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Préparer SciencesPo

Lundi 25 janvier 2010

« Candidats à la première année de l’IEP de Paris, il est grand temps de préparer le concours, programmé dorénavant fin juin. Pour faciliter vos révisions, voici les lectures à privilégier. »

L’étudiant.fr a publié un court article conseillant 8 livres pour préparer le concours Sciences Po (ici), en citant principalement des ouvrages pour l’histoire et la culture générale.

Concernant l’Histoire, nous avons les deux éternels classiques : le Bernstein & Milza, et le René Raymond. Ils sont parfaitement complémentaires, et sans doute suffisants pour préparer le concours Sciences Po. Le Bernstein est une banque de données : il sert à sélectionner des données importantes, connaître tous les faits, et réaliser une chronologie avec toutes les dates importantes. Une fois les faits maitrisés et la chronologie réalisée si ce n’est apprise, le René Raymond fournit une série d’analyses pertinentes et fines du siècle, sur lesquelles il est bon de se pencher, et de méditer afin de pouvoir fournir soit même ses analyses ensuite lors du concours Sciences Po.

Concernant la Culture Générale, le plus important des trois ouvrages cités pour préparer Sciences Po est selon nous le Cobast. A nouveau, c’est le sempiternel manuel pour l’épreuve du concours. Toutefois, l’article de L’étudiant.fr oublie le plus important : lire les auteurs. Plusieurs ouvrages sont phares et une fois la méthodologie comprise, aident bien plus l’élève que les manuels afin d’être prêt à affronter le concours Sciences Po :

- Le savant et le politique de Max Weber est un incontournable Sciences Po, il vous aidera pour son introduction à la modernité (le désenchantement du monde) et pour sa réflexion sur la séparation entre sphère scientifique et politique.

- Qu’est-ce qu’une nation ? d’Ernest Renan est aussi un incontournable absolu Sciences Po – et il a l’avantage d’être très court. Il est donc indispensable et vous aidera en toutes occasions : c’est un des meilleurs rapport rapidité de lecture / utilité pour Sciences Po.

- Alexis de Tocqueville, Textes essentiels, Anthologie critique de J-L Benoît. Ce recueil des textes les plus importants d’Alexis de Tocqueville vous aidera amplement pour le concours. A nouveau, ce sont des thèmes Sciences Po qui y sont développés (tradition – modernité, révolution politique, démocratie, etc). Son format court, allant directement à l’essentiel, accompagné de brefs commentaires expliquant les axes, vous sera d’un grand soutien pour optimiser votre préparation du concours.

- La crise de la culture d’Hannah Arendt, sans doute un peu plus difficile que le reste, introduisant des concepts difficiles et détruisant des concepts déjà vu, réfléchissant en profondeur sur la relativité des opinions, est pourtant un des ouvrages qui vous aidera le plus pour préparer Sciences Po. Il vous aidera à comprendre encore mieux la transition de la pensée entre tradition et modernité, et donc de saisir dans quel environnement se situe la réflexion aujourd’hui.

Ainsi, nous vous confirmons de nouveau qu’avec notre Cours de Philosophie reprenant l’intégralité des auteurs et du cheminement de la pensée pour le bac de philo, éventuellement couplée au Cobast, mais surtout couplée aux quatre ouvrages cités ci-dessus et à une fine compréhension de la méthodologie, l’épreuve de Culture Générale pour Sciences Po se révélera être un jeu d’enfant.

Tout savoir sur le nouveau concours Sciences Po

Lundi 26 octobre 2009


Nouveau concours Sciences Po : ne dépensez plus 1400 euros pour une prépa d’été, mais 59,90 pour notre Cours de Philo.


- Tout d’abord, la date du concours est avancée à la semaine suivant les épreuves écrites du Bac en fin de Terminale, soit la dernière semaine de juin.

La décision d’admission sera, elle, communiquée fin Juillet.

Cela change fondamentalement la préparation du concours Sciences Po : il n’est plus possible de faire une préparation d’été, il faut préparer le concours tout au long de l’année. Il faut donc au même moment préparer le Bac et le concours Sciences Po, alors que ce sont deux épreuves très différentes.

Autrement dit, pour l’exemple de la philo, on ne peut plus se contenter de suivre le programme de philosophie par notion pour le bac de philo puis attaquer les auteurs pendant l’été.
Il faut immédiatement acquérir une puissante culture générale, pour ne pas être coulé pendant les révisions mélangées.

C’est aussi en cela que l’acquisition de notre Cours de Philosophie, d’une puissante polyvalence, peut s’avérer décisive ! Notre cours de philo, grâce à son approche historique par auteurs et son supplément de culture générale, est sans doute le meilleur compromis pour préparer à la fois le bac et Sciences Po pendant l’année. L’intégralité des notions du Bac de philo y sont traitées, et ce à travers tous les auteurs indispensables pour le concours de Sciences Po !

