Damien Theillier vous présente ici tous les conseils généraux pour réussir facilement au Bac de Philo.
Ils sont le fruit de sa longue expérience de professeur de philo en terminale, et de corrections de copies.
Lisez-les attentivement, comprenez-les, intégrez-les et reproduisez-les le jour du bac de philo, vous avez déjà gagné plusieurs points à votre copie de philosophie !
L’esprit général de l’épreuve
La philosophie en terminale peut se définir en référence à Socrate comme « art du questionnement« . Il ne faut jamais oublier que la sagesse commence avec cette fameuse formule de Socrate dans l’Apologie : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien. » Cela signifie que l’élève devient philosophe lorsqu’il commence à s’interroger, à s’étonner des choses les plus banales et les plus évidentes. Merleau-Ponty résume la méthode socratique en une phrase : « Ce qui fait le philosophe, c’est le mouvement qui reconduit sans cesse du savoir à l’ignorance, de l’ignorance au savoir. » En clair, toute réponse doit provenir d’une question préalable mais toute réponse doit aussi donner lieu à de nouvelles questions et ainsi de suite…
Les sujets du bac et la notation
1) Les sujets
Ce n’est pas un scoop, chaque année les sujets les plus souvent proposés concernent les thèmes suivants : la liberté, l’Etat, et la justice. Cela ne doit pas vous inciter à faire des impasses car tous les thèmes du programme sont reliés entre eux. Ainsi, on ne peut traiter de l’Etat sans parler du droit, de la justice, de la violence, des échanges ou de l’histoire. De même, on ne peut parler de la liberté sans aborder la question des passions, d’autrui, de la raison, du travail et de la technique, etc.
Cependant, il est possible d’esquisser schématiquement un plan-type pour chacun de ces thèmes. Il faudra veiller à l’adapter en fonction du sujet.
a) La liberté
- opinion commune : la liberté comme absence de contrainte (liberté-indépendance)
- critique de cette opinion : La vie biologique et la vie sociale exigent des lois. (liberté-indépendance = licence)
- sens philosophique de la liberté : l’obéissance à une loi reconnue comme raisonnable (liberté-autonomie)
b) L’Etat
- libéralisme : seul un « Etat-minimal » permet l’épanouissement des libertés individuelles
- socialisme : seul un « Etat-maximal » permet de réduire les inégalités
- Réconcilier liberté et justice suppose un « Etat-modéré », compromis entre la contrainte du pouvoir et l’exercice de la responsabilité individuelle.
c) La justice
- la justice comme convention sociale arbitraire (le droit positif)
- la justice comme loi morale universelle (le droit naturel)
- Il est impératif de référer tout droit positif au droit naturel pour éviter l’arbitraire et le despotisme.
2) Les notes
Nous proposons ici une grille de notation sur la base des consignes données par les inspecteurs
a) La dissertation
- de 0 à 5 : Hors-sujet résultant d’une absence de lecture précise de l’énoncé du sujet. Absence de questionnement philosophique
- de 6 à 9 : Problématisation et éléments d’argumentation mais manque de cohérence dans la pensée.
- de 10 à 13 : Démarche progressive et raisonnée, travail d’analyse des notions. Références précises à des textes philosophiques.
- éléments de survalorisation : culture philosophique bien intégrée et maîtrisée. Maturité dans la réflexion personnelle.
b) L’explication de texte
- de 0 à 5 : Hors-texte, contre-sens grave.
- de 6 à 9 : Compréhension correcte du texte et repérage des articulations mais tendance à la paraphrase.
- de 10 à 13 : Analyse philosophique des concepts et exposé correct des enjeux.
- éléments de survalorisation : culture philosophique, capacité de resituer le texte dans la « tradition philosophique » et dans une réflexion personnelle pertinente.
Ce qui a le don d’énerver le correcteur
- Les platitudes et accumulations de banalités
- Les discours militants et moralisateurs
- Les pots-pourris de citations
- Les références philosophiques allusives
- Les corrigés de bac appris par cœur et recrachés






L’explication de texte philosophique au bac Vendredi 22 avril 2011
Comment réussir un commentaire de texte de philo au Bac ?
Par Damien Theillier
Expliquer ce n’est pas répéter le texte, c’est le clarifier, c’est passer de l’implicite à l’explicite, c’est identifier les difficultés du texte pour les résoudre.
