Articles avec le tag ‘philosophie’

Tous les conseils pour réussir facilement au bac de philo 2010

Mercredi 12 mai 2010

Damien Theillier vous présente ici tous les conseils généraux pour réussir facilement au bac de philo. Ils sont le fruit de sa longue expérience de professeur de philo en terminale, et de corrections de copies.
Lisez-les attentivement, comprenez-les, intégrez-les et reproduisez-les le jour du bac de philo, vous avez déjà gagné plusieurs points à votre note de philo !


L’esprit général de l’épreuve

La philosophie en terminale peut se définir en référence à Socrate comme « art du questionnement« . Il ne faut jamais oublier que la sagesse commence avec cette fameuse formule de Socrate dans l’Apologie : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien. » Cela signifie que l’élève devient philosophe lorsqu’il commence à s’interroger, à s’étonner des choses les plus banales et les plus évidentes. Merleau-Ponty résume la méthode socratique en une phrase : « Ce qui fait le philosophe, c’est le mouvement qui reconduit sans cesse du savoir à l’ignorance, de l’ignorance au savoir. » En clair, toute réponse doit provenir d’une question préalable mais toute réponse doit aussi donner lieu à de nouvelles questions et ainsi de suite…

Les sujets du bac et la notation

1) Les sujets

Ce n’est pas un scoop, chaque année les sujets les plus souvent proposés concernent les thèmes suivants : la liberté, l’Etat, et la justice. Cela ne doit pas vous inciter à faire des impasses car tous les thèmes du programme sont reliés entre eux. Ainsi, on ne peut traiter de l’Etat sans parler du droit, de la justice, de la violence, des échanges ou de l’histoire. De même, on ne peut parler de la liberté sans aborder la question des passions, d’autrui, de la raison, du travail et de la technique, etc.

Cependant, il est possible d’esquisser schématiquement un plan-type pour chacun de ces thèmes. Il faudra veiller à l’adapter en fonction du sujet.

a) La liberté
- opinion commune : la liberté comme absence de contrainte (liberté-indépendance)
- critique de cette opinion : La vie biologique et la vie sociale exigent des lois. (liberté-indépendance = licence)
- sens philosophique de la liberté : l’obéissance à une loi reconnue comme raisonnable (liberté-autonomie)

b) L’Etat
- libéralisme : seul un « Etat-minimal » permet l’épanouissement des libertés individuelles
- socialisme : seul un « Etat-maximal » permet de réduire les inégalités
- Réconcilier liberté et justice suppose un « Etat-modéré », compromis entre la contrainte du pouvoir et l’exercice de la responsabilité individuelle.

c) La justice
- la justice comme convention sociale arbitraire (le droit positif)
- la justice comme loi morale universelle (le droit naturel)
- Il est impératif de référer tout droit positif au droit naturel pour éviter l’arbitraire et le despotisme.


2) Les notes

Nous proposons ici une grille de notation sur la base des consignes données par les inspecteurs

a) La dissertation
- de 0 à 5 : Hors-sujet résultant d’une absence de lecture précise de l’énoncé du sujet. Absence de questionnement philosophique
- de 6 à 9 : Problématisation et éléments d’argumentation mais manque de cohérence dans la pensée.
- de 10 à 13 : Démarche progressive et raisonnée, travail d’analyse des notions. Références précises à des textes philosophiques.
- éléments de survalorisation : culture philosophique bien intégrée et maîtrisée. Maturité dans la réflexion personnelle.

b) L’explication de texte
- de 0 à 5 : Hors-texte, contre-sens grave.
- de 6 à 9 : Compréhension correcte du texte et repérage des articulations mais tendance à la paraphrase.
- de 10 à 13 : Analyse philosophique des concepts et exposé correct des enjeux.
- éléments de survalorisation : culture philosophique, capacité de resituer le texte dans la « tradition philosophique » et dans une réflexion personnelle pertinente.

Ce qui a le don d’énerver le correcteur

- Les platitudes et accumulations de banalités
- Les discours militants et moralisateurs
- Les pots-pourris de citations
- Les références philosophiques allusives
- Les corrigés de bac appris par cœur et recrachés

Corrigé gratuit dissertation de philo : Science et Vérité

Mardi 11 mai 2010

Voici un corrigé de philosophie gratuit, écrit par notre professeur Damien Theillier. Ce n’est pas exactement le format d’une dissertation de philo : les idées principales sont énumérées, les titres des parties sont apparents, mais c’est tout le corps, la chair de la dissertation idéale sur ce sujet. Ce corrigé gratuit de philo vient avec les remarques d’Augustin Celier, pour clarifier certains passages complexes de la dissertation de philo dans une approche élève à élève.



N’y a-t-il de vérité qu’en science ?


Sujets apparentés
- Les sciences satisfont-elles notre désir de vérité ?
- Ne doit-on tenir pour vrai que ce qui est scientifiquement prouvé ?

Problématique
L’analyse du sujet doit nous conduire à repérer d’emblée quelques orientations.
- D’abord la question présuppose qu’il y a une vérité en science. Quelle est sa nature ? Le concept de vérité indique traditionnellement un rapport de conformité entre la pensée et la réalité. Or la science recherche une connaissance rationnelle et objective de cette réalité. Elle prend donc comme critère de vérité la vérification expérimentale et utilise pour cela la mesure mathématique, source de rationalité.

Autrement dit, si la science prétend à une vérité, c’est une vérité établie au travers de la vérification face à l’expérience, en utilisant les mathématiques. Cette vérité scientifique est censée correspondre à la réalité.

- Ensuite, le “ne…que” suggère l’hypothèse d’une vérité autre que scientifique contre la prétention de la science à détenir seule la vérité. On peut penser par exemple à la philosophie, à la morale ou à la religion. Mais peut-on accéder à une quelconque certitude ou objectivité dans ces domaines ? Y a-t-il une vérité de l’intuition ou de l’affectivité ? La difficulté sera ici de faire droit à des vérités non-scientifiques sans pour autant renoncer à l’idéal de rationalité qui constitue l’idée de vérité.

Seule la science peut-elle donner la vérité ? Le problème, c’est que la sortie de la rationalité n’est pas possible en philosophie : une vérité non-scientifique doit rester rationnelle

- Nous sommes donc enfin en mesure de reformuler le problème. La science est forte de ses succès mais en revendiquant le monopole de la vérité, ne devient-elle pas totalitaire ? Par ailleurs quel statut accorder au savoir immédiat et à la croyance ? Y a-t-il aussi une vérité de la conscience et à quelles conditions ?

Avec cette problématique, Damien Theillier peut élaborer trois parties qui forment le cheminement de la dissertation de philosophie : 1. Oui, il n’y a de vérité qu’en science, c’est le positivisme ; 2. Non, la science n’est même pas entièrement capable de donner la vérité (Popper, des vérités relatives, réfutables, à remettre en cause; et Bergson et l’intuition) ; 3. La science n’est pas seule dans l’élaboration de vérités, le savoir immédiat issu de la conscience couplé à la raison peut former d’autres vérités, philosophiques.


Scientisme et positivisme
Il n’y a de science que du mesurable” affirmait Galilée au XVIIème siècle, permettant ainsi une connaissance rigoureuse des faits empiriques. En substituant la méthode expérimentale aux approximations de la perception sensible, la science pouvait accéder désormais à la vérité c’est-à-dire à une connaissance certaine et objective de la réalité. Depuis, les progrès incontestables de la science ainsi que ses formidables applications techniques dans les domaines de l’industrie et de la médecine accréditent encore l’idée qu’il n’y a d’autre vérité que la vérité scientifique.
C’est ainsi qu’au XIXème siècle s’est développé le scientisme, qui identifie le vrai avec ce qui est scientifiquement prouvé. Auguste Comte, fondateur du positivisme, se rattache à ce courant de pensée. En effet, sa loi des trois états (Cours de philosphie positive) relègue l’état théologique et l’état métaphysique aux âges de l’enfance et de l’adolescence de la pensée. Les croyances en Dieu ou en l’âme lui apparaissent comme des fictions de l’imagination. L’état positif est l’état de l’esprit qui a renoncé à ces fictions pour s’attacher aux lois de la nature, c’est l’âge adulte de la pensée, l’âge de la science moderne. Le positivisme c’est donc la philosophie qui identifie la vérité avec les faits observables (c’est le sens du mot positif) et qui récuse toute autre forme de vérité.
Cependant l’épistémologie contemporaine a beaucoup remis en cause les certitudes quelques peu naïves du siècle passé en mettant l’accent sur la fragilité des vérités scientifiques.

Critique des prétentions totalitaires de la science
L’épistémologie nous montre que les théories scientifiques, loin de nous livrer la réalité en son essence, sont des constructions de l’esprit à l’aide d’abstractions mathématiques. Elles ne peuvent tout au plus fournir que des conjectures et non des vérités définitives. Ainsi Karl Popper a montré qu’une théorie ne peut jamais être totalement vérifiée car une nouvelle expérience est toujours susceptible de contredire la précédente. Par contre une seule expérience suffit pour réfuter définitivement une théorie. Les vérités scientifiques ne sont donc que des erreurs en sursis, elles ont une durée de vie limitée et il faut en finir avec l’illusion d’une suprématie de la science sur toute autre forme de savoir.
C’est aussi ce que montre Bergson à propos du temps dans son Essai sur les données immédiates de la conscience. La science traite ce dernier en termes de succession d’instants fixes et immobiles comme des points sur une ligne, de façon à pouvoir le mesurer. Mais l’essence du temps, nous dit Bergson, c’est de passer, de durer, de se dérouler dans une continuité indivisible. Or la science, en réduisant le temps à des instants mathématiques qui ne durent pas et sont juxtaposés les uns aux autres, est incapable de saisir la véritable réalité du temps. Pire, elle dénature le temps en le spatialisant. Dès lors se trouve réhabilitée une autre forme de savoir que la science, capable d’appréhender la durée mais aussi la réalité de l’esprit comme celle de la liberté, que Bergson nomme l’intuition et qui correspond à l’expérience intérieure et immédiate de la conscience.