- Rappelons pour tous l’intégralité des modalités mises à jour du concours Sciences Po :
Une moyenne de 12/20 donne lieu à une admission directe.
Une moyenne entre 10 et 12/20 peut donner lieu à une convocation pour un entretien de 30 min (nouveau).
Une moyenne inférieure à 10 donne lieu à un refus direct d’admission.

La procédure d’admission par mention très bien est conservée (avec éventuel oral d’admission aussi), mais ses résultats seront maintenant donnés après les épreuves du concours, vu que celui ci a lieu juste après le bac. Cela veut dire que tous ont intérêt à passer le concours Sciences Po et ne peuvent plus parier uniquement sur leur mention.

Les épreuves de culture générale, langue, et Histoire sont conservées, en revanche, l’épreuve sur documents est modifiée. Il s’agira à présent d’un sujet à option, entre :
-un sujet de littérature
-un sujet de mathématiques appliquées aux sciences sociales
-un sujet sur documents et tableaux statistiques

Vous savez à présent tout, commencez à penser à votre préparation et consultez le sommaire intégral de notre cours de philosophie pour voir son exhaustivité !

Sujets IEP Paris

Mercredi 9 septembre 2009

2009


Au choix :

1° Qu’est-ce qu’un esprit juste?

2° Texte de Bachelard sur l’obstacle épistémologique


2008


1° La science répond-elle au désir de savoir ?

2° Commentez le texte suivant :


On doit nommer les faux amis de la raison les déments qui veulent que la raison procède par les voies de la déraison.

La raison ne procède pas par la voie de l’autorité. Comme elle n’admet de celui qui enseigne aucune intimidation, chantage ni menace, comme elle ne reçoit aucun exercice de force, aucun excès de pouvoir, aucun pouvoir, commandement, abus ni coup d’Etat, elle ne suppose de celui qui est enseigné aucune lâcheté. C’est donc trahir la raison, c’est faire déraisonner la raison que de vouloir assurer le triomphe de la raison par les moyens de l’autorité.

La raison ne procède pas de l’autorité gouvernementale. C’est donc trahir la raison que de vouloir assurer le triomphe de la raison par des moyens gouvernementaux. C’est manquer à la raison que de vouloir établir un gouvernement de la raison. Il ne peut y avoir, il ne doit y avoir ni ministère, ni préfecture, ni sous-préfecture de la raison, ni consulat, ni proconsulat de la raison. La raison ne peut pas, la raison ne doit pas commander au nom d’un gouvernement. Faire ou laisser opérer par un préfet des perquisitions dans la chambre d’une institutrice, quand même le préfet serait un préfet républicain, quand même l’institutrice ne serait pas une institutrice républicaine, ce n’est pas attenter à la liberté seulement, c’est attenter à la raison. La raison ne demande pas, la raison ne veut pas, la raison n’accepte pas qu’on la défende ou qu’on la soutienne ou qu’on agisse en son nom par les moyens de l’autorité gouvernementale. En aucun sens la raison n’est la raison d’Etat. Toute raison d’Etat est une usurpation déloyale de l’autorité sur la raison, une contrefaçon, une malfaçon.

Charles PEGUY, De la raison in Notre jeunesse Folio/ Essais


2007


1° Prendre la parole est-ce prendre le pouvoir ?

2° Commentez le texte suivant :


Le premier stade de l’émergence du sentiment de l’injustice au-dessus de la vengeance coïncide avec le sentiment d’indignation, lequel trouve son expression la moins sophistiquée dans le simple cri : c’est injuste ! Il n’est pas difficile de rappeler les situations typiques préservées par nos souvenirs d’enfance, lorsque nous avons émis ce cri distribution inégale de parts entre frères et sueurs, imposition de punitions (ou de récompenses) disproportionnées et, peut-être plus que tout, promesses non tenues. Or ces situations typiques anticipent la répartition de base entre justice sociale, justice pénale, justice civile régissant échanges, accords et traités.

Que manque-t-il à ces accès d’indignation pour satisfaire à l’exigence morale d’un véritable sens de la justice ? Essentiellement, l’établissement d’une distance entre les protagonistes du jeu social – distance entre le tort allégué et la représaille hâtive -, distance entre l’imposition d’une première souffrance par l’offenseur et celle d’une souffrance supplémentaire appliquée par la punition. Plus fondamentalement, ce qui manque à l’indignation c’est une claire rupture du lien initial entre vengeance et justice. De fait, c’est cette même distance qui faisait déjà défaut à la prétention des avocats de représailles immédiates à exercer directement la justice. Personne n’est autorisé à se faire justice soi-même ; ainsi parle la règle de justice. Or c’est au bénéfice d’une telle distance qu’un tiers, une tierce partie, est requise entre l’offenseur et sa victime, entre crime et châtiment. Un tiers comme garant de la juste distance entre deux actions et deux agents.

Paul Ricoeur