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Thème au programme des Prépas scientifiques 2012 : La justice

Lundi 6 juin 2011

Le thème de Culture Générale des Prépas Scientifiques 2012 est tombé : La Justice.
Nous présentons ici un premier aperçu des lectures et éléments importants pour commencer à le préparer.

S’appuyant sur les trois œuvres suivantes :

1) Pensées (Blaise Pascal), texte établi par Louis Lafuma. Liasse II (Vanité, de 13 à 52), Liasse III (Misère, de 53 à 76) Liasse V (Raison des effets, de 80 à 104), Liasse VI (Grandeur, de 105 à 118) ; Liasse VII (Contrariétés, de 125 à 130) Liasse X (Le souverain Bien, de 147 à 148) Liasse XIII (Soumission et usage de la raison, de 170 à 174) ; Liasse XV : 199 – Série XXIII (518,520, 525 à 533, 540)- Série XXIV (597 et 617) – Série XXV (645 et 665) – Trois discours sur la condition des grands.

2) Les Choéphores et Les Euménides (Eschyle), traduction et présentation de Daniel Loayza ; Edition GF

3) Les raisins de la colère (J. Steinbeck), traduction M. Duhamel et M.E Cointreau ; Ed Folio.

Les théories de la justice : une introduction : Libéraux, utilitaristes, libertariens, marxistes, communautariens, féministes [Poche]



Etude de Pascal, Pensées sur la justice
Les pensées de Pascal au programme, selon la numérotation de l’édition Brunschvicg, sont les suivantes :
40, 57, 66, 67, 69, 71-73, 79, 80, 82, 83, 85, 92, 93,
105, 110, 111-113, 115-117, 127, 132-134, 136, 141, 149, 151, 156, 158, 161, 163-165, 172, 174, 177, 181, 185,
205, 207, 268, 270, 271, 273, 274, 282, 292-299,
302, 305, 307-309, 311-313, 315-318, 320, 322, 324-332, 334-339, 339 bis, 342-344, 348, 349, 354, 361, 366, 367, 373-376, 378-381, 388, 389, 392, 396-398,
402, 403, 405, 408-410, 415, 420, 425, 429, 436, 454, 455, 467, 492,
536,
696, 759, 878, 879, 955.

Lecture complémentaire : André Comte-Sponville, préface de Pensées sur la politique, textes choisis et présentés. Rivages poche/Petite bibliothèque.
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Etude du thème :
Will Kymlicka, les théories de la justice
Élisabeth Clément, La justice, Textes expliqués, sujets analysés, glossaire. Collection dirigée par Laurence Hansen-Løve, avril 2011. Édition électronique téléchargeable.

Justice et charité
Justice et Charité sur Philo pour tous
Charité sur Philo pour tous


Collection GF-corpus sur le thème de La Justice, textes choisis et présentés par Magali Bessone :
Sur Amazon
LES FONDEMENTS DE LA JUSTICE
Platon : Favoriser les plus favorisés, voilà en quoi consiste la justice
Platon : L’anneau de Gygès
Saint Augustin : La justice terrestre prend sa source dans la loi éternelle
LES FINS DE LA JUSTICE
Platon : La justice comme harmonie de l’âme et de la cité
Aristote : La fin de la Cité juste, la vie heureuse
Hobbes : La fin du droit naturel : la conservation
RENDRE JUSTICE OU RENDRE LA JUSTICE
Aristote : Justice distributive et justice corrective
Montesquieu : L’exercice de la justice exige des tribunaux particuliers et des lois complexes
Hegel : Crime et châtiment

A suivre…

Une vue de Descartes

Dimanche 23 janvier 2011

Nous avons décidé de publier quelques extraits relativement inédits ou très difficilement trouvables sur le web, pour vous permettre d’aller plus loin après l’apprentissage de la philosophie avec notre manuel de philo facile.

Ce seront souvent des extraits d’un niveau légèrement supérieur au Cours de Philosophie lui-même, correspondant plus à notre supplément de culture générale.
Le but est de les lire une ou plusieurs fois, simplement les comprendre et s’en imprégner, et aller plus loin sur son chemin de la sagesse.

Nous vous présentons ici un Hommage à Descartes par Paul Valéry.

« Qu’est-ce donc que je lis dans le Discours de la Méthode?

Ce ne sont pas les principes eux-mêmes qui nous peuvent longtemps retenir. Ce qui attire mon regard, à partir de la charmante narration de sa vie et des circonstances initiales de sa recherche, c’est la présence de lui-même dans ce prélude d’une philosophie. C’est, si l’on veut, l’emploi du Je et du Moi dans un ouvrage de cette espèce, et le son de sa voix humaine; et c’est cela, peut-être, qui s’oppose le plus nettement à l’architecture scolastique. Le Je et le Moi explicitement évoqués devant nous introduire à des manières de penser d’une entière généralité, voilà mon Descartes.