Réhabilitation des vérités de la conscience
Descartes nous a appris dans son Discours de la Méthode à considérer le cogito comme une vérité certaine et indubitable. Il s’agit bien d’une vérité que chacun peut éprouver au moyen du doute méthodique mais il s’agit d’une vérité métaphysique, qui relève de l’intuition et finalement du vécu de la conscience. A la suite de Descartes, le courant de la phénoménologie au XXème siècle, s’est employé à réhabiliter ce vécu. Merleau-Ponty fait ainsi remarquer que toute science présuppose, bien qu’elle l’occulte, un tel vécu: “Tout l’univers de la science est construit sur le monde vécu et si nous voulons penser la science elle-même avec rigueur, en apprécier exactement le sens et la portée, il nous faut réveiller d’abord cette expérience du monde dont elle est l’expression seconde.” (Avant-propos de la Phénoménologie de la perception) Au fond il nous rappelle que le savant est d’abord un homme et que celui-ci ne peut faire de la géographie ou de l’astronomie que parce qu’il sait déjà ce qu’est une forêt, une rivière ou une étoile. Ce savoir immédiat qui forme la base des vérités scientifiques peut aussi fonder un certain nombre de vérités philosophiques sur l’homme, le monde ou Dieu pourvu que ces vérités soient contrôlées par le raisonnement et ne prétendent jamais être définitives ou absolues.

Damien Theillier.

Notions de Philo

Lundi 3 mai 2010
Nous avons décidé de réviser notre récapitulatif des notions de philo, pour le bac de philo : nous allons mettre progressivement en ligne (gratuitement) ces notions de philo, jusqu’aux révisions finales du Bac de philo 2010.
Le récapitulatif augmenté viendra ensuite s’intégrer dans notre Cours de Philosophie, lors de sa nouvelle édition.

Ceux qui ont déjà le produit pourront consulter le site, ceux qui achèteront la nouvelle édition à paraître auront directement le récapitulatif augmenté.

Attention, ce sont des cours de philo synthèse du chemin parcouru lors du Cours de Philosophie, et non des cours de notion à part entière, décousus, contraires à notre vision de la philo ! Ce n’est là que pour faciliter vos révisions en terminale du bac de philo.

Tout est ici : Notions de Philosophie.

Bac ES : les sujets de philosophie 2010 – Pondichéry

Samedi 24 avril 2010
Bac ES 2010 : sujets de Pondichéry

Sujet 1: Y a-t-il des vérités définitives ?

Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :

“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine1, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit: Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter: Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”
KANT, Critique de la raison pratique.

Le projet Cours de Philosophie

Samedi 24 avril 2010

Une « révolution » de l’éducation est en marche, avec l’explosion de la présence de la vidéo, l’avènement proche du web à haut débit nomade et illimité, des générations d’élèves de plus en plus « zapping » dont la capacité de concentration sur un objet d’attention unique est devenue presque nulle.

Le système éducatif se réforme avec difficulté face aux évolutions majeures de la société : aujourd’hui les flux d’informations sont constants et omniprésents, on n’apprend plus uniquement par une relation élève – professeur hiérarchisée dans un espace fermé qui était l’école. La philosophie subit elle-même un second mouvement, qui tend à une dissociation croissante entre les études effectuées en général et le monde du travail : elle fait partie des matières que le monde des sciences dites dures tend à rejeter comme « inutiles ».

Dans ce contexte, Cours de Philosophie initie le mouvement de révolution en offrant le premier cours de philosophie complet et efficace pour le Bac, afin d’être le fer de lance de la rénovation de l’apprentissage de la philosophie en terminale. Son cours de philo est maintenant disponible en téléchargement intégral en option, éradiquant le support matériel, et lorsque que l’internet mobile haut débit sera globalement implanté, Cours de Philosophie sera déjà disponible en streaming constant / application pour téléphones type Iphone ou Blackberry, eux même déjà en cours de démocratisation.

C’est donc un Cours de Philosophie fondée sur une méthode interactive adaptée et s’enrichissant du monde moderne, et c’est aussi un cours de philo qui a fait ses preuves comme détaillé sur le site : l’approche historique apprend à l’élève de manière nettement plus profonde, rapide et facile à penser par lui même.

Notre but est d’apporter au grand public un apprentissage aisé et enrichissant de la Philosophie, en accord avec l’évolution de notre société. Le projet ne se limite pas au Bac : Cours de Philosophie est aussi une porte ouverte vers les actifs et retraités, tous ceux qui sont en quête de sens dans une modernité qui ne fournit pas de réponses.

Totalitarisme et L’opium des Intellectuels : Aron

Mercredi 14 avril 2010

Voici la suite de nos vidéos de philo, notamment tirées des archives de l’INA. Aujourd’hui je vous présente un court extrait d’une interview de Raymond Aron : il est court mais dense. En quelques minutes, Aron nous expose la posture des intellectuels français pendant la guerre froide, et sa vision du totalitarisme.


La vidéo de philo : (la première minute sur le RPF est moins importante)



Mes quelques mots d’élève pour clarifier ces paroles de philosophe :

- Raymond Aron, en nous expliquant sa lutte contre les intellectuels communistes, nous donne brièvement sa vision du totalitarisme. S’il a été si virulent dans la lutte contre le stalinisme, c’est parce qu’il le considère de même nature que le hitlerisme, soit deux totalitarismes. Comme nous le développons dans notre Cours de Philosophie (chapitre sur Eichmann) ce mot a été inventé pour ces deux régimes, et souhaite les regrouper sous une même étiquette.

- Aron montre donc que pour lui la notion de totalitarisme est valable, et que les deux régimes se rejoignent, partageant des caractéristiques essentielles – principalement la volonté de refaire la société, recréer l’homme, faire un nouvel homme.

- Il parle alors de son livre, L’opium des Intellectuels, paru en 1955, titre qui fait référence à la célèbre formule de Marx, la religion est l’opium du peuple. Ici, le communisme est l’opium des intellectuels.

- Enfin, il donne sa vision de la raison d’une telle influence du communisme dans la sphère intellectuelle française : la grande tendance à l’universalisme, partiellement issue du catholicisme, et la recherche constante d’une solution complète, totale, au problème social.


Wikio

Le mythe par Claude Lévi-Strauss : l’explication totale

Mardi 6 avril 2010

L’INA a mis de nombreuses archives sur internet.
Cela permet de retrouver quelques extraits, quelques perles sur des plateformes comme youtube. Et ainsi, de chercher des vidéos de philosophie.
Voici une vidéo de philo assez intéressante : la définition du mythe donnée par Claude Levi Strauss.


La vidéo de philo :



Mes quelques mots d’élève pour clarifier ces paroles de philosophe :

- Le mythe, c’est cette histoire racontée, transmise par la tradition, « sans auteur » à cause de leur transmission de longue date (côté rituel)

- Des histoires qui veulent expliquer le monde. Le mythe, c’est l’explication de l’origine des temps, et cette histoire explique intégralement chaque aspect du monde : « la raison pour laquelle les choses sont comme elles sont ».

- Les mythes couvrent l’intégralité du champ à expliquer : le monde extérieur, la relation de l’homme au monde et la relation entre les hommes.

- Exemple très parlant : un mythe va expliquer qu’il faut une distance moyenne, optimale entre le soleil et la terre. Le même mythe va expliquer qu’il faut de même en terme de distance sociale entre la femme et l’époux : dans le cadre social pré-moderne, je ne peux choisir pour femme ma soeur (trop près, inceste) ni une membre de la tribu opposée (trop loin, danger de déstabilisation).

- Le même mythe est censé pouvoir expliquer tout le champ des problèmes entre ces deux exemples extrêmes : c’est l’explication totale.

Wikio

Comment faire des fiches de révision de philo ?

Lundi 5 avril 2010
Fiches de Philo

Notre dernier « Comment…? », la méthodologie en Philosophie, portait sur les fiches de lecture de philo, après avoir traité la lecture en philo. Nous abordons aujourd’hui les fiches de révision en philo. Comment faire une fiche efficace, claire, utile ? Comment en choisir les éléments ? Déterminer ce qui est essentiel / superflu ? Comment aller au cœur des idées ? Comment apprendre à structurer ainsi sa pensée ?



Quelques points indispensables à saisir en travaillant pour le Bac de Philo :

1. Tout travail en philo en terminale doit être actif et jamais passif.
Je ne dois jamais rien apprendre par cœur, cela ne sert strictement à rien (à part les citations). Relisez cette phrase qui vous semble peut-être hallucinante, elle est capitale.
Certains élèves ont des habitudes étranges : ils recopient leur cours de philosophie sur une fiche, soulignent un peu ou beaucoup, mettent de la couleur, et apprennent par cœur. Malheureusement, une dissertation n’est pas une récitation, un commentaire non plus. D’autres vont consulter des annales et des corrigés, et vont se mettre des plans, des introductions et des phrases type de philo en tête. Malheureusement, un sujet de philo est parfaitement unique, deux sujets qui se ressemblent ne sont jamais les mêmes. La probabilité de tomber sur un extrait de texte déjà étudié, est quant à elle, infiniment petite.
Autrement dit, ce mode de travail de la philo est exactement ce que nous cherchons à éviter à tout prix.