1° Introduction
Il s’agit, dans l’introduction, de présenter le texte. Comme toujours en philosophie, vous devez commencer par énoncer la question philosophique qui commande le texte. Mais l’opération principale consiste à donner la thèse, c’est-à-dire l’idée essentielle du texte ou la réponse de l’auteur à la question. Il faut donc résumer le texte en une ou deux phrases, en donner la « substance ». L’introduction doit aussi comporter le plan du texte.
Conseil : Pour le plan, donnez le numéro des lignes et un titre pour chaque partie. En introduction, ne vous livrez en aucun cas à des considérations générales sur l’auteur ou l’époque. Entrez immédiatement dans le vif du sujet, il faut surtout éviter les formules génériques telles « de tous temps les hommes… » notamment pour l’accroche.
2° Première partie : Analyse
Dans la première partie du devoir, il est demandé de faire une analyse linéaire qui consiste à dégager le sens du texte, la signification des concepts-clé et l’argumentation de l’auteur.
Conseil : Ne vous contentez pas de répéter le texte avec des mots différents. Pour éviter la paraphrase, il faut faire l’hypothèse d’un sens caché au-delà du sens apparent et se donner pour mission de le dévoiler.
3° Seconde partie : Intérêt philosophique et débat.
Dans la seconde partie, il s’agit de discuter de la thèse du texte pour en dégager l’intérêt. Vous devez alors engager un débat afin de justifier sa pertinence ou de la nuancer, en la confrontant à d’autres réponses possibles.
Exemples : Un texte de Rousseau sur la comparaison du langage humain et du langage animal engage des débats très actuels entre philosophes et scientifiques. Pensez aux études de Karl Von Frisch sur le langage des abeilles, pensez aux expériences des Gardner pour apprendre le langage des sourds-muets à la guenon Washoe. Enfin, rappelez-vous aussi que Rousseau a eu des précurseurs sur cette question : Aristote, Descartes…
Concernant la seconde partie d’une explication de texte, il faut toujours avoir en vue d’éclairer le texte par une discussion autour de sa thèse. L’erreur la plus fréquente, c’est de réciter son cours ou de copier des généralités sur le thème du texte. On peut faire des comparaisons avec d’autres auteurs mais il faut toujours les raccrocher au texte.
4° Conclusion
Il s’agit de faire un bilan critique de l’explication et de l’intérêt en insistant sur ce que l’auteur nous a aidé à comprendre.
1° Introduction:
a) Donner le projet de l’auteur. S’agit-il de définir, de distinguer, de démontrer, de réfuter, de répondre, de décrire, …
b) Donner le thème du texte.
c) Formuler la question explicite ou implicite à laquelle le texte répond.
d) Donner la réponse : Quel est la thèse de l’auteur ?
e) Plan linéaire du texte
2° Première partie, explication
Vous devez dans cette première partie :
a) expliquer le sens philosophique des concepts utilisés par l’auteur en fonction du contexte. Un concept prend sens par rapport à d’autres concepts présents dans le texte
b) suivre la logique interne du texte, en vous posant la question de savoir pourquoi, comment, dans quelles mesures et en vue de quoi l’auteur passe-t-il de telle idée à telle autre.
c) analyser chaque idée en vous posant la question de savoir pourquoi, comment et en vue de quoi cette illustration, cette allusion, cette répétition, cette référence, ce commentaire, cet exemple, cet article défini, cette majuscule, ce point d’exclamation …
3° Seconde partie, intérêt philosophique en référence à la problématique
Vous devez dans cette seconde partie débattre de l’intérêt philosophique du texte :
a) Rappeler la problématique
b) Justifier la thèse (soyez l’avocat de l’auteur)
c) pousser à l’extrême cette thèse afin d’en montrer les limites ou les paradoxes
d) mettre en perspective critique la thèse de l’auteur dans la tradition philosophique
e) discuter les présupposés
4° Conclusion
Rappeler brièvement la thèse du texte et montrer ce que ce texte nous a permis de d’apprendre en termes de problématique, d’arguments, de concepts. Insister sur l’originalité de l’auteur, sa pertinence et son actualité (même si c’est un auteur très ancien).
Grille de correction du professeur :
Le correcteur va vérifier dans votre copie que :
Le problème et la thèse sont dégagés
La progression logique de la pensée est bien montrée
La paraphrase est limitée au strict nécessaire (amorce d’une explication)
L’enjeu philosophique du texte (sa portée) est dégagé
Les concepts importants sont définis
Les connaissances sont utilisées sans être récitées
Le texte est cité.
Bon courage !
Tags :Bac de philo, explication de texte, méthodologie
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