Empruntant un mot à Stendhal, qui l’a introduit dans notre langue, et le détournant un peu pour mon usage, je dirai que la vraie Méthode de Descartes devrait se nommer l’égotisme, le développement de la conscience pour les fins de la connaissance.
Je trouve alors sans difficulté que l’essentiel du Discours n’est que la peinture des conditions et des conséquences d’un événement, qui débarrasse ce Moi de toutes les difficultés et de toutes les obsessions ou notions parasites pour lui, dont il est grevé sans les avoir désirées ni trouvées en lui-même.

Comme je l’ai dit plus haut, le Cogito fait l’effet d’un appel sonné par Descartes à ses puissances égotistes. Il le répète comme le thème de son Moi, le réveil sonné à l’orgueil et au courage de l’esprit. C’est là qu’en réside le charme, – au sens magique de ce terme, – de cette formule tant commentée, quand il suffirait, je crois, de la ressentir. Au son de ces mots, les entités s’évanouissent; la volonté de puissance envahit son homme, redresse le héros, lui rappelle sa mission toute personnelle, sa fatalité propre; et même sa différence, son injustice individuelle; — car il est possible, après tout, que l’être destiné à la grandeur doive se rendu sourd, aveugle, insensible à tout ce qui, même vérités, même réalités, traverserait son impulsion, son destin, sa voie de croissance, sa lumière, sa ligne d’univers.

Et, enfin, si le sentiment du Moi prend cette conscience et cette maîtrise centrale de nos pouvoirs, s’il se fait délibérément système de référence du monde, foyer de réformes créatrices qu’il oppose à l’incohérence à la multiplicité, à la complexité de ce monde aussi bien qu’à l’insuffisance des explications reçues, il se sent alimenté soi-même par une sensation inexprimable, devant laquelle les moyens du langage expirent, les similitudes ne valent plus, la volonté de connaître qui s’y dirige, s’y absorbe et ne revient plus vers son origine, car il n’y a plus d’objet qui la réfléchisse. Ce n’est plus de la pensée…

En somme, le désir véritable de Descartes ne pouvait être que de porter au plus haut point ce qu’il trouvait en soi de plus fort et de susceptible de généralisation. Il veut sur toute chose exploiter son trésor de désir et de vigueur intellectuelle, et il ne peut pas vouloir autre chose. C’est là le principe contre lequel les textes mêmes ne prévalent point. C’est le point stratégique, la clé de la position cartésienne. Ce grand capitaine de l’esprit trouve sur son chemin des obstacles de deux espèces. Les uns sont des problèmes naturels qui s’offrent à tout homme qui vient en ce monde : les phénomènes, l’univers physique, les êtres vivants. Mais il y a d’autres problèmes, qui sont bizarrement et comme arbitrairement enchevêtrés avec les premiers, qui sont ces problèmes qu’il n’eût pas imaginés, et qui lui viennent des enseignements, des livres, des traditions reçues. Enfin, il y a les convenances, les considérations, les empêchements, sinon les dangers, d’ordre pratique et social.

Contre tous ces problèmes et ces obstacles, le Moi, et à l’appui de ce Moi, telles facultés. L’une d’elles a fait ses preuves : on peut compter sur elle, sur ses procédés infaillibles quand on sait en user, sur l’impérieuse obligation qu’elle impose de tout mettre au clair, et de rejeter ce qui ne se résout pas en opérations bien séparées : c’est la mathématique.
Et maintenant l’action peut s’engager. Un discours, qui est d’un chef la précède et l’annonce. Et la bataille se dessine.
De quoi s’agit-il? Et quel est l’objectif?
Il s’agit de montrer et démontrer ce que peut un Moi. Que va faire ce Moi de Descartes?
Comme il ne sent point ses limites, il va vouloir tout faire, ou tout refaire. Mais d’abord, table rase. Tout ce qui ne vient pas de Moi, ou n’en serait point venu, tout ceci n’est que paroles.

D’autre part, du côté des problèmes, que j’ai appelés naturels, il développe, dans ce combat pour sa clarté, cette conscience poussée qu’il appelle sa Méthode, et qui a magnifiquement conquis un empire géométrique sans limites.
Il veut l’étendre aux phénomènes les plus divers; il va refaire toute la nature, et le voici qui, pour la rendre rationnelle, déploie une étonnante fécondité d’imagination, Ceci est bien d’un Moi dont la pensée ne veut pas de céder à la variation des phénomènes, à la diversité même des moyens et des formes de la vie…
Je conduirais encore cette sorte d’analyse inventive à me demander ce que serait un Descartes qui naîtrait dans notre époque. Ce n’est qu’un jeu.