Il faut tout le temps réfléchir, et ne pas subir son cours de philo comme un robot passif, qui va l’ingérer, le recopier, l’apprendre par cœur, le réciter. Si vous souhaitez réussir au bac de philo (et c’est nettement plus simple qu’on ne le croit), il faut penser. Sortir du cycle tout beau des fiches colorées, se faire violence, et réfléchir, se poser des questions. Y prendre goût. Si, si, c’est possible (et c’est facile) de prendre goût à la philosophie en terminale.

2. Une fiche de philo doit donc être :

- Beaucoup plus courte que le cours de philo qui lui correspond (sans pour autant utiliser des monceaux d’abbréviations ou du langage sms)
- Sans reprendre les phrases du cours de philo
- C’est à dire, synthétique et explicative
- Comporter des schémas, des tableaux
- Comporter des éléments issus de votre réflexion personnelle
- Mettre immédiatement en évidence l’essentiel



Evidemment, si vous utilisez notre Cours de Philosophie, vous ne devriez pas avoir à faire de fiche de philo pour le bac : grâce au dvd, vous retenez, vous pouvez regarder de nouveau ou relire les cours correspondants, et vos fiches sont les powerpoints. Il suffit de les relire pour se remettre en tête le cours étudié : chercher pour chaque point sur le powerpoint à se souvenir du manuel ou de ce qui est dit dans le dvd ; se remémorer, y réfléchir, mettre en liaison, et réviser activement.


Sinon, voici la démarche pour faire des fiches de révision de philo:

1. Identifiez l’essentiel. Vous avez votre cours de philo entre les mains : lisez-le, arrêtez-vous à chaque fois que ce n’est pas clair, relisez, et ainsi jusqu’à ce que tout le chapitre vous apparaisse très clairement. Oui, cela demande de la concentration, et un peu de temps (se concentrer = éteindre toute source de bruit, s’isoler, ne pas être sur facebook ou twitter, mettre son portable en silencieux à l’autre bout de la pièce).
Une fois qu’il est bien clair, reprenez – dans votre tête ou à voix haute – les mouvements principaux du cours de philo : ne récitez pas mais expliquez. Expliquez-vous à vous même le cours. En quelques mots ; puis recommencez, à chaque fois en supprimant des phrases, en ne disant que ce qui est essentiel pour comprendre, en supprimant encore et encore pour ne conserver que l’idée de base.
En philosophie, il y a toujours une idée de base, essentielle, et un nuage autour. Vous devez répéter le raisonnement et tailler ce nuage petit à petit ; à chaque fois que vous énoncez une idée, demandez-vous quelles sont les phrases, parties de phrase, mots, que l’on peut retirer, tout en gardant le sens de l’idée. Quand vous ne pouvez plus rien enlever, quand il vous reste une, deux, trois phrases ou un mot, vous avez identifié l’essentiel.

2. Articulez l’essentiel. Lorsque vous avez identifié toutes les idées et raisonnements de base, vous devez coucher cette sublime synthèse de manière claire sur le papier. Votre fiche doit mettre en évidence d’un seul coup l’intégralité et la cohérence du raisonnement philosophique.
La philo, c’est simple : votre fiche doit être simple. Quelques points qui se succèdent, des flèches qui indiquent le sens du raisonnement ou la causalité, un schéma récapitulatif ou un tableau : voilà les éléments que vous devez atteindre.

3. Notez les citations. En fin de fiche, lorsque vous avez expliqué en quelques mots, avec vos expressions et schémas, le raisonnement, vous devez noter les deux, trois citations du cours de philo. Mettez les en-dessous, et apprenez les par cœur. Il doit sembler évident que ces citations expriment l’idée expliquée au-dessus.

Notre prochain « Comment…? », la méthodologie en Philosophie, portera logiquement sur les révisions pour le bac de philo. D’ici là, bon courage !

Wikio

Comment faire des fiches de lecture de philo ?

Jeudi 1 avril 2010
Cours de Philosophie - image

Nous avons vu lors de notre premier « Comment… » Comment lire en philo. Cet article est la suite, et le premier est absolument indispensable : mieux vaut avoir compris comment lire en philosophie avant de faire des fiches de lecture.

Votre fiche de lecture peut revêtir deux formes : celle colorée et synthétique que vous conservez pour vous, vos révisions, le bac de philo ; et celle rédigée que vous devez rendre à votre prof. En réalité, il n’y a presque aucune différence de fond : il s’agit simplement de rédiger intrégralement sous forme d’un long commentaire, de développer un peu les idées, pour transformer votre fiche de lecture en un devoir à rendre à votre prof de philo.


Le contenu de toute fiche de lecture de philo

1. L’auteur. Note synthétique sur, rapidement :
- quelle époque
- qui il est (les deux-trois point majeurs de sa biographie)
- quel type de philosophie (si on peut aisément catégoriser)
- sa bibliographie : qu’est-ce qu’il a écrit d’important
- éventuellement, les autres philosophes auxquels on le renvoit, on l’associe souvent (ex pour Aristote, il faut mettre Platon et inversement).

2. La thèse.
- Normalement, ceci est clairement établi au cours des notes de lecture, mais aussi potentiellement au tout début (si le philosophe expose explicitement sa thèse avant de la soutenir) ou à la fin, découlant implicitement ou explicitement du raisonnement de l’ouvrage. Un exemple où elle se situe à la toute fin est Qu’est-ce qu’une Nation ?d’Ernest Renan, ouvrage de philosophie politique : Renan détruit une à une les définitions concrètes d’une nation, avant d’apporter la sienne bien connue (le plébiscite de tous les jours).
- Toutefois, pour bien réviser votre bac de philo, ou pour réussir l’introduction de la fiche à rendre, il faut faire figurer cette thèse au début. Vous aurez ainsi en tête ce qu’il faut comprendre en relisant vos notes.
- Tout de suite après, il faut présenter l’anti-thèse, qu’elle soit explicite, ou implicite. A nouveau, cela vous aidera à raisonner tout en révisant. En philosophie, il ne faut jamais avoir de révisions passives, ou juste apprendre par cœur : il faut toujours réfléchir et réfléchir encore.

3. La lecture linéaire : vos notes dans l’ordre chronologique
- Exactement ce que nous avons vu dans Comment lire en philo, la page, la citation phare, l’idée en quelques mots et ce à quoi cela vous fait penser (avec vos mots).
- Pour une fiche de lecture à rendre, il faut classer cela en parties cohérentes (selon la structure de l’ouvrage, le sommaire, mais pas forcément : classer selon les grandes idées) ; et évidemment tout rédiger, par exemple un petit paragraphe pour chaque idée majeure.
- Mettez en valeur les quelques citations que vous souhaitez absolument retenir.

4. Les pistes de réflexion : aller plus loin

- Essayer de noter consciencieusement tout ce que cette lecture vous a apporté, et à quoi cela vous fait penser. A quelle thèse de quel philosophe pourrait-on l’opposer ? Quelles sont les faiblesses et limites de cette thèse, avouées ou inavouées ? Comment pourrait-on remettre en cause, critiquer ? Cette thèse, ce livre est-il applicable dans notre monde contemporain ? A votre vie de tous les jours ? A la politique d’aujourd’hui ? Au final, êtes vous, vous, d’accord ?
- Inscrivez aussi la liste de tous les textes, ou ouvrages, auxquels se reporte le livre de philo, directement et indirectement.



Le format d’une fiche de lecture de philo à rendre

Voici le format que nous recommandons, à ne bien évidemment essayer que si votre prof de philo ne vous en a pas spécifié un autre. Evidemment, il faut rédiger tout cela, comme n’importe quel devoir de philo.

1. Introduction
- L’auteur
- La thèse
- L’antithèse
- La structure de l’ouvrage (et donc présentation du plan du développement implicite)

2. Explication linéraire
- Structurée comme l’ouvrage, respectant l’annonce en introduction
- Fondée autour des citations, comme expliqué au-dessus

3. Pistes de réflexion / conclusion
- Si vous avez beaucoup de pistes de réflexion, idées, critiques, mises en perspective avec d’autres philosophes, vous pouvez séparer cette partie de la conclusion (ou si vous en avez une ou deux mais que vous êtes en mesure de développer)
- Sinon vous pouvez joindre cela à votre conclusion (en première partie de celle-ci).
- La conclusion elle même est là pour synthétiser intelligemment tout ce que vous avez appris. Vous devez mettre en évidence que cette lecture vous a enrichi, qu’au final vous en sortez avec une tête mieux faite et plus remplie !

Wikio

Comment lire en philo ?

Mardi 23 mars 2010

Comment lire en philo

Souvent, les profs de philo, des amis qui vous conseillent, vos parents, des sites web comme le notre, vous recommandent tous la même chose : lire en philosophie. Lire les auteurs de philo. On vous dit : comme ça, tu comprendras mieux… Tu comprendras mieux de quoi on parle, de quoi il en retourne, comment rentrer dans les détails : tous les outils en fait pour réussir au bac de philo ou plus loin encore.
Alors, comment pénétrer ce lieu obscur et poussiéreux que sont les étagères de philo de votre libraire ou votre bibliothèque ? Voici tous mes conseils.


