc enfin en mesure de reformuler le problème. La science est forte de ses succès mais en revendiquant le monopole de la vérité, ne devient-elle pas totalitaire ? Par ailleurs quel statut accorder au savoir immédiat et à la croyance ? Y a-t-il aussi une vérité de la conscience et à quelles conditions ?

Avec cette problématique, Damien Theillier peut élaborer trois parties qui forment le cheminement de la dissertation de philosophie : 1. Oui, il n’y a de vérité qu’en science, c’est le positivisme ; 2. Non, la science n’est même pas entièrement capable de donner la vérité (Popper, des vérités relatives, réfutables, à remettre en cause; et Bergson et l’intuition) ; 3. La science n’est pas seule dans l’élaboration de vérités, le savoir immédiat issu de la conscience couplé à la raison peut former d’autres vérités, philosophiques.


Scientisme et positivisme
Il n’y a de science que du mesurable” affirmait Galilée au XVIIème siècle, permettant ainsi une connaissance rigoureuse des faits empiriques. En substituant la méthode expérimentale aux approximations de la perception sensible, la science pouvait accéder désormais à la vérité c’est-à-dire à une connaissance certaine et objective de la réalité. Depuis, les progrès incontestables de la science ainsi que ses formidables applications techniques dans les domaines de l’industrie et de la médecine accréditent encore l’idée qu’il n’y a d’autre vérité que la vérité scientifique.
C’est ainsi qu’au XIXème siècle s’est développé le scientisme, qui identifie le vrai avec ce qui est scientifiquement prouvé. Auguste Comte, fondateur du positivisme, se rattache à ce courant de pensée. En effet, sa loi des trois états (Cours de philosphie positive) relègue l’état théologique et l’état métaphysique aux âges de l’enfance et de l’adolescence de la pensée. Les croyances en Dieu ou en l’âme lui apparaissent comme des fictions de l’imagination. L’état positif est l’état de l’esprit qui a renoncé à ces fictions pour s’attacher aux lois de la nature, c’est l’âge adulte de la pensée, l’âge de la science moderne. Le positivisme c’est donc la philosophie qui identifie la vérité avec les faits observables (c’est le sens du mot positif) et qui récuse toute autre forme de vérité.
Cependant l’épistémologie contemporaine a beaucoup remis en cause les certitudes quelques peu naïves du siècle passé en mettant l’accent sur la fragilité des vérités scientifiques.

Critique des prétentions totalitaires de la science
L’épistémologie nous montre que les théories scientifiques, loin de nous livrer la réalité en son essence, sont des constructions de l’esprit à l’aide d’abstractions mathématiques. Elles ne peuvent tout au plus fournir que des conjectures et non des vérités définitives. Ainsi Karl Popper a montré qu’une théorie ne peut jamais être totalement vérifiée car une nouvelle expérience est toujours susceptible de contredire la précédente. Par contre une seule expérience suffit pour réfuter définitivement une théorie. Les vérités scientifiques ne sont donc que des erreurs en sursis, elles ont une durée de vie limitée et il faut en finir avec l’illusion d’une suprématie de la science sur toute autre forme de savoir.
C’est aussi ce que montre Bergson à propos du temps dans son Essai sur les données immédiates de la conscience. La science traite ce dernier en termes de succession d’instants fixes et immobiles comme des points sur une ligne, de façon à pouvoir le mesurer. Mais l’essence du temps, nous dit Bergson, c’est de passer, de durer, de se dérouler dans une continuité indivisible. Or la science, en réduisant le temps à des instants mathématiques qui ne durent pas et sont juxtaposés les uns aux autres, est incapable de saisir la véritable réalité du temps. Pire, elle dénature le temps en le spatialisant. Dès lors se trouve réhabilitée une autre forme de savoir que la science, capable d’appréhender la durée mais aussi la réalité de l’esprit comme celle de la liberté, que Bergson nomme l’intuition et qui correspond à l’expérience intérieure et immédiate de la conscience.

Réhabilitation des vérités de la conscience
Descartes nous a appris dans son Discours de la Méthode à considérer le cogito comme une vérité certaine et indubitable. Il s’agit bien d’une vérité que chacun peut éprouver au moyen du doute méthodique mais il s’agit d’une vérité métaphysique, qui relève de l’intuition et finalement du vécu de la conscience. A la suite de Descartes, le courant de la phénoménologie au XXème siècle, s’est employé à réhabiliter ce vécu. Merleau-Ponty fait ainsi remarquer que toute science présuppose, bien qu’elle l’occulte, un tel vécu: “Tout l’univers de la science est construit sur le monde vécu et si nous voulons penser la science elle-même avec rigueur, en apprécier exactement le sens et la portée, il nous faut réveiller d’abord cette expérience du monde dont elle est l’expression seconde.” (Avant-propos de la Phénoménologie de la perception) Au fond il nous rappelle que le savant est d’abord un homme et que celui-ci ne peut faire de la géographie ou de l’astronomie que parce qu’il sait déjà ce qu’est une forêt, une rivière ou une étoile. Ce savoir immédiat qui forme la base des vérités scientifiques peut aussi fonder un certain nombre de vérités philosophiques sur l’homme, le monde ou Dieu pourvu que ces vérités soient contrôlées par le raisonnement et ne prétendent jamais être définitives ou absolues.