Mais quelle table aujourd’hui trouverait-il à faire rase? Et comment s’accommoderait-il d’une science qu’il est devenu impossible d’embrasser, et qui dépend désormais si étroitement d’un matériel immense et constamment accru; une science qui est, en quelque manière à chaque instant, en équilibre mobile avec les moyens qu’elle possède?
Il n’y a point de réponse. Mais il me semble que ces questions ont leur valeur.
L ‘individu devient un problème de notre temps, la hiérarchie des esprits devient une difficulté de notre temps, où il y a comme un crépuscule des demi-dieux, c’est-à-dire de ces hommes disséminés dans la durée et sur la terre, auxquels nous devons l’essentiel de ce nous appelons culture, connaissance et civilisation.

C’est pourquoi j’ai insisté sur la personnalité forte et téméraire du grand Descartes, dont la philosophie, peut-être, a moins de prix pour nous que l’idée qu’il présente d’un magnifique et mémorable Moi ».

Source : Paul Valéry, Variété, Etudes philosophiques, Une vue de Descartes. La Pléiade, T I.

Préparer SciencesPo

Lundi 25 janvier 2010

« Candidats à la première année de l’IEP de Paris, il est grand temps de préparer le concours, programmé dorénavant fin juin. Pour faciliter vos révisions, voici les lectures à privilégier. »

L’étudiant.fr a publié un court article conseillant 8 livres pour préparer le concours Sciences Po (ici), en citant principalement des ouvrages pour l’histoire et la culture générale.

Concernant l’Histoire, nous avons les deux éternels classiques : le Bernstein & Milza, et le René Raymond. Ils sont parfaitement complémentaires, et sans doute suffisants pour préparer le concours Sciences Po. Le Bernstein est une banque de données : il sert à sélectionner des données importantes, connaître tous les faits, et réaliser une chronologie avec toutes les dates importantes. Une fois les faits maitrisés et la chronologie réalisée si ce n’est apprise, le René Raymond fournit une série d’analyses pertinentes et fines du siècle, sur lesquelles il est bon de se pencher, et de méditer afin de pouvoir fournir soit même ses analyses ensuite lors du concours Sciences Po.

Concernant la Culture Générale, le plus important des trois ouvrages cités pour préparer Sciences Po est selon nous le Cobast. A nouveau, c’est le sempiternel manuel pour l’épreuve du concours. Toutefois, l’article de L’étudiant.fr oublie le plus important : lire les auteurs. Plusieurs ouvrages sont phares et une fois la méthodologie comprise, aident bien plus l’élève que les manuels afin d’être prêt à affronter le concours Sciences Po :

- Le savant et le politique de Max Weber est un incontournable Sciences Po, il vous aidera pour son introduction à la modernité (le désenchantement du monde) et pour sa réflexion sur la séparation entre sphère scientifique et politique.

- Qu’est-ce qu’une nation ? d’Ernest Renan est aussi un incontournable absolu Sciences Po – et il a l’avantage d’être très court. Il est donc indispensable et vous aidera en toutes occasions : c’est un des meilleurs rapport rapidité de lecture / utilité pour Sciences Po.

- Alexis de Tocqueville, Textes essentiels, Anthologie critique de J-L Benoît. Ce recueil des textes les plus importants d’Alexis de Tocqueville vous aidera amplement pour le concours. A nouveau, ce sont des thèmes Sciences Po qui y sont développés (tradition – modernité, révolution politique, démocratie, etc). Son format court, allant directement à l’essentiel, accompagné de brefs commentaires expliquant les axes, vous sera d’un grand soutien pour optimiser votre préparation du concours.

- La crise de la culture d’Hannah Arendt, sans doute un peu plus difficile que le reste, introduisant des concepts difficiles et détruisant des concepts déjà vu, réfléchissant en profondeur sur la relativité des opinions, est pourtant un des ouvrages qui vous aidera le plus pour préparer Sciences Po. Il vous aidera à comprendre encore mieux la transition de la pensée entre tradition et modernité, et donc de saisir dans quel environnement se situe la réflexion aujourd’hui.

Ainsi, nous vous confirmons de nouveau qu’avec notre Cours de Philosophie reprenant l’intégralité des auteurs et du cheminement de la pensée pour le bac de philo, éventuellement couplée au Cobast, mais surtout couplée aux quatre ouvrages cités ci-dessus et à une fine compréhension de la méthodologie, l’épreuve de Culture Générale pour Sciences Po se révélera être un jeu d’enfant.