I.Que lire en philosophie ? Des extraits d’auteurs ? Ou des œuvres complètes ? Faut-il impérativement beaucoup lire ?

Normalement, en cours de philo, vous lisez déjà un certain nombres de textes d’auteurs et vous les commentez avec votre prof de philo. Évidemment, si ce n’est pas le cas, il est fortement conseillé de commencer à le faire. Mais cela n’aura jamais le même impact que lire réellement une ou deux œuvres. En effet, il n’est absolument pas nécessaire de se farcir tout Platon, Aristote, Kant (sic), ou Nietzsche pour avoir une excellente note au bac de philo : l’important c’est de lire un, deux ou trois livres de philo complets qui vous attirent. Et immédiatement, votre entendement de la philosophie prendra une autre dimension.

Voici les étapes :
1. Choisir le cours de philo qui vous plaît, vous interpelle, celui qui vous intéresse le plus (il y en a forcément un). Si vous travaillez avec notre Cours de Philosophie ; retrouvez la vidéo de philo qui vous a le plus plu et choisissez ainsi votre auteur.
2. Commencez immédiatement votre relation personnelle avec cet auteur : qui est-il ? La biographie Wikipedia sera largement suffisante pour le moment ; peut-être même trop longue : allez à l’essentiel.
3. Regardez un peu ce qu’il a écrit, et suivez les conseils bibliographiques de vos cours de philo : choisissez l’ouvrage le plus simple (pas forcément le plus court ; mais pourquoi pas), celui dont vous avez déjà lu un extrait en cours, ou tout simplement celui qui vous a été recommandé.
4. Lisez-le à fond en suivant intégralement nos conseils du 2. Comment lire en philosophie ? Souvenez vous qu’en lisant une œuvre efficacement vous aurez beaucoup plus progressé qu’en en lisant dix superficiellement.



II.Comment lire en philosophie ? Faut-il prendre des notes ? Beaucoup ? Peu ? Noter les pages, les corner, gribouiller tout ça de couleurs et faire de jolis dessins ?

Ne riez pas, comme vous allez le voir, non pas des dessins mais des schémas peuvent sauver votre bac. Ces quelques règles impératives pour bien lire en philosophie sont toutes à suivre impérativement : au début vous aurez l’impression de perdre du temps, mais c’est faux, vous en gagnez : si jamais vous les suivez parfaitement, vous vous souviendrez idéalement du livre dès la première lecture et ne l’ouvrirez plus jamais. Mieux vaut une première lecture qui dure deux fois plus longtemps mais dont on se souvient à vie (enfin surtout pendant l’épreuve de philo au bac) que quatre lectures qu’on oublie invariablement et rapidement.

1. Prenez des notes succinctes. Prenez une, deux, trois feuilles blanches et prenez des notes. Des notes simples : dès qu’une idée vous interpelle, vous devez 1. noter la page, 2. noter la citation la plus courte qui la résume, 3. vos quelques mots qui résument cette idée ou votre remarque dessus (ce que ça vous rappelle, déjà lu, étudié, ou vécu ; à quoi ça vous fait penser, quels problèmes ou implications cela soulève…)

2. Faites des schémas. Dès qu’une démonstration vous paraît importante, notez le raisonnement, et surtout, essayez d’en faire un schéma, avec les éléments principaux et les flèches logiques. Ou bien un tableau ; ou bien les deux. Le principal est de simplifier au maximum l’idée du philosophe : vous avez un pavé de philo devant vous, vous devez regrouper toutes ses idées primordiales en quelques notes et en quelques schémas ultra clairs. Visez deux objectifs : être ultra concis, être ultra clair. L’auteur de philosophie s’est éreinté à tout écrire en deux cent pages pour que vous compreniez : dès que vous avez compris, revenez à l’idée de base, essentielle, à la moelle épinière qui ne prend que quelques lignes. C’est un exercice difficile mais qui vous mènera droit à la réussite en philosophie et ailleurs. Il faut s’entraîner.

3. Sautez ce qui ne compte pas. C’est rare en philosophie, mais parfois l’auteur répète ce que vous avez déjà compris, s’étend dans un long exemple superflu pour vous, ou bien détaille un raisonnement parallèle qui comporte moins d’importance. A nouveau, cela est rare, mais n’hésitez jamais à sauter des passages qui vous apparaissent non indispensables pour saisir l’œuvre. Revenez en arrière si vous vous être trompé.

4. Relisez ce que vous ne comprenez pas. A voix haute, cela peut aider, plusieurs fois si nécessaire. A chaque fois que vous terminez une page, un chapitre ou même un paragraphe vous devez vous demander « qu’est-ce que le philosophe a voulu dire ? », et devez être en mesure de répondre. Si ce n’est pas le cas, relisez. Il est indispensable qu’à la fin de chaque chapitre, vous marquiez un point dans vos notes et en une ou deux phrases résumiez intégralement l’idée du chapitre. Entraînez-vous.

5. Lisez activement et non passivement. Vous devez réfléchir en lisant : vous arrêter après les phrases, vous demander ce que le philosophe a voulu dire et quelles implications cela a. Prendre le temps de réfléchir sur toutes ces questions et affirmations. Vous devez sans cesse chercher dans ce bouquin de philosophie la thèse de l’auteur. Au final, quelle est sa thèse ? Pouvez-vous la résumer en une phrase ? Et si alors vous arrivez à identifier la thèse de l’auteur, quelle est son antithèse implicite ou explicite contre laquelle il se bat tout le long du livre de philosophie ? Quand vous aurez clairement à l’esprit la réponse à ces deux questions et une brève vue des étapes du raisonnement jusqu’à la fin du livre, vous aurez tout gagné. Vous pouvez reposer le livre dans sa bibliothèque et conserver précieusement vos notes, éventuellement les compiler en une fiche de lecture (article bientôt), et hop, le tour est joué. Bon courage !

Prochain « Comment… ? » prévu sur notre blog : Comment faire des fiches de lecture de philo ?

Wikio

Tout savoir sur le Stoïcisme facilement

Dimanche 21 mars 2010

Aujourd’hui je vous présente notre dernier extrait du Cours de Philosophie : le Stoïcisme. Comme d’habitude, vous retrouvez la Vidéo de Philo qui vous aide à comprendre aisément le cours de philo. Tout comprendre, tout savoir, tout retenir sur le Stoïcisme pour le bac de philo ? C’est ici, et facilement.

Retrouvez cet extrait dans sa page originale : Le Stoïcisme


Nous vous présentons notre chapitre du Cours de Philosophie sur le Stoïcisme, qui fait partie des philosophies de la Sagesse, chapitre lui même inclus dans le II. Les Anciens. Le cours sur le Stoïcisme vient après celui sur Socrate, Les Sceptiques, Epicure. La suite du cours de philo est La Politique chez les Anciens, après avoir vu leur philosophie de la Sagesse.

Vous retrouverez tout d’abord la vidéo correspondante, et en dessous l’extrait complet du manuel imprimé du Cours de Philosophie. Vous pouvez télécharger cet extrait au format pdf ici : Stoïcisme.

Vidéos du Cours de Philosophie


Les stoïciens : suivre la nature

Le stoïcisme est la doctrine la plus en accord avec le concept de cosmos. Pour les stoïciens, il est primordial d’essayer de vivre en harmonie avec l’univers, avec la Nature; et pour cela, il faut faire une distinction fondamentale entre choses extérieures et choses intérieures. Tout ce que l’homme ne domine pas, tout le monde extérieur auquel il ne peut rien, il doit le prendre comme tel et non comme il voudrait qu’il soit. L’homme doit accepter l’univers tel qu’il est et se contenter de régler ce qui dépend de lui.

Une telle doctrine est issue d’un constat simple : il ne sert à rien de se lamenter de ce que l’on ne peut pas changer. Autrement dit, le malheur ne peut venir que de l’âme et le mal ne peut être que moral (ce sont bien des disciples de Socrate). Ainsi, cesser d’être malheureux pour des choses auxquelles on ne peut rien changer signifie atteindre l’ataraxie.

Il faut savoir distinguer ce qui ne dépend pas de soi, sur lequel il ne faut donc surtout pas s’attarder, et ce qui dépend de soi, sur lequel on peut travailler. L’homme doit accepter l’univers tel qu’il est, sa place en son sein, et ensuite agir le mieux possible. C’est à la fois une philosophie du destin (tout ce qui arrive à l’extérieur devait nécessairement arriver) et une philosophie de la liberté intérieure (je peux modifier mes propres jugements, mes comportements).

Une première citation explique très bien un tel état d’esprit : « Ce ne sont pas les événements qui attristent les hommes, mais les jugements qu’ils portent sur eux. » – Epictète. Si un parent meurt, c’est ainsi, je ne peux rien y faire, il ne sert donc à rien de m’en attrister, car cela ne changera rien. Je dois prendre cela comme relevant du cosmos, je n’y peux rien et ne dois donc pas m’en attrister. Ce n’est pas l’événement en lui même qui peut m’apporter le malheur, mais le jugement que je porte sur cette mort.
En revanche, tant qu’il n’est que malade et qu’il n’est pas encore mort, je dois tout faire pour le soigner et le sauver, car cela dépend de moi.