Damien Theillier.

Notion de Philo, n2 : la perception

Mercredi 5 mai 2010

La perception est maintenant en ligne !
Retrouvez rapidement toutes nos notions de philo !

Notions de Philo

Lundi 3 mai 2010
Nous avons décidé de réviser notre récapitulatif des notions de philo, pour le bac de philo : nous allons mettre progressivement en ligne (gratuitement) ces notions de philo, jusqu’aux révisions finales du Bac de philo 2010.
Le récapitulatif augmenté viendra ensuite s’intégrer dans notre Cours de Philosophie, lors de sa nouvelle édition.

Ceux qui ont déjà le produit pourront consulter le site, ceux qui achèteront la nouvelle édition à paraître auront directement le récapitulatif augmenté.

Attention, ce sont des cours de philo synthèse du chemin parcouru lors du Cours de Philosophie, et non des cours de notion à part entière, décousus, contraires à notre vision de la philo ! Ce n’est là que pour faciliter vos révisions en terminale du bac de philo.

Tout est ici : Notions de Philosophie.

Bac STG : les sujets de philosophie 2010 – Pondichéry

Samedi 24 avril 2010
Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.
Sujet 1 : La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?

Sujet 2 : L’expérience est-elle source de vérité?

Sujet 3 :
Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.
Ce qui est complètement insensé, c’est de considérer comme étant ({ juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples, ou même, les lois (en admettant qu’il en soit !) portées par des tyrans. Si les Trente d’Athènes* avaient eu la volonté d’imposer des lois ou si leurs lois tyranniques avaient plu au peuple athénien tout entier, serait-ce une raison pour les considérer comme « justes» ? A aucun titre, je crois, – pas plus que cette loi que porta chez nous un interroi** donnant à un dictateur le pouvoir de tuer nominativement et sans procès celui des citoyens qu’il voudrait. Il n’y a en effet qu’un droit unique, qui astreint la société humaine et que fonde une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et dans ce qu’elle défend. Qui ignore cette loi est injuste, qu’elle soit écrite quelque part ou non.
Mais si la justice n’est que la soumission à des lois écrites et aux institutions des peuples, et si [ ... ] tout se doit mesurer à l’intérêt, celui qui pensera avoir intérêt à mépriser et violer ces lois le fera, s’il le peut. Il en résulte qu’il n’y a absolument plus de justice, si celle-ci n’est pas fondée sur la nature, et si la justice établie en vue de l’intérêt est déracinée par un autre intérêt.

CICERON

* les Trente d’Athènes: les « Trente Tyrans », gouvernement imposé par Sparte à la suite de sa victoire sur Athènes (404 avant J.-C.).

** interroi: chef exerçant le pouvoir entre deux règnes. Allusion à un épisode de l’histoire romaine.

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2. a) En vous appuyant sur les exemples du texte, montrez pourquoi il serait insensé « de considérer comme étant « juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples ».
b) Expliquez: « une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et
dans ce qu’elle défend )}.
c) Expliquez: « si [ ... ] tout se doit mesurer à l’intérêt, [ ... ] il n’y a absolument plus de justice ».
3. La justice est-elle fondée sur la raison?

Bac S : les sujets de philosophie 2010 – Pondichéry

Samedi 24 avril 2010
Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

1er SUJET
Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi?

2e SUJIET
La politique est-elle l’affaire de tous?

3e SUJET
Expliquez le texte suivant:
Un credo religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande; les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité « technique », qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité « technique » est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La « connaissance » cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.

RUSSELL, Science et religion.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise.  » faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Bac ES : les sujets de philosophie 2010 – Pondichéry

Samedi 24 avril 2010
Bac ES 2010 : sujets de Pondichéry

Sujet 1: Y a-t-il des vérités définitives ?

Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :

“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine1, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit: Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter: Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”
KANT, Critique de la raison pratique.

Comment réviser le bac de philo 2010 ?