Ainsi, cette sagesse se décline en trois éléments :
-savoir distinguer ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi
-savoir être indifférent aux événements extérieurs auxquels on ne peut rien changer
-savoir agir au mieux dans le domaine de ce qui dépend de soi

Une excellente illustration de la doctrine est la métaphore du jeu de cartes.
La vie est comme un jeu de cartes : on ne décide pas des cartes que l’on reçoit, cela ne dépend pas de soi mais du hasard, de l’ordre universel de la nature. En revanche, une fois les cartes en main, il faut faire le mieux possible avec ces cartes là; notre devoir est de donner le meilleur possible avec cette combinaison de cartes. De même pour les stoïciens, une loi immuable gouverne le monde (les dieux ou la Nature). Il dépend de nous de suivre ou non cette loi et de jouer bien ou mal le rôle qu’elle nous attribue. Mais il ne dépend pas de nous de la changer.

Le premier grand stoïcien fut Zénon. Il y eut ensuite Epictète et Marc-Aurèle, des romains. Le premier était esclave, et pris ceci comme ne dépendant pas de lui mais de la Nature, et ne s’en révolta pas. Cependant, il fut affranchi et put s’adonner plus largement à la philosophie. On retient de lui le Manuel. Marc-Aurèle fut empereur romain malgré lui, il eut préféré que son frère le soit et que lui puisse se concentrer sur la philosophie. Mais il prit aussi ceci comme ne dépendant pas de lui et, faisant de son mieux, il fut un grand empereur. Il écrivit les Pensées pour moi-même.

Voici un extrait du Manuel d’Epictète qui résume ce nous disions :
« Parmi les choses, les unes dépendent de nous, les autres n’en dépendent pas. Celles qui dépendent de nous, ce sont l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion: en un mot tout ce qui est notre œuvre. Celles qui ne dépendent pas de nous, ce sont le corps, les biens, la réputation, les dignités: en un mot tout ce qui n’est pas notre œuvre. Les choses qui dépendent de nous sont par nature libres; nul ne peut les empêcher, rien ne peut les entraver; mais celles qui ne dépendent pas de nous sont impuissantes, esclaves, sujettes à empêchement, étrangères à nous. Souviens-toi donc que, si tu crois libres ces choses qui, de par leur nature, sont serviles, et propres à toi celles qui sont étrangères, tu seras entravé, affligé, troublé, tu accuseras dieux et hommes. Mais si tu crois tien cela seul qui est tien, et étranger ce qui en effet t’est étranger, nul ne te forcera jamais à faire une chose, nul ne t’en empêchera; tu ne te plaindras de personne, tu n’accuseras personne; tu ne feras pas involontairement une seule action; personne ne te nuira, et d’ennemi, tu n’en auras point, car tu ne souffriras rien de nuisible. »

Éclairage :
Vouloir que ce qui ne dépend pas de nous en dépende, c’est être esclave de ses fantasmes et c’est se condamner à la frustration, au malheur. Au contraire, l’homme qui vit détaché du monde extérieur est libre, il s’affranchit de ses propres désirs illusoires et il peut vivre en paix. Epictète disait encore : « Aucun mal ne peut t’arriver par la faute d’autrui. » Si tu souffres, c’est de ta faute, c’est parce que tu es encore esclave de tes opinions, de tes illusions.

De même, voici une citation encore plus complète de Marc-Aurèle qui synthétise l’essence de la doctrine stoïcienne :
« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. »
Et en voici deux autres de lui qui sont aussi explicites :
« Il ne faut pas en vouloir aux événements. »
« La nature rend chacun de nous capable de supporter ce qui lui arrive. »

Wikio

Cours de Philosophie sur DailyMotion

Jeudi 18 mars 2010

Le cours de philo d’un nouveau genre instauré par Cours de Philosophie étend ses supports à DailyMotion. Retrouvez dès à présent la plébiscitée vidéo de présentation de Cours de Philosophie sur ce cours de philo historique et multimédia, le plus facile pour réussir au bac de philo, ainsi que les trois vidéos de son extrait principal sur la définition de la philosophie.


Cours de Philo
envoyé par CoursdePhilo.

Suivez Cours de Philosophie en vous abonnant à sa chaîne dailymotion ou au blog par le flux rss !

Wikio

La Philosophie : extrait complet du Cours de Philosophie

Mercredi 17 mars 2010

Retrouvez l’intégralité du cours sur la définition de la philosophie, présent en page Philosophie.


La Philosophie

Nous vous présentons ici le tout premier chapitre du Cours de Philosophie : Qu’est-ce que la Philosophie ? La réponse à cette question constitue souvent le meilleur moyen d’introduire la philosophie à un élève.

Les vidéos sont divisées en trois parties. Vous retrouverez tout d’abord la vidéo correspondante, et en dessous l’extrait complet du manuel imprimé du Cours de Philosophie. Vous pouvez télécharger la totalité de cet extrait au format pdf ici : La Philosophie.

Vidéos du Cours de Philosophie


● La grande question : Qu’est-ce que la Philosophie ?

Comment définir une telle notion ?

Tout d’abord, ce qu’elle n’est pas : la philosophie n’est ni une science, ni un art. Le mot philosophie vient du grec : amour de la sagesse. La sophia désignait en Grèce une habileté d’abord manuelle puis intellectuelle, avec un caractère d’excellence. En latin, sagesse se dit sapientia qui vient de sapere c’est-à-dire avoir du goût, donc plus largement être connaisseur, bien juger en tout domaine. On rejoint ainsi l’idée grecque de sagesse : un savoir supérieur à la moyenne.

Ensuite, quel est son outil, son moyen, son expression ?

La pensée. Philosopher c’est penser; ce n’est pas réfléchir.

A quoi sert-elle ?

Elle ne sert strictement à rien, au sens propre. La philosophie ne produit rien, elle n’a aucune conséquence concrète directe, et en ce sens elle est parfaitement inutile. Cependant, elle est la pensée au fondement de toute action, et ainsi, elle est au fondement de toute utilité.

En effet : la philosophie est la matière de la pensée qui pose toutes les questions fondamentales et essaye d’y répondre. Elle tente de répondre à tous les questionnements primordiaux, ceux qui viennent avant l’action :

* au niveau individuel, comme : quel est le sens de la vie, quel sens y donner, qu’est-ce que le bonheur, comment y parvenir, qu’est-ce que la réalité, le temps, la mort, l’existence de Dieu …

* au niveau de la société : qu’est-ce que la justice, le droit, l’égalité entre les hommes, la liberté, comment doit-on chercher à réaliser ces idéaux, …

Ainsi, derrière chaque institution sociale (telle que la justice et les droits de l’homme), ou derrière chaque choix de vie, il y a des décisions. Pourquoi telle loi et pas telle autre ? Pourquoi considérer que tous les hommes sont égaux ? La justice sociale, au nom de quoi ? Pourquoi la discrimination positive ? Ou encore, pourquoi s’orienter vers tel bonheur ou tel autre ? Pourquoi appréhender la vie et la réalité de telle manière, par tel choix de vie, et pas un autre ? Derrière chacune de ces décisions, il y a des savoirs, des réflexions, des questions et des tentatives de réponses. Tout cela, c’est la philosophie.

Ainsi :

La philosophie est la sagesse. Ce sont toutes les questions fondamentales, au fondement de toute vie individuelle et en société, qui sont posées et auxquelles on tente de trouver la meilleure réponse : la plus intelligente, la plus juste, ou la plus belle, … Cet ensemble de philosophie est donc la sagesse. Elle s’accompagne de réponses concrètes pour la société ou pour l’individu, en ce sens, la sagesse est un savoir-vivre.

Philosopher, c’est penser. C’est sans cesse se poser ces questions, et donc tout remettre en cause. Même au-delà de toute limite du politiquement correct et du communément admis. C’est se demander si les droits de l’homme ont un sens, si la justice humaine peut exister, si l’homme est exploité par l’homme… Philosopher c’est d’abord s’étonner de ce que sont les choses, puis c’est penser à partir de l’expérience et de la raison humaine.

Avec de telles définitions, on obtient deux nouveaux éléments qui en découlent :

Chaque courant de philosophie, chaque philosophie de chaque auteur se pose des questions qui peuvent se ressembler mais n’apporte pas les mêmes réponses. Autrement dit, la sagesse n’est pas la même selon chaque courant de philosophie. La meilleure réponse recherchée peut l’être selon l’intelligence, la beauté, l’efficacité, la morale,… et donc différer grandement selon les philosophes. Il y a donc de nombreuses philosophies, de nombreuses sagesses, et de nombreux savoir-vivre.

Toutefois, tous les philosophes utilisent le même outil : la pensée. En cela, la philosophie et les réponses cherchées sont fondées en raison. C’est la raison humaine qui guide la pensée, et qui lui permet de questionner et de bâtir des théories. C’est d’ailleurs souvent la raison que l’on prend comme caractère distinctif de l’homme par rapport à l’animal : l’homme est un animal doué de raison.


Pascal et la conscience

Vidéos du Cours de Philosophie


Nous allons pouvoir développer cette idée à partir de l’étude succincte de notre premier texte d’auteur :
Extrait de Pascal, Pensées (1670).

« La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable.
C’est donc être misérable que de se connaître misérable; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable.
Pensée fait la grandeur de l’homme.
L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser: une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il nous faut relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale.
Roseau pensant. Ce n’est point de l’espace que je dois chercher ma dignité, mais c’est du règlement de ma pensée. Je n’aurai pas davantage en possédant des terres: par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends.
 »

● Tout d’abord : qui est Pascal ?
Blaise Pascal est un grand penseur français du XVIIe siècle. C’est tout d’abord un grand mathématicien qui a participé à de nombreuses inventions. C’est ensuite un penseur qui a vécu des moments « mystiques » de révélation. Il a donc développé une foi puissante, qui a mûri d’autant ses réflexions.
Il voulait rédiger un recueil de ses réflexions sur la foi chrétienne, qui avait vocation à s’appeler Apologie de la religion chrétienne. Toutefois, il est mort avant d’avoir pu l’achever et celui-ci a été imprimé à titre posthume en 1670. Comme ce sont des fragments désordonnés, chaque édition tente de les rassembler selon une logique, et le nom communément admis de l’ouvrage sont les Pensées de Pascal.

● Que veut-il nous dire dans cet extrait ?
En quoi cet extrait est-il intéressant ? Cet extrait tente d’apporter une réponse à la question fondamentale sans cesse posée en philosophie : qu’est-ce qui distingue l’homme du reste du monde ? Comment expliquer que l’homme soit à part ?

« La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable ». L’homme n’est rien. Mais contrairement au reste de la nature (l’arbre ou l’animal), il sait qu’il n’est rien. En cela, il domine tout le reste de la nature, car il en a conscience. Ainsi, ce que veut dire Pascal, c’est que l’homme par la conscience, et plus précisément la conscience de sa condition misérable, est supérieur au reste de la nature. Puisqu’il a conscience de sa petitesse, il domine l’ensemble de l’univers.

Ceci est développé dans la métaphore du roseau pensant : l’homme est le plus faible des animaux, il n’a pas de pelage pour résister au froid, il n’a pas de crocs acérés, il ne sait ni voler ni respirer sous l’eau… mais il pense. En cela, il domine le reste de l’univers : « quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. » Si l’homme meurt dans un tremblement de terre, il est plus fort que l’univers qui le tue, car il a conscience de mourir; alors que l’univers ne sait même qu’il est en train de tuer un homme.

De telle sorte que la différence fondamentale entre l’homme et le reste de la nature est la pensée. L’homme est doué de pensée et de la conscience de soi-même, et en cela il domine l’univers. Il en tire toute sa supériorité, sa noblesse et sa dignité.
« Je n’aurai pas davantage en possédant des terres: par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends ». Le dernier paragraphe en tire une conséquence pratique : l’homme ne peut pas rivaliser avec l’univers dans l’ordre du matériel. Acheter un grand domaine ne l’élève pas, l’homme ne reste qu’un point de l’univers, quelques soient le nombre d’hectares qu’il possède. Il est ainsi compris [inclus dans] l’univers en tant que simple point; mais par sa pensée il comprend [il a conscience de] l’univers; et donc le domine en retour.


● La pluralité des réponses

Vidéos du Cours de Philosophie


Ce qui nous importait dans l’étude de l’extrait était son apport à la définition de la philosophie. En effet, on ne peut définir la philosophie comme le fait de penser, sans déterminer plus précisément ce qu’est la pensée. En cela, Pascal nous a donné un premier aperçu de ce en quoi consiste la pensée (la conscience, l’appréhension du réel) ; et nous a donné aussi une première illustration d’une des questions les plus débattues en philosophie : la frontière entre l’homme et l’animal.

Car dire que l’homme est animal doué de raison pose d’autres problèmes. A partir de quand un bébé est un homme ? Lors de la fécondation ? A x ou y semaines de grossesses ? A 7 ans, c’est à dire l’âge de raison ? Si un homme se définit par la raison, les handicapés mentaux sont ils des hommes ?
Comme il nous semble à tous évident que les handicapés et que les enfants de moins de 7 ans sont des humains, la définition possède nécessairement des limites.

C’est pour cela qu’Aristote distingue l’homme de l’animal par le langage et la capacité politique .Ce qui nous intéresse ici, c’est l’illustration de la pluralité des réponses : chaque question admet plusieurs réponses, et chaque philosophie en apporte de nouvelles.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de vérité, mais que toute vérité est issue d’un dialogue, d’une confrontation d’idées, d’hypothèses et d’arguments. Ceci est capital en philosophie, car aucune philosophie ne dispose d’un privilège ou d’une autorité a priori. Par exemple, la philosophie de Sartre n’est pas supérieure à celle de Platon parce qu’elle serait plus récente.

Ce qui est sûr, c’est que tout le monde fait de la philosophie, consciemment ou pas. La raison en est que l’homme est par nature un animal qui raisonne, qui se pose des questions et qui cherche des réponses.
Dire, par exemple, que l’homme n’est qu’un mécanisme et que l’esprit n’existe pas, c’est faire de la philosophie et postuler un matérialisme absolu. Dire qu’on ne peut rien connaître de l’homme et du sens de son existence, c’est aussi faire de la philosophie en postulant un scepticisme agnostique. Et ne pas faire de philosophie, remarquait Pascal, c’est encore faire de la philosophie.

Aussi la philosophie est-elle au cœur de toute activité humaine car toute intelligence aspire au vrai. Si je vous annonce que tout ce que je vous dis est faux, vous protesterez, non pour le bac mais pour vous-même. Le faux est une sorte de viol de l’intelligence.

Le philosophe Karl Jaspers disait : « L’homme ne peut se passer de faire de la philosophie. Aussi est-elle présente partout et toujours (…) La seule question qui se pose est de savoir si elle consciente ou non, bonne ou mauvaise. » (Karl Jaspers, Introduction à la philosophie)
En effet, le risque d’une philosophie non consciente d’elle-même c’est que non seulement elle n’évolue pas par manque de confrontation avec la réalité, mais c’est aussi qu’elle parasite nos actes à cause des préjugés et idées confuses, voir fausses. C’est pourquoi il y a une responsabilité à exercer vis-à-vis de notre intelligence car l’ignorance et l’erreur peuvent tuer l’intelligence, c’est-à-dire la marquer et l’orienter de telle manière qu’elle ne puisse plus reconnaître la vérité.


La philosophie château
Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que la philosophie est comme un château sans cesse en ruines. Chaque nouveau philosophe qui veut établir une nouvelle philosophie, en remettant tout en question, doit à la fois tenir compte des philosophies du passé et s’en affranchir, pour établir une nouvelle pensée. En philosophie, chaque nouvel arrivant met en question le château précédent et reconstruit sur des ruines. Tous les présupposés sont remis en question, chaque nouveau courant de philosophie commence par détruire avant de reconstruire. Mais parfois, certains châteaux résistent au temps et, après des siècles voire des millénaires, continuent à abriter des trésors derrière leurs murs.

Soulignant ce caractère inachevé de la philosophie, Kant s’interrogeait : « Comment la philosophie se pourrait-elle, à proprement parler, apprendre ? En philosophie, chaque penseur bâtit son œuvre pour ainsi dire sur les ruines d’une autre; mais jamais aucune n’est parvenue à devenir inébranlable en toutes ses parties. De là vient qu’on ne peut apprendre à fond la philosophie, puisqu’elle n’existe pas encore. »

Y a-t-il donc une vérité ? Et comment faire de la philosophie d’une façon méthodique étant donné que les systèmes de pensée, qui ont chacun une certaine cohérence interne, se contredisent la plupart du temps ? La philosophie n’est-elle pas l’expression de la subjectivité et du conditionnement culturel de celui qui s’y applique ? Au fond cette vérité que l’intelligence recherche est-elle seulement accessible ?

On peut distinguer au moins trois niveaux de conditionnement :
- Les traits culturels propres à l’individu (caractère, goûts, expériences personnelles)
- Les traits particuliers propres à un groupe (le génie grec, allemand ou français, intelligence spéculative ou pratique)
- Et enfin les caractéristiques générales, c’est-à-dire partagées par tous les hommes (l’intelligence, la nature humaine, le langage…)

Mais le fait que ces conditionnements existent ne doit pas nous faire oublier l’existence d’un donné naturel, le réel, supérieur aux autres conditionnements parce que valable pour tout homme. Il est en quelque sorte la condition de tout conditionnement.

Il y a donc en philosophie un critère d’objectivité de la connaissance qui est le réel, c’est-à-dire l’être même des choses, ce qu’elles sont en elles-mêmes et indépendamment de nous. C’est vers cette objectivité que l’intelligence doit tendre. Alors pourquoi ces contradictions au sein même de la philosophie ?
Précisément parce que les limites qu’imposent ces conditionnements individuels ou particuliers de même que les limites de l’expérience sensible ne permettent pas toujours à l’intelligence de saisir adéquatement son objet. Bien que la démarche de la philosophie soit rigoureuse il n’est pas donné à tout le monde d’aller jusqu’au bout de cette démarche.


Notre démarche pour vous faire réussir
C’est pour cela que nous pensons que l’apprentissage de la philosophie doit se faire de manière historique. Il faut commencer par étudier les premiers mouvements avant de comprendre pourquoi ils ont été soit conservés, soit dépassés, et ce qu’ont changé et apporté les nouveaux courants.
Notre but est donc de mettre en perspective les grandes lignes de la philosophie, des Grecs à aujourd’hui. Le programme de Terminale est structuré en notions. Au lieu de traiter notion par notion sans donner aucune vue d’ensemble à l’élève, nous allons traiter par mouvements historiques de la pensée philosophique. Dans chaque partie, les notions seront analysées selon le paradigme étudié.
Ainsi, à la fin du cours, l’élève sera en mesure pour chaque notion de comprendre, connaître, saisir, son évolution au cours de la pensée philosophique. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra analyser avec pertinence des extraits d’auteurs, et répondre avec cohérence à des questions de dissertation.
Nous pourrons alors terminer le cours avec un récapitulatif des pensées sur chaque notion, des Anciens gréco-romains aux penseurs modernes.

Wikio

Damien Theillier sur Actu-Philosophia : Cours de Philosophie

Lundi 15 mars 2010

Notre professeur Damien Theillier décrit l’intrégralité de sa vision de la Philosophie en terminale; et donc de notre Cours de Philosophie destiné à vous rendre l’apprentissage de la philosophie facile.


Retrouvez l’article sur Actu-Philosophia.

L’impasse de la philosophie au bac

A l’heure où l’on parle de refonder la filière littéraire, il semble opportun d’aborder la question de l’enseignement de la philosophie en terminale. Professeur de philosophie depuis 15 ans à Paris, j’ai souvent entendu parler du projet de rendre la philosophie optionnelle au bac. Dans un rapport de 2006, l’inspection générale prévoyait de la réduire à une « composante du pôle optionnel sciences humaine ». Aujourd’hui, cette hypothèse n’est plus évoquée au ministère de l’Éducation nationale et c’est tant mieux. On sait ce qu’il est advenu du latin et du grec avec de telles mesures.

Il est vrai que le lycée a beaucoup changé ces dernières années et que l’enseignement de la philosophie y est de plus en plus en plus difficile. Pourtant la motivation des élèves qui abordent la terminale est toujours aussi grande ; ils attendent de la philosophie qu’elle leur ouvre l’esprit, qu’elle les introduise dans l’univers de la pensée, qu’elle leur donne les outils pour juger, argumenter et trouver la voie de leur propre conception du monde. Nous, professeurs, n’avons absolument pas de droit de décevoir de telles attentes. Pourtant le bac constitue une grave source de désillusion. La moyenne nationale au bac de philo tourne autour de 8 sur 20, malgré les consignes d’indulgence données chaque année aux correcteurs. La plupart des élèves ne comprennent pas ce qu’on attend d’eux à l’examen. En réalité, beaucoup d’entre eux ont déjà démissionné depuis des mois et n’espèrent plus rien de la philosophie. Ils font tout simplement l’impasse ou comptent sur leur « baratin » pour y arriver… avec un peu de chance. J’ai moi-même vu de mes propres yeux, dans les commissions d’harmonisation du bac, une même copie notées entre 5 et 7 sur 20 par certains profs et entre 14 et 16 par d’autres ! Les professeurs eux-mêmes ne savent plus comment appliquer les critères de notation tellement les écarts de niveau entre les élèves sont flagrants. Bref, le bac de philo est bien devenu une loterie qui discrédite complètement cette discipline. Le désamour de nombreux élèves pour la philosophie est le signe d’un échec patent et dramatique de notre enseignement. Il faut en prendre acte et se remettre en question.

Pourquoi une telle impasse ? Comment en est-on arrivé là ? Peut-on y remédier sans brader la discipline, sans la transformer en un enseignement au rabais ?

Une autre manière d’enseigner la philosophie

Pour répondre à ces questions, je voudrais faire part de mon expérience personnelle. Depuis 10 ans, j’ai fait un choix d’enseignement qui a radicalement transformé ma pratique et mes résultats. Sans renoncer au programme de notions, ce qui n’aurait aucun sens, j’ai néanmoins décidé d’enseigner ces notions dans leur déroulé chronologique plutôt que par des regroupements thématiques. J’avais remarqué que mes élèves, n’étant pas tous de grands intellectuels, s’en sortaient mieux au bac, et dans les concours post-bac, par l’apprentissage des auteurs du programme plutôt que par une approche thématique. J’ai donc reconstruit mon cours en m’inspirant de la méthode du Lagarde et Michard, qui a fait largement ses preuves dans le domaine littéraire. Ce type d’approche est plus formateur pour l’apprentissage d’une culture fondamentale. Dans le cadre de cette expérience j’ai pu constater avec bonheur que mes élèves en redemandaient. Non seulement ils réussissaient mieux au bac et à dans leurs études supérieures, mais ils étaient avides de continuer à philosopher.

Un jour, un des mes anciens élèves, en 2e années de Sciences-Po, m’a contacté pour me proposer de l’aider à rédiger intégralement son cours de terminale à partir des notes qu’il avait prises. Intéressé par le défi, j’ai passé un été à rédiger avec lui ce qui est devenu un manuel de philosophie pour le bac, avec un supplément de culture générale pour entrer en prépa. Ce manuel, en vente sur un site web, est le résultat d’une réflexion de fond sur le programme et sur l’enseignement de la philosophie en terminale.

Le choix de présenter la philosophie sous forme chronologique est à contre-courant de la majorité des manuels qui traitent le programme à la lettre (A l’exception bien sûr du manuel de J. Russ, Les chemins de la pensée, édité chez Bordas), c’est-à-dire sous forme d’anthologie thématique, en abordant chaque notion l’une après l’autre. L’élève est de ce fait incité à pratiquer une forme de zapping philosophique en passant d’un thème à l’autre sans acquérir de véritables connaissances.

Si la majorité des élèves de terminale exprime des difficultés dans l’apprentissage de la philosophie, c’est en partie parce que le travail notion par notion est peu intelligible et n’apprend pas à l’élève à penser, mais seulement à bachoter de façon stérile. Certes, un travail par notion, très rigoureux, pourrait convenir à de très bons élèves, mais il laisserait sur le bord du chemin la majorité d’entre eux, peu habitués au niveau d’abstraction que requiert un tel exercice. Mais surtout, une approche notionnelle ne se conçoit vraiment qu’à partir d’un certain niveau de maturité et de culture philosophique et c’est là que ma façon d’aborder le programme se justifie pleinement.

Aborder un programme de notions par l’histoire

Les instructions officielles du ministère précisent toutefois que les notions figurant au programme « ne constituent pas nécessairement, dans l’économie du cours élaboré par le professeur, des têtes de chapitre. L’ordre dans lequel les notions sont abordées et leur articulation avec l’étude des œuvres relèvent de la liberté philosophique et de la responsabilité du professeur, pourvu que toutes soient examinées. Le professeur mettra en évidence la complémentarité des traitements dont une même notion aura pu être l’objet dans des moments distincts de son enseignement. »

J’ai donc pris la liberté que me donnaient ces instructions pour bâtir un cours qui commence en septembre avec les présocratiques et la naissance de la philosophie en Grèce pour arriver au XXe siècle à la fin de l’année. Puisque les notions définissent des champs de problèmes abordés par le professeur dans son cours, mon cours consiste à aborder ces problèmes au fur et à mesure de leur apparition dans l’histoire de la philosophie occidentale. Les notions de philosophie se retrouvent donc constamment dans chaque avancée du cours, et elles y sont toutes étudiées au fur et à mesure.

Comme l’indique le programme officiel, publié au BO du 19 juin 2003 « il ne s’agit pas, au travers d’un survol historique, de recueillir une information factuelle sur des doctrines ou des courants d’idées, mais bien d’enrichir la réflexion de l’élève sur les problèmes philosophiques par une connaissance directe de leurs formulations et de leurs développements les plus authentiques. » C’est pourquoi « le professeur ne dissociera pas l’explication et le commentaire des textes du traitement des notions figurant au programme. »

Dès lors, le choix de privilégier les auteurs et l’histoire plutôt que les notions, comme porte d’entrée philosophique, se justifie parfaitement dans l’esprit du programme. L’enseignement de la philosophie ne peut s’accomplir sans la transmission d’une solide culture philosophique : en classes terminales, il a pour objectif de favoriser l’exercice du jugement, et cela ne peut se faire sans étudier la manière dont les grands auteurs ont formulé des problèmes au cours d’une histoire et tenté d’y apporter des solutions. Mais cela se justifie d’abord et avant tout par le fait que les élèves comprennent mieux la philosophie de cette manière là et peuvent plus facilement s’y retrouver.

La philosophie s’est en effet construite historiquement, et comprendre cette histoire, en comprendre les évolutions, c’est apprendre à penser et à philosopher. Il s’agit moins de reconstituer fidèlement les doctrines du passé que de comprendre comment elles peuvent répondre à nos questions, voire même éclairer notre présent. C’est au cours de ce voyage, à travers les auteurs, les mouvements, et l’évolution des notions, que l’élève peut réussir en philosophie. Ce n’est qu’ainsi qu’il peut être sûr de commenter pertinemment un texte, ou d’élaborer une dissertation cohérente et solide.

Cette expérience d’une autre manière d’enseigner la philosophie ne prétend pas être généralisable, ni constituer un modèle pour une énième hypothétique réforme. Elle ne prétend surtout pas se substituer à l’analyse rigoureuse et problématique des notions du programme, qui reste un objectif incontournable de l’enseignement en terminale. Le manuel que je propose est un outil pour aider les élèves à retrouver le plaisir de philosopher… et de réussir aux épreuves du bac.

Wikio

Extrait : la Philosophie, p.1

Jeudi 11 mars 2010

Regardez la vidéo de l’extrait du Cours de Philosophie : Qu’est-ce que la Philosophie ?

Nous avons choisi de vous présenter le tout premier cours de la méthode: Qu’est-ce que la Philosophie ? La réponse à cette question constitue souvent le meilleur moyen d’introduire la philosophie à un élève. C’est un extrait du Cours de Philosophie : il faut donc prendre le temps de l’écouter attentivement pour en profiter et comprendre les particularités et les avantages fondamentaux de notre méthode.