Jeudi 8 avril 2010

Ca y est, vous avez un Bac blanc de Philo. Un devoir. Une dissertation de philo à rendre, ou même bientôt le (glups) vrai bac de philo.
Comment je révise cela ? Je fais quoi, moi qui n’ai rien suivi en philo de l’année, qui ne comprend toujours pas pourquoi cette matière – qui est une blague – figure aux épreuves obligatoires du bac ?



On commence par se détromper :

1. La philo n’est pas une blague, mais quelque chose d’intéressant, auquel vous repenserez tout le temps et qui vous servira toute votre vie si vous rentrez dedans.

2. La philo est facile. C’est simple de rentrer dedans et d’apprécier la philosophie. Si, si. Ce n’est pas la philo qui est difficile, mais la façon dont le programme de terminale et du bac de philo est construit, et donc la façon dont la philosophie en terminale est souvent enseignée (voire l’article de Damien Theillier : l’impasse de la philo au bac).

3. Un peu de travail en philo, et toutes les portes s’ouvriront, le bac de philo se transformera en une bonne note et une expérience agréable.



Ensuite, on s’organise.

Pour réussir en philo, il vous faut deux éléments fondamentaux :
- une excellente méthodologie
- une très bonne vue d’ensemble des auteurs et de leur philosophie (et non pas des notions).

Evidemment, notre meilleur conseil pour réussir au bac de philo est d’utiliser notre Cours de Philosophie, mais ce n’est pas le sujet du jour. Si vous travaillez avec lui, il suffit de regarder toutes les vidéos, et réviser rapidement avec le manuel de philosophie et avec les powerpoints, de bosser un peu sa méthodologie de philo, et l’affaire est dans le sac. Ce Cours de Philosophie, fondé sur une approche chronologique et un format multimédia, est l’avenir de la philo en terminale et au bac.

Sinon, reprenez les fiches de philo que nous vous avons poussé à écrire lors du précédent article (fiches de révision en philo).

1. Reprenez tout cela, et dans vos révisions, focalisez vous sur les auteurs, leurs théories, comment elles se répondent, et comment vous pouvez les articuler entre elles. Comment cette théorie s’oppose à celle-ci, cette notion est totalement mêlée avec celle-ci, comment la compréhension du problème n’a rien à voir si l’on se situe dans l’Antiquité ou la Modernité (ex, la liberté), comment tout se rejoint et tout s’oppose. Il faut que, une fois de plus, vous ayez des révisions actives, et que vous vous focalisiez sur les théories que vous avez apprises, les auteurs, et leurs interactions, plutôt que sur les notions ou les théories vues uniquement sous l’angle d’une notion.

Exemple simple : vous ne devez pas étudier la théorie du cogito ergo sum de Descartes à travers la notion de conscience, et ne la voir que comme cela : il faut que vous étudiez cette théorie en elle même, sa révolution de la philosophie de l’objet à la philosophie du sujet, du doute catégorique au doute méthodologique, etc. Vous ne pouvez pas comprendre les théories des auteurs, qui sont la chair de tout devoir de philosophie au bac de philo, uniquement sous le prisme limité et stérile d’une « notion ».


2. Travaillez votre méthodologie en philosophie. Vous pourrez suivre nos conseils de méthodologie sur la dissertation en philosophie ou le commentaire de texte de philo, dès qu’ils seront disponibles en vidéo sur notre blog. De manière générale, vous devez saisir deux choses capitales :

- la dissertation doit être un corps logique, un raisonnement unique, partant d’un point A (votre première thèse, la première partie) allant à un point C (la fin de votre troisième thèse, votre troisième partie) en étant passé par un point B (la seconde thèse, seconde partie de votre devoir de philo). Ce doit être une suite logique, un raisonnement qui coule de source.

- un commentaire de philo explique le texte, il remplit les blancs : il ne le répète pas, mais vient expliquer au lecteur tout ce qui est sous-entendu dans le texte par l’auteur, tout ce qui est dit mais qui n’est pas marqué.

Nous ne cesserons de poster des supports sur ce blog pour vous aider au bac de philo 2010, suivez nous et nous vous aiderons !

Bon courage !


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Comment faire des fiches de révision de philo ?

Lundi 5 avril 2010
Fiches de Philo

Notre dernier « Comment…? », la méthodologie en Philosophie, portait sur les fiches de lecture de philo, après avoir traité la lecture en philo. Nous abordons aujourd’hui les fiches de révision en philo. Comment faire une fiche efficace, claire, utile ? Comment en choisir les éléments ? Déterminer ce qui est essentiel / superflu ? Comment aller au cœur des idées ? Comment apprendre à structurer ainsi sa pensée ?