Retrouvez l’intégralité de l’extrait du Cours de Philosophie : La Philosophie

Vidéos du Cours de Philosophie

Extrait : Aristote

Mercredi 10 mars 2010

Regardez la vidéo de l’extrait du Cours de Philosophie sur Aristote et la Politique !

Nous vous présentons ici le dernier chapitre de la partie II- Les Anciens du Cours de Philosophie. La partie traite de la philosophie politique des Anciens philosophe Grecs, en développant tout d’abord une description de la philosophie politique de la Cité grecque, puis la philosophie politique de Platon, puis celle d’Aristote.
Les chapitres sur Platon et Aristote comprennent aussi leur philosophie de la compréhension du réel, nous ne vous donnons ici que la seconde sous-partie, Aristote et la politique.


Retrouvez l’intégralité de l’extrait du Cours de Philosophie : Aristote et la politique

Vidéos du Cours de Philosophie

Les sujets du Bac de philo 2010 !

Mercredi 27 janvier 2010



Le magazine l’Etudiant sort ses pronostics pour le Bac de philo 2010 !


Pour cela ils ont recensé les thèmes tombés depuis 2005, et se sont basés en partie sur les réflexions des professeurs qu’ils ont interrogés.


J’en profite, comme professeur de philo, pour préciser que de tels pronostics sont bien évidemment purement fictifs. Les sujets ne sont pas choisis en fonction des années précédentes. Il est arrivé bien souvent que les mêmes thèmes de philosophie reviennent d’une année sur l’autre.
Si donc je devais faire un pronostic personnel du Bac de Philo 2010, ce serait le suivant : « La liberté doit être votre priorité, car c’est la notion centrale de l’année de philosophie en terminale. Toutes les autres notions de philosophie s’y rattachent. Les meilleures copies du Bac de Philo seront celles qui seront capables de mettre en relation les notions. La liberté est inséparable du travail, de la justice, de la vérité, d’autrui etc. Donc quel que soit le sujet, vous aurez à parler de la liberté. »


Lire ici l’article de l’Etudiant

Préparer SciencesPo

Lundi 25 janvier 2010

« Candidats à la première année de l’IEP de Paris, il est grand temps de préparer le concours, programmé dorénavant fin juin. Pour faciliter vos révisions, voici les lectures à privilégier. »

L’étudiant.fr a publié un court article conseillant 8 livres pour préparer le concours Sciences Po (ici), en citant principalement des ouvrages pour l’histoire et la culture générale.

Concernant l’Histoire, nous avons les deux éternels classiques : le Bernstein & Milza, et le René Raymond. Ils sont parfaitement complémentaires, et sans doute suffisants pour préparer le concours Sciences Po. Le Bernstein est une banque de données : il sert à sélectionner des données importantes, connaître tous les faits, et réaliser une chronologie avec toutes les dates importantes. Une fois les faits maitrisés et la chronologie réalisée si ce n’est apprise, le René Raymond fournit une série d’analyses pertinentes et fines du siècle, sur lesquelles il est bon de se pencher, et de méditer afin de pouvoir fournir soit même ses analyses ensuite lors du concours Sciences Po.

Concernant la Culture Générale, le plus important des trois ouvrages cités pour préparer Sciences Po est selon nous le Cobast. A nouveau, c’est le sempiternel manuel pour l’épreuve du concours. Toutefois, l’article de L’étudiant.fr oublie le plus important : lire les auteurs. Plusieurs ouvrages sont phares et une fois la méthodologie comprise, aident bien plus l’élève que les manuels afin d’être prêt à affronter le concours Sciences Po :

- Le savant et le politique de Max Weber est un incontournable Sciences Po, il vous aidera pour son introduction à la modernité (le désenchantement du monde) et pour sa réflexion sur la séparation entre sphère scientifique et politique.

- Qu’est-ce qu’une nation ? d’Ernest Renan est aussi un incontournable absolu Sciences Po – et il a l’avantage d’être très court. Il est donc indispensable et vous aidera en toutes occasions : c’est un des meilleurs rapport rapidité de lecture / utilité pour Sciences Po.

- Alexis de Tocqueville, Textes essentiels, Anthologie critique de J-L Benoît. Ce recueil des textes les plus importants d’Alexis de Tocqueville vous aidera amplement pour le concours. A nouveau, ce sont des thèmes Sciences Po qui y sont développés (tradition – modernité, révolution politique, démocratie, etc). Son format court, allant directement à l’essentiel, accompagné de brefs commentaires expliquant les axes, vous sera d’un grand soutien pour optimiser votre préparation du concours.

- La crise de la culture d’Hannah Arendt, sans doute un peu plus difficile que le reste, introduisant des concepts difficiles et détruisant des concepts déjà vu, réfléchissant en profondeur sur la relativité des opinions, est pourtant un des ouvrages qui vous aidera le plus pour préparer Sciences Po. Il vous aidera à comprendre encore mieux la transition de la pensée entre tradition et modernité, et donc de saisir dans quel environnement se situe la réflexion aujourd’hui.

Ainsi, nous vous confirmons de nouveau qu’avec notre Cours de Philosophie reprenant l’intégralité des auteurs et du cheminement de la pensée pour le bac de philo, éventuellement couplée au Cobast, mais surtout couplée aux quatre ouvrages cités ci-dessus et à une fine compréhension de la méthodologie, l’épreuve de Culture Générale pour Sciences Po se révélera être un jeu d’enfant.

Lancement de l’offre numérique

Jeudi 21 janvier 2010

Téléchargement Cours de Philosophie

Le projet Cours de Philosophie vient de faire un nouveau pas dans la démocratisation et la modernisation de l’apprentissage de la philosophie : le Cours de Philosophie est maintenant disponible en téléchargement intégral.

Cela permet plusieurs choses : de réduire nos coûts et donc le prix final pour l’élève, de ne pas imprimer le livre ni graver le dvd, et de pouvoir recevoir chez soi le Cours de Philosophie en quelques heures partout dans le monde.

Nous sommes persuadés qu’une telle offre va répondre à de nombreux besoins des élèves aujourd’hui, et nous sommes ravis de pouvoir mettre notre Cours de Philosophie à votre disposition dans ce format.

A propos de la méthode de l’explication de texte

Samedi 2 janvier 2010

Une élève qui progresse avec notre Cours de Philosophie nous a envoyé un message avec une question précise portant sur la méthode du Bac de philo. Damien Theillier lui a répondu. Avec leur accord, nous publions ici un résumé de leur échange de mails :


Monsieur,

J’ai commandé et reçu votre méthode (dont j’apprécie grandement l’approche !) il y a quelques jours, et souhaiterais vous poser quelques questions concernant la méthode du commentaire de texte philosophique.

Pour commencer, il faut savoir que mon professeur de philosophie nous a vivement déconseillé, contrairement à vous, d’opter pour le commentaire de texte dans le cadre d’un examen. Il considère que le sujet est trop ardu pour des élèves de terminale et le présente comme une sorte de piège pour le lycéen (avoir un support ne rend pas l’étude plus facile). Pour lui, et je le cite, « commenter un mot, ou une phrase est déjà compliqué ; imaginez-vous avec un texte d’une vingtaine de lignes ! ». Je pense pour ma part que cette vision est assez arrêtée ; il me semble évident que l’on n’aborde pas un texte comme un terme ou une phrase. Mais dans un sens, je peux plus ou moins comprendre son point de vue si nous considérons son cours, structuré par notions, comme étant notre seul bagage !

Ensuite, avant de connaitre l’existence de votre méthode, j’empruntais le cours de méthodologie d’une amie (nous avons des professeurs différents), qui exclut formellement l’étude linéaire d’un texte. D’après lui, « si l’étude suit bien l’avancée de l’argumentation de l’auteur, elle exclut une étude tout à fait linéaire », et quelques paragraphes plus loin, le cours nous met même en garde contre « l’abus des citations, parfois mal à propos ».

Pourriez-vous me donner votre avis quant à ces deux cas ci-dessus, et me dire si vous entendez le point de vue de ces professeurs ?

En vous remerciant de votre attention,

Anaïs


——————————
Bonjour Anaïs et merci pour votre confiance

Il est vrai que beaucoup de profs recommandent à leurs élèves de ne pas prendre l’explication de texte. Raison de plus pour choisir ce type d’épreuve : c’est faire preuve d’audace et d’originalité. Les correcteurs apprécient. Par ailleurs, cette recommandation de ne pas prendre l’explication au Bac de philo n’est justifiée que si le niveau de culture philosophique est faible. En théorie, la connaissance de l’auteur n’est pas requise pour expliquer un texte. Mais en pratique si on connait l’auteur, c’est beaucoup plus facile. De plus l’exercice n’est pas difficile si on a bien assimilé la méthode.

Une explication de texte en philosophie est toujours linéaire. Mais cela ne veut pas dire qu’on va faire de la paraphrase. Il faut partir du texte (citation d’une phrase) puis l’expliquer, c’est-à-dire montrer le sens philosophique des termes utilisés par l’auteur ainsi que le sens global de la phrase. Il faut mettre en valeur le non-dit, l’implicite. L’intérêt philosophique peut venir après l’étude linéaire mais on peut aussi l’incorporer à l’étude linéaire. Personnellement je recommande de le mettre dans une seconde partie, séparée de l’étude linéaire, pour éviter la confusion. Mais il n’y a pas de règle absolue là-dessus.

Concernant les citations, il y a une règle simple : « Ne jamais citer sans expliquer ». Cela est valable en dissertation comme en explication de texte. Sinon on fait de la paraphrase et de la poudre aux yeux !

Bon courage.

D. Theillier