Quelques points indispensables à saisir en travaillant pour le Bac de Philo :

1. Tout travail en philo en terminale doit être actif et jamais passif.
Je ne dois jamais rien apprendre par cœur, cela ne sert strictement à rien (à part les citations). Relisez cette phrase qui vous semble peut-être hallucinante, elle est capitale.
Certains élèves ont des habitudes étranges : ils recopient leur cours de philosophie sur une fiche, soulignent un peu ou beaucoup, mettent de la couleur, et apprennent par cœur. Malheureusement, une dissertation n’est pas une récitation, un commentaire non plus. D’autres vont consulter des annales et des corrigés, et vont se mettre des plans, des introductions et des phrases type de philo en tête. Malheureusement, un sujet de philo est parfaitement unique, deux sujets qui se ressemblent ne sont jamais les mêmes. La probabilité de tomber sur un extrait de texte déjà étudié, est quant à elle, infiniment petite.
Autrement dit, ce mode de travail de la philo est exactement ce que nous cherchons à éviter à tout prix.

Il faut tout le temps réfléchir, et ne pas subir son cours de philo comme un robot passif, qui va l’ingérer, le recopier, l’apprendre par cœur, le réciter. Si vous souhaitez réussir au bac de philo (et c’est nettement plus simple qu’on ne le croit), il faut penser. Sortir du cycle tout beau des fiches colorées, se faire violence, et réfléchir, se poser des questions. Y prendre goût. Si, si, c’est possible (et c’est facile) de prendre goût à la philosophie en terminale.

2. Une fiche de philo doit donc être :

- Beaucoup plus courte que le cours de philo qui lui correspond (sans pour autant utiliser des monceaux d’abbréviations ou du langage sms)
- Sans reprendre les phrases du cours de philo
- C’est à dire, synthétique et explicative
- Comporter des schémas, des tableaux
- Comporter des éléments issus de votre réflexion personnelle
- Mettre immédiatement en évidence l’essentiel



Evidemment, si vous utilisez notre Cours de Philosophie, vous ne devriez pas avoir à faire de fiche de philo pour le bac : grâce au dvd, vous retenez, vous pouvez regarder de nouveau ou relire les cours correspondants, et vos fiches sont les powerpoints. Il suffit de les relire pour se remettre en tête le cours étudié : chercher pour chaque point sur le powerpoint à se souvenir du manuel ou de ce qui est dit dans le dvd ; se remémorer, y réfléchir, mettre en liaison, et réviser activement.


Sinon, voici la démarche pour faire des fiches de révision de philo:

1. Identifiez l’essentiel. Vous avez votre cours de philo entre les mains : lisez-le, arrêtez-vous à chaque fois que ce n’est pas clair, relisez, et ainsi jusqu’à ce que tout le chapitre vous apparaisse très clairement. Oui, cela demande de la concentration, et un peu de temps (se concentrer = éteindre toute source de bruit, s’isoler, ne pas être sur facebook ou twitter, mettre son portable en silencieux à l’autre bout de la pièce).
Une fois qu’il est bien clair, reprenez – dans votre tête ou à voix haute – les mouvements principaux du cours de philo : ne récitez pas mais expliquez. Expliquez-vous à vous même le cours. En quelques mots ; puis recommencez, à chaque fois en supprimant des phrases, en ne disant que ce qui est essentiel pour comprendre, en supprimant encore et encore pour ne conserver que l’idée de base.
En philosophie, il y a toujours une idée de base, essentielle, et un nuage autour. Vous devez répéter le raisonnement et tailler ce nuage petit à petit ; à chaque fois que vous énoncez une idée, demandez-vous quelles sont les phrases, parties de phrase, mots, que l’on peut retirer, tout en gardant le sens de l’idée. Quand vous ne pouvez plus rien enlever, quand il vous reste une, deux, trois phrases ou un mot, vous avez identifié l’essentiel.

2. Articulez l’essentiel. Lorsque vous avez identifié toutes les idées et raisonnements de base, vous devez coucher cette sublime synthèse de manière claire sur le papier. Votre fiche doit mettre en évidence d’un seul coup l’intégralité et la cohérence du raisonnement philosophique.
La philo, c’est simple : votre fiche doit être simple. Quelques points qui se succèdent, des flèches qui indiquent le sens du raisonnement ou la causalité, un schéma récapitulatif ou un tableau : voilà les éléments que vous devez atteindre.

3. Notez les citations. En fin de fiche, lorsque vous avez expliqué en quelques mots, avec vos expressions et schémas, le raisonnement, vous devez noter les deux, trois citations du cours de philo. Mettez les en-dessous, et apprenez les par cœur. Il doit sembler évident que ces citations expriment l’idée expliquée au-dessus.

Notre prochain « Comment…? », la méthodologie en Philosophie, portera logiquement sur les révisions pour le bac de philo. D’ici là, bon courage